Affichage des articles dont le libellé est Des Mauges au Poitou. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Des Mauges au Poitou. Afficher tous les articles

samedi 13 août 2016

les Sachet : de Saint-Rémy-en-Mauges à la mairie de Poitiers

Le 12 octobre 1689, à Saint-Rémy-en-Mauges, Rémy Sachet épouse Jeanne Bondu, fille des feux Julien et Anne Perdiau.

AD49, Saint-Rémy-en-Mauges, BMS - 1668-1692, v. 180/215

Bien vite, des enfants naissent de leur union, dont notamment Pierre, baptisé le 26 septembre 1697 dans la même paroisse. Tailleur d'habits, Pierre Sachet épouse, le 17 septembre 1720, à Montrevault, paroisse voisine de Saint-Rémy, Marguerite Barré, fille de Jacques. Il s'y installe, puis, rendu veuf, s'y remarie, le 26 novembre 1726, à Jeanne Bouyer, fille de Julien et de Renée Esseul. Bien plus tard, il y meurt et est inhumé le 10 février 1768. De sa seconde union, est né, entre autres, Rémy, vers 1732, qui porte le prénom de son grand-père.

Remy Sachet épouse, le 11 janvier 1757, à Montrevault, Catherine Baudet. Il a la douleur de perdre très vite son épouse, puis se remarie, le 20 février 1759, à Jeanne Girard, fille de Jacques et de Jeanne Durand. De cette seconde union, naquit entre autres :
  • Pierre-François, baptisé le 14 mars 1761 à Saint-Pierre-Montlimart, qui est teinturier à Saint-Rémy-en-Mauges. Il a épousé Renée Lucie Jacquet, dont il a eu, entre autres, Pierre, également teinturier.
  • Julien, né vers 1764, qui suit.
Julien Sachet épouse, le 1er septembre 1788, à Montrevault, Jeanne Victoire Maurat, fille de Pierre et de Marie Grasset. Il meurt le 14 mars 1818 à Cholet, non sans avoir eu :
  • Julien Marin, baptisé le 29 novembre 1788 à Montrevault, dont je perds la trace.
  • Achille Parfait, qui va suivre.
  • Jeanne Marie, baptisée le 18 mars 1792 à Montrevault, qui épousa, le 19 février 1813, à Cholet, Pascal René Alexis Turpault, fabricant puis propriétaire en cette ville, natif des Aubiers. Leur fille, Jeanne Henriette, née le 28 mars 1814 à Cholet, épouse, le 6 mai 1845 à Poitiers, Louis Xavier Redet, archiviste du département de la Vienne. Celui-ci est promu chevalier de la Légion d'Honneur, en date du 3 avril 1869, en qualité de correspondant du ministère de l'instruction publique.
  • Marie-Françoise, née vers 1795 au Mans et morte sans descendance le 29 août 1855 à Poitiers.
  • et surtout Julie, née vers 1799 au Mans, qui épouse, le 18 décembre 1813, à Cholet, Ferdinand Bouriaud, fils de Louis-Jacques, fabricant miroitier, et de Marguerite Grollier. Celui-ci sera maire de Poitiers de 1843 à 1846. Julie Sachet meurt le 31 octobre 1855 à Poitiers, ayant eu de son époux :
    • Louis-Ferdinand Théophile, né le 24 octobre 1814, dont je ne connais pas la destinée.
    • Marguerite Clélie, née le 3 juin 1820 à Poitiers, qui y épouse, le 7 novembre 1849, Louis-Arsène Orillard, docteur en médecine, fils de Pierre et d'Angélique Guillard et veuf en premières noces de Louise Anaïs Lémit. Louis-Arsène Orillard, membre du conseil municipal depuis 1836, adjoint à la mairie de Poitiers durant le mandat de son beau-père, sera lui-même maire de 1848 à 1851, puis au cours d'un second mandat de 1871 à 1879. Il est élevé au rang de chevalier de la Légion d'Honneur le 13 août 1866, puis officier le 6 février 1877.
    • et Jenny Céline, née le 7 septembre 1822 à Poitiers, dont je vais reparler ci-dessous.
Achille Parfait Sachet, baptisé le 18 avril 1790 à Montrevault, fait carrière dans la magistrature : avocat à cour d'Appel de Paris en 1813, président du tribunal de Beaupréau en 1818, il est ensuite conseiller à la cour d'Angers. Il épouse Marie-Renée Martine Aubry, et meurt le 29 octobre 1829 à Méron (Montreuil-Bellay), ayant eu :
  • Marie-Ernestine, née le 18 octobre 1817 à Beaupréau.
  • Marie-Zoé Caroline, née le 25 janvier 1820 à Beaupréau.
  • et Achille Urbain, qui suit.
Achille Urbain, né le 26 janvier 1823 à Beaupréau, fut procureur de la République à Loudun en 1848, puis à Châtellerault et Saintes en 1856. Conseiller à la cour de Poitiers en 1866, il est premier avocat général près de cette cour en 1870 (il refuse le même poste en celle d'Angers cette même année). Il est promu président du tribunal civil de Poitiers en 1873 et est élevé chevalier de la Légion d'Honneur en cette qualité par décret du 6 août 1874. Il a épousé, le 15 novembre 1848, sa cousine germaine, Jenny Claire Bouriaud, que je viens d'évoquer, dont il a :
  • Marie-Julie Gabrielle, née le 28 décembre 1849 à Poitiers, qui y épouse, le 11 février 1874, Jean-Gustave Frère, propriétaire à Ruffec (Charente), fils de Jacques-André et de Jeanne Lucile Garnier de Laboissière.
  • Marie-Louise Fernande, née le 10 avril 1853 à Loudun, qui épouse, le 9 mai 1877, à Poitiers, Alfred-Tiburce du Puis, propriétaire, veuf de Marie-Marthe Pélée de Saint-Maurice, fils de Félix, ancien officier des Hussards, et de Jeanne Lucile Vaillant.
  • et enfin Marie-Thérèse Marguerite, née le 26 avril 1855 à Loudun, Paul Marie Locquet-Duquesne, fils de Marie-François et de Marie-Juliette Virginie Machart, veuf en premières noces de Cécile Émélie Louise Fournial.
Ainsi tombe en quenouille la famille Sachet venue faire carrière à Poitiers. Achille Urbain Sachet s'éteint le 15 août 1910, chez son gendre Jean-Gustave Frère, à Condac.







Julien
SACHET, époux de Jeanne Victoire MAURAT














Julien
Marin

SACHET
Achille
Parfait

SACHET, époux de Marie AUBRY

Jeanne
Marie

SACHET, épouse de Pascal TURPAULT
Marie-
Françoise

SACHET
Julie
SACHET, épouse de Ferdinand BOURIAUD













Marie-
Ernestine

SACHET
Marie-
Zoé

SACHET
Achille
Urbain
SACHET, époux de Jenny BOURIAUD
Jeanne-
Henriette TURPAULT, épouse de Louis Xavier REDET
Louis-
Ferdinand BOURIAUD
Marguerite Clélie BOURIAUD, épouse de Louis-Arsène ORILLARD Jenny BOURIAUD, épouse d'Achille Urbain SACHET








Marie-
Julie SACHET, épouse de Jean Gustave FRÈRE
Marie-
Louise SACHET, épouse d'Alfred Tiburce DU PUIS
Marie-
Thérèse SACHET, épouse de Paul Marie LOCQUET-DUQUESNE

dimanche 30 novembre 2014

Une famille maugeoise à Charroux

Durant mes voyages temporels parcourus à la recherche de Victor Bénéteau, l'un des enfants de Savigné morts pour la France, je me suis intéressé à une famille particulière, originaire des Mauges (Maine-et-Loire), et s'alliant avec d'autres migrants ou avec des personnes du coin, à partir de 1835-1840. Ironie de la vie, je rejoins cette généalogie étrangère au Poitou par mon aïeul Jean-Baptiste Coulonnier, grand-père maternel de ma grand-mère paternelle (l'un des rares migrants de mon ascendance), venu lui aussi des Mauges à la fin du XIXe siècle pour s'installer dans le sud de la Vienne (j'ai raconté cette histoire de migration dans les articles de la "chronique des Coulonnier").




Cette histoire commence par un mariage, qui eut lieu le 24 juillet 1810, à Saint-Germain-sur-Moine : celui de Jacques Chevalier, né le 4 avril 1785 au Puiset-Doré, fils de Jean, cultivateur audit lieu, et de Jeanne Durand, et de Renée Bretaudeau, née le 28 janvier 1788 à Saint-Germain-sur-Moine, fille d'André, farinier audit lieu, et de Jeanne Coutelleau.



Extrait du site du département du Maine-et-Loire

Le couple vécut au village de la Grenouillère, à Saint-Crespin-sur-Moine, où Jacques fut cultivateur et laboureur, et où naquirent :

  • Jacques, né le 29 mars 1813,
  • Marie, née le 12 janvier 1816,
  • Jeanne, née le 18 mars 1818, qui mourut le 4 décembre 1828,
  • Jean-Baptiste, né le 20 août 1820,
  • Pierre, né le 16 janvier 1823,
  • Rosalie, née le 7 juin 1825,
  • Françoise, née le 10 mars 1828,
  • Joseph, né le 31 mai 1830, sur la déclaration de Perrine Bonhomme, sage-femme.
Renée, la dernière, naquit le 5 mai 1834 au moulin du Puteau, à Saint-Germain-sur-Moine.



C'est entre cette dernière date de naissance et 1843 que la famille va venir s'installer au village de Chez Bonnesset, commune de Charroux, dans le sud de la Vienne.

Ce trajet, mon aïeul allait également le faire, près d'un demi-siècle plus tard.


Extrait du site de la Carte Scolaire de la Vienne - SNUipp & FSU 86

Au cours des années qui suivirent, peu à peu, leurs enfants fondèrent des foyers dans cette nouvelle région.
Jacques et Jean-Baptiste se marièrent le même jour, le 28 novembre 1843, à Charroux, avec deux soeurs : respectivement Jeanne Péreau et Babeth Jeanne (dite Élisabeth) Péreau, filles des défunts Pierre et Jeanne Thibeau. Celles-ci étaient originaires de Cugand (Vendée), et vivaient avec leurs deux frères aînés, Pierre et Joseph, au village de Chez Bonnesset. Ensemble, les deux couples s'installèrent par la suite au village du Châtelet, vers 1860.


Extrait de la carte IGN
Jacques Chevalier mourut le 20 avril 1846 à Chez Bonnesset. Ses filles se marièrent :
  • Rosalie épousa, le 5 septembre 1848, à Charroux, François Bénéteau, propriétaire originaire de Surin, fils d'André et de Catherine Rouché. Le couple s'installa au village des Renardières, à Charroux.
  • Renée épousa, le 10 septembre 1845, Jean André, cultivateur à Chez Blaud de Charroux, natif de Saint-Hilaire-de-Loulay (Vendée), fils des défunts Jean et Marie Petit, veuf en secondes noces d'Anne Poiron.
  • Françoise, alors domestique à Chez Bonnesset, épousa, le 5 octobre 1853, Symphorien La Pelouse, sabotier, né vers 1824 à Échemiré, fils de père et mère inconnus. Elle avait donné naissance, auparavant, à Amédée Valentin Chevalier, né le 31 août 1850.





La famille Chevalier habitait, en 1851, au village de Chez Bonnesset. Cette année, on recensa un foyer composé de Joseph et de Pierre Péreau (frères des soeurs épouses des Chevalier), et de leur domestique, ainsi que du foyer des Chevalier lui-même, composé de Jacques et de Jeanne Péreau, sa femme, de leurs enfants Jacques, Jeanne et Lisa :
  • Jacques le jeune naquit en fait sous les prénoms de Léon Joseph, le 26 septembre 1844,
  • Jeanne naquit le 2 mai 1846,
  • et la dernière, Lisa, naquit sous le prénom d'Élisabeth, le 22 février 1849.
Jean-Baptiste, apparaissant sous le prénom de Jean dans le recensement, et sa femme Jeanne Babeth (sous le prénom d'Élisabeth), partageaient le foyer, avec Renée Bretaudeau.

Recensement de la population - Charroux - 1851 (v. 40/63)
Chez Bonnesset
Recensement de la population - Charroux - 1851 (v. 41/63)
Chez Bonnesset

Le recensement de 1856 ne montra pas d'évolution du foyer :



Recensement de la population - Charroux - 1856 (v. 20/34)
Chez Bonnesset

En 1861, la famille était installé au village du Châtelet :



Recensement de la population - Charroux - 1861 (v. 29/36)
Le Châtelet


De même que 5 ans plus tard :


Recensement de la population - Charroux - 1866 (v. 21/36)
Le Châtelet


Léon Joseph Chevalier, cultivateur au Châtelet, épousa, le 28 septembre 1868, Françoise Mezil, fille de Jean et de Marie Chaumette.
Renée Bretaudeau mourut le 4 mars 1870 au Châtelet.
De l'union de Léon Joseph Chevalier et de Françoise Mezil naquit un fils unique : Auguste Léon, le 2 juillet 1871 au Châtelet. Le 16 août suivant, sa soeur Élisabeth, lingère, épousait Pierre Carzant, maçon au chef-lieu de Charrous, fils de Pierre et de Magdeleine Lambert.
Sur le recensement de 1872, on retrouvait la famille au Châtelet :


Recensement de la population - Charroux - 1872 (v. 33/35)
Le Châtelet
5 ans plus tard, on retrouvait les mêmes.


Recensement de la population - Charroux - 1876 (v. 32/35)
Le Châtelet

Babeth Jeanne Péreau mourut le 21 juillet 1877 au Châtelet.



Recensement de la population - Charroux - 1881 (v. 24/38)
Le Châtelet
Recensement de la population - Charroux - 1881 (v. 25/38)
Le Châtelet

5 ans plus tard, le foyer n'avait pas évolué.



Recensement de la population - Charroux - 1886 (v. 25/38)
Le Châtelet
En 1891, le recensement montre une bonne situation sociale de la famille, puisqu'elle emploie une servante.

Recensement de la population - Charroux - 1891 (v. 25/39)
Le Châtelet

Jacques Chevalier père mourut le 13 mai 1891 au Châtelet, à l'âge de 78 ans. La famille, qui ne comprenait, au recensement de 1896, que Léon Joseph, sa femme et son fils, ainsi que son oncle Jean-Baptiste, employait alors deux domestiques.

Recensement de la population - Charroux - 1896 (v. 22/34)
Le Châtelet

Auguste Léon mourut le 11 octobre 1897 au Châtelet, à l'âge de 26 ans.  Son grand-oncle Jean-Baptiste, décéda à son tour le 2 juillet 1899, au même village. Au recensement de 1901, on ne retrouvait que Léon Chevalier, qui avait perdu sa femme le 24 février 1901, et 4 domestiques. L'un d'eux, Roger Bénéteau, était le petit-fils de Rosalie Chevalier.

Recensement de la population - Charroux - 1901 (v. 34/36)
Le Châtelet

Merci d'avoir suivi avec moi cette petite famille d'origine Maugeoise, devenue Charloise. 





















Jacques Chevalier (1785-1846), époux de Renée Bretaudeau




Jacques Chevalier (1813-1891), époux de Jeanne Péreau Marie Chevalier (1816-) Jeanne Chevalier (1818-1828) Jean-Baptiste Chevalier (1820-1899), époux de Babeth Péreau Pierre Chevalier (1823-?) Rosalie  Chevalier (1825-1882), épouse de François Bénéteau Françoise Chevalier (1828-?), épouse de Symphorien La Pelouse Joseph Chevalier (1830-?) Renée Chevalier (1834-?), épouse de Jean André




Léon Joseph Chevalier (1844-?), époux de Françoise Mezil Jeanne Chevalier (1846-?) Élisabeth Chevalier (1849-?), épouse de Pierre Carzant


Auguste Léon Chevalier (1871-1897)

Cela montre bien les flux migratoires qui existaient au début du XIXe siècle.

Toutefois, ces flux ne furent importants qu'à la fin de ce même siècle, avec la création de la voie ferrée entre Saint-Saviol et le Blanc (Charroux était l'un des villages desservis).

jeudi 22 mars 2012

Chronique des Coulonnier

Une famille des Mauges

Julien Gracq
Ma filiation Coulonnier est issue d'une famille de laboureurs et de cultivateurs s'étant établie dans le petit village de Saint-Philbert-enMauges, depuis mon aïeul Nicolas Coulonnier (°1668/+1745), métayer, né à Villedieu-la-Blouère. Il est le fils de Julien Coulonnier (°1639/+1722), laboureur originaire de Gesté, et de Jacquine Coulonnier (°1646/+1727), née à Villedieu-la-Blouère.

Pour l'anecdote, Julien Coulonnier est le fils de Jean Coulonnier et de Michelle Terrien (+1672) ; ces derniers sont également les ancêtres directs de Louis Poirier(°1910/+2007), alias "Julien Gracq", auteur surréaliste proche d'André Breton, qui fit sensation à l'époque en refusant le prix Goncourt (pour son ouvrage Le Rivage des Syrtes, 1951).

Ce patronyme est typiquement apparu dans la région des Mauges, et semble lui appartenir (on en trouve pas ou peu en dehors de ce périmètre au XVIIème siècle). Coulonnier est un nom qui a plusieurs origines probables, d'après le site Geneanet :
  • une possible variante de Colombier (pigeonnier),
  • ou peut-être issu de l'ancien français colongeor (paysan exploitant une colonge, une terre mise en culture par des colons), avec le patronyme voisin Colonnier,
  • voire aussi de celui qui fabriquait des quenouilles (ancien français coloigne)

Le nom de famille de notre filiation a subit au cours des générations des modifications assez particulières : Colonnier, Collonier, voir Collonié... J'ai conservé par souci d'homogénéisation l'orthographe à la fois la plus ancienne et la plus contemporaine.
Nicolas Coulonnier fut un père prolifique. De son premier mariage célébré en 1696 avec Michelle Gautier (°1668/+1705), il eut 6 enfants, qui, hélas, moururent dès la naissance ou très jeunes, comme c'était souvent le cas en cette période à la campagne. Son épouse décéda des suites de sa dernière couche. Veuf, il épousa Renée Raimbault (°1683/+1756) en 1706, qui conçut 7 enfants. Seuls trois de leurs enfants (deux garçons et une fille) eurent une postérité.

Ma lignée se poursuivit ainsi avec les trois René :
  • René Coulonnier (°1708/+1768), époux de Louise Gautier (°1717/+1786) (une parente éloignée de Michelle Gautier) ;
  • puis un de leur fils, René Coulonnier (°1738/+1802), époux de Jeanne Ripoche (°1752/+1841) ;
  • et enfin un fils de ces derniers, René Coulonnier (°1780/+1865), époux de Marie Terrien (°1790/+1840).

La cousinade proprement dite

Trois générations de René Coulonnier plus tard donc, naquit Jean (°1819/+1895), toujours à Saint-Philbert-en-Mauges. Laboureur, il épouse en 1846 Marie Sécher, fille de Jean Sécher et de Julienne Martin, originaire de la Remaudière, en Loire-Inférieure (ce nom fut substitué par Loire-Atlantique en 1957).
Il s'agit du couple dont je tente de retrouver l'ensemble des descendants. Les époux s'installent dans un premier temps à Yzernay, où naîtront deux filles. Jean est métayer au lieu-dit "La Denison" (1847/1848). Puis on les retrouve à Saint-Macaire-en-Mauges, où suivront une fille et trois garçons. Jean y sera cultivateur, domestique puis journalier, d'abord à la Moncellière (1850/1858), puis à "la Terreguilbert" (1876), et enfin au bourg (1886). Leurs enfants sont :
  1. Marie-Joséphine Coulonnier (°1847/+1895),
  2. Jeanne Coulonnier (°1848/+1880),
  3. Joséphine Renée  Coulonnier (°1850),
  4. Jean Henri  Coulonnier (°1853/+1930),
  5. Pierre Marie  Coulonnier (°1855),
  6. et Jean-Baptiste  Coulonnier (°1858/+1949).

Migration

C'est un phénomène bien connu des généalogistes amateurs. Lorsqu'une famille est casanière dans les campagnes, bien souvent, on observe vers la fin du XIXème siècle un déplacement migratoire parfois casse-tête dans la reconstitution des familles. D'aucuns diront qu'il s'agit d'un effet de l'Ère Industrielle en France, avec l'apparition des Chemins de Fer qui permirent le déplacement de familles sur de grandes distances. Ma famille Coulonnier connut ainsi un grand déplacement.
C'est le benjamin de la famille, Jean-Baptiste Coulonnier, qui marque le pas. Ayant servi dans le 2ème Régiment des Chasseurs (octobre 1879- septembre 1883), d'abord en tant que chasseur de 2ème classe, puis de 1ère classe (janvier 1881), il est résident à Lavoux, dans la Vienne, dès sa libération du service actif. On le retrouve employé à la ferme-école de Montlouis, sur la commune de Jardres en 1885. Créée en 1875 par Joseph de Larclause, issu d'une riche famille originaire de Ceaux-en-Couhé, l'école formera des élèves sur le site du manoir de Montlouis jusqu'à sa fermeture en 1914.

Manoir de Montlouis, à Jardres

En 1876, Léonie Mergeot (°1860/+1941) y est domestique. Celle-ci est également originaire de Ceaux-en-Couhé. Elle se marie en premières noces en 1882 avec Eugène Vesque (°1856/+1883). Veuve, mère d'un petit Eugène Vesque (°1883/+1968) (qui émigrera par la suite en Argentine - notre Oncle d'Amérique !), épouse Jean-Baptiste en 1885, qu'elle a probablement rencontré à Montlouis. Le couple s'installera au village de Mézachard, à Ceaux-en-Couhé (Jean-Baptiste y domicilié à partir de juillet 1886), où naîtront deux enfants : Jean-Baptiste Coulonnier (°1886/+1886), décédé en bas âge, et Maria Coulonnier  (°1887/+1965).

Du côté des Mauges, les soeurs aînées de Jean-Baptiste se sont mariées :
  • Marie-Joséphine Coulonnier a épousé Pierre Papin (°1841) en 1871 à Bégrolles. Je leur connais 6 enfants : Pierre Papin (°1872), Marie-Joséphine Papin (°1875), Jean-Louis Papin (°1877/+1959), Angèle Papin (°1881/+1955), Joséphine Papin (°1884/+1958) et Alexis Papin (°1890/+1890) ;
  • Joséphine-Renée Coulonnier épouse, en 1876, à Saint-Macaire, Pierre Coiffard (°1841/+1928), qui auront deux enfants : Pierre Coiffard (°1877/+1962) et Joséphine Coiffard (°1879/+1966) ;
  • Jeanne Coulonnier épouse en 1876 Jean Brebion (°1845/+1901), également à Bégrolles-en-Mauges. Je leur connais 3 enfants : Jeanne Brebion (°1876/+1958), Marie-Olive Brebion (°1878/+1878) et Jean-Louis Brebion (°1878). Jeanne mourra très jeune (31 ans).

Mis à part Pierre Papin, l'aîné de Pierre et de Marie-Joséphine, que j'évoque plus loin, tous restèrent dans les Mauges, ainsi que Pierre-Marie Coulonnier, qui épouse en 1886 à Saint-Macaire Rosalie-Joséphine Bourcier (°1855). Je connais de ce couple 3 enfants : Pierre-Jean Coulonnier (°1889), Georges Coulonnier (°1892/+1967) et Louis Coulonnier (°1897).

De ceux restés dans les Mauges, on remarque :
  • Marie-Joséphine Papin, épouse en 1897, à Bégrolles, Auguste Héas(°1873), qui reconnaît Augustine Héas (°1892/+1976). Cette dernière épouse, en 1918 à Saint-Macaire, Félix Rivereau (°1890) ;
  • Jean-Louis Papin épouse, en 1904 à Bégrolles, Marie Lemesle (°1881), puis Clémentine Gobert en 1913 à Saint-Macaire ;
  • Angèle Papin épouse, en 1904 à Bégrolles, Jean-Marie Éas (°1877/+1957) ;
  • Joséphine Papin épouse, en 1920, à Saint-Macaire, Charles Pohu (°1883), puis en 1947, René Lorry ;
  • Jeanne Brebion épouse, en 1901 à Saint-Macaire, Joseph Huteau (°1863).

Jean Henri Coulonnier est l'époux de Valentine Chalet (°1861/+1954). Trois enfants sont nés à Saint-Macaire : Jean-Marie Coulonnier (°1885), Pierre-Marie Coulonnier (°1886/+1957) et Marie-Joséphine Coulonnier (°1889/+1962). C'est à partir de 1891 que l'on retrouve ce couple à Saint-Martin-l'Ars, dans le Sud de la Vienne. Jean Coulonnier et son épouse Marie Sécher ont suivis leur fils, ainsi que la famille de Joséphine-Renée Coulonnier, et leur petit-fils Pierre Papin : ils rejoignaient probablement leur benjamin Jean-Baptiste, que l'on retrouvera en 1893 sur cette dernière commune.
L'arrivée des Maugeois à Saint-Martin-l'Ars date probablement de 1891. Le dossier militaire de Jean Henri y signale son installation en février. Marie Sécher y décèdera la même année (décembre 1891).


La famille contemporaine - Saint-Martin-l'Ars

Jean-Baptiste Coulonnier, Joséphine-Renée Coulonnier et Jean-Henri Coulonnier, et leurs familles, ainsi que Pierre Papin, sont donc installés à Saint-Martin-l'Ars à la fin du 19ème siècle.

Pierre Papin épouse en 1899 Marie-Aimée Cohier (°1873), et auront trois enfants :
  • Pierre (°1902) ;
  • Angèle (°1903/+1989), qui épouse, à Taizé-Aizie (16), en 1924, Paul Eugène Bouchet (°1899) ; ils ont au moins un fils, Gilbert Paul Papin (°1925/+1985), époux de Jacqueline Yvette Valérie Bonnet. Cette famille s'installe à Ruffec, probablement après la naissance de leur premier enfant (né à Taizé). Ma grand-mère se souviendra d'une vieille cousine, la veuve Papin, il s'agit donc de Marie-Aimée ;
  • et Damien (°1909/+1998), né à Paizay-Naudoin (16). Celui-ci épouse Renée Cherprenet (°1911) et aura au moins un fils, Raymond Gabriel Pierre Papin (°1933/+2008). Cette famille s'installe à Vierzon (18).

Joséphine Coiffard épouse en 1896 Jean Lasnier (°1872/+1957) et aura une fille, Joséphine-Marie Lasnier (°1899/+1934). Cette dernière épouse en 1920, à Payroux (86), Pierre Mautret (1895/1984). Ils auront 3 enfants :
  • Louis (°1923/+1928) ;
  • Edgard (°1926/+1933) ;
  • et Ginette (°1929/+1997), épouse d'André René Thibaud en 1953, sans postérité.
Pierre Coiffard épouse en 1902, Eugénie Poupard (1882/1971). Ils auront trois enfants :
  • Pierre (°1903-1984) qui épouse, en 1925, Eugénie Deverrière (°1907). De leur union naquit Albert Coiffard (°1926/+2007), qui épouse, en 1949 à Saint-Paul, en Gironde, Ginette Vaury. Cette famille semble s'être installée par la suite dans la région de Blaye.
  • Julien (°1904/+1990), qui épouse, en 1926, Marie Courtois (°1908). Un fils naîtra à Saint-Martin-l'Ars : Henri (°1927/+2005), qui épouse, en 1950 à Joussé (86), Jeanne Rachel Delage. Cette famille s'est installée par la suite à Joussé où elle semble être propriétaire d'une ferme et d'importantes terres sur la commune. Julien aura deux autres enfants, Guy et Michel.
  • Marie Julienne (°1904/+1995), qui épouse, en 1923, Henri Gaildrat (°1899/+1978). Ils auront une fille : Henriette (°1924), qui se marie en 1945 avec Robert Deverrière (°1921). Ce dernier était originaire d'Aslonnes et j'ignore où ont pu se déplacer les membres de cette famille, dont aucune trace n'a été retrouvé à Saint-Martin-l'Ars ultérieurement.
Pierre Coiffard, rappelé à l'activité militaire en 1914, est porté disparu le 27 mai 1918 au Chemin des Dames. Prisonnier de guerre, interné en Allemagne, il est rapatrié le 6 décembre 1918, puis est envoyé en congé illimité dans ses foyers le 22 janvier suivant.

Jean-Baptiste Coulonnier et Léonie Mergeot eurent deux autres enfants à Saint-Martin-l'Ars : Eugénie (°1893/+1957) et Jean-Baptiste (°1895/+1981).

Jean-Henri Coulonnier et Valentine Chalet, quant à eux, y eurent 6 autres enfants : Céline (°1892/+1953), Jean-Baptiste (°1894), Florence (°1898/+1898) et Victorine (°1899/+1899), décédées très jeunes, Valentine (°1901/+1979) et Martine (°1904/+1976).


La famille contemporaine - Taizé-Aizie et Condac

Situé à l'extrême Nord-Ouest de la Charente, Ruffec est une ville étape de la Nationale 10, entre Poitiers et Angoulême.

Nos Coulonnier se déplacent donc de nouveau, à Taizé-Aizie et à Condac, à proximité de Ruffec. Jean-Baptiste Coulonnier et Léonie Mergeot auront leur dernier enfant à Taizé, plus précisément au village de Chauffour : mon arrière-grand-mère Berthe-Yvonne (°1902/+1983). Ils y resteront jusqu'à leur disparition, en 1941 pour Léonie et en 1949 pour Jean-Baptiste.

En 1908, leur fille Maria Coulonnier épouse Jean-Auguste Moreau (°1884/+1954). Ils auront deux filles et un fils :
  • Marie (1910/1980), épouse de Pierre Château (1903/1994). Ils eurent deux enfants :
  • Yvonne (1914/?), épouse de Marcel Vriet (1913/1994). Ils eurent ensemble 6 enfants :
  • et Henri, décédé en 1940 à la guerre (brûlé dans un char). 
En 1911, à Condac, Eugénie Coulonnier épouse Louis Pelgrin (°1882/+1953), originaire d'Usson-du-Poitou. Ils auront un fils prénommé Louis (°1914/+1983), époux de Rachel François (°1916).

Jean-Baptiste Coulonnier fils, quant à lui, est employé aux Chemins de Fer d'Orléans. Il épouse à Bègles, Marguerite Dallas (1897/1972) et aura deux enfants :
  • Yvette (°1918/+2009), née à Bègles, qui épouse Roger Dubourg à Coutras en 1936, avec lequel elle aura un fils, Jean-Claude (°1938/+1950), décédé jeune, puis se remarie avec Victor Pouillon (°1909/+1993) ;
  • Robert (°1920/+1998), né à Brive, qui épouse Fernande Pigot (°1921) en 1941.

Berthe Coulonnier épouse, à Taizé en 1925, Eugène Theulière (°1888/+1970), originaire de Saint-Coutant. Ils auront comme enfants, qui naitront dans la ferme de la Grande Barbate, à Lizant, dominant la vallée de la Charente, au-dessus de Taizé : Jeannine (°1932), ma grand-mère, qui épouse Roger Pissard (°1926/+1990) et Jean (°1935), époux de Blanche Bertrand (°1939/+2010). Le couple a également eu un premier fils, Jean-Baptiste (né et décédé en 1933), et deux jumeaux (nés sans vie en 1937).
Une anecdote me vient à l'esprit : c'était pendant la guerre, en février 1942. Eugène apprend le décès de sa mère, toujours habitant la commune de Saint-Coutant. Malheureusement, la ligne de démarcation séparait les deux villages. Eugène prit une bicyclette et partit comme ça du jour au lendemain, sans papier, en laissant sa femme et ses enfants à Lizant. Durant les jours qui marquèrent son absence, le plus dur pour sa femme fut de ne pas savoir s'il avait été tué ou fait prisonnier.
A la suite du décès de Jean-Baptiste, en 1949, la famille Theulière s'installe à Chauffour.

Jean-Henri Coulonnier et son épouse Valentine Chalet s'installe à Condac. Trois de leurs filles se marient à Paris (75) :
  • Marie-Joséphine Coulonnier, en 1916, à Paris 15e, avec Octave Sourigues (°1888/+1982). Ils sont tous les deux inhumés à Condac.
  • Valentine Coulonnier, en 1922, également à Paris 15e, avec Léon Véchambe (°1899/+1980).
  • Martine Coulonnier, également en 1922 (un mois après sa soeur), toujours dans le même arrondissement parisien, avec Edouard Orient.
Leurs trois autres enfants se marient dans la région. Céline Coulonnier épouse en 1912, à Condac, Louis Honoré Bévin (1885/1945). Ils eurent au moins 5 enfants :
  • Marie Bévin (°1912) ;
  • Louis Honoré Bévin (°1914/+1981), époux de Marie Anna Malin (°1912), mécanicien à Paris 15ème en 1935 ;
  • Édith Bévin (°1917/+1967), épouse de Georges Gaston Gracieux (°1913/+1970) ;
  • Raymonde (°1919) ;
  • Serge Gérard Bévin (°1930/+1932).

Jean-Marie Pierre Emmanuel Coulonnier épouse en 1912 à Aizecq, ancienne commune rattachée à Champagne-Mouton, Albertine Léonie Bouchet (°1890/+1919). Ils auront au moins un fils : Pierre Paul André Coulonnier (°1914/+1963), époux d'Adrienne Asset.
Rappelé à l'activité militaire par le décret du 1er août 1914, dans la réserve du 107e Régiment d'Infanterie (le 307e), il part aux armées le 8 août. Il est blessé par balles aux pieds, ce qui lui vaudra une amputation de la jambe gauche (1/3 inférieur) et est fait prisonnier à l'issue de la terrible bataille de Moislains le 28 août 1914. Rapatrié le 5 mars 1915, il est renvoyé dans son foyer le 13 mars suivant. Veuf en 1919, Jean-Marie épouse en secondes noces, à Paris 17e (75) en 1920, Marie-Sidonie Guégan (°1887/+1975), et de cette union naîtra Jean-Yves (°1923/+2001). Jean-Yves Coulonnier épouse Geneviève Bouillet (°1926).

Pierre Marie Coulonnier épouse en 1919, également à Condac, Marie-Germaine Raffoux (°1892). Ils eurent au moins un fils : Marcel.