mardi 17 février 2015

Baptisé sous la chaise ?

Voici une bien drôle d'expression.
Un enfant est inhumé après avoir été "baptisé sous la chaise". A-t'il été baptisé dans l'urgence par la sage femme, dont on note la présence à l'enterrement ?

Poitiers, Sainte-Radégonde,
BMS - 1766-1775, v. 105/140
"Le vingt un [octobre 1772] a eté enterré un enfant baptisé sous la chaise fils légitime de françois decombe et de louise boutineau en presence de la sage femme de philippe rouault et et plusieurs autres."

jeudi 12 février 2015

La vie dans le Civraisien à l'époque de Louis XIV

La Pissarderie y était.
Salle annexe de la mairie de Civray — Les Amis du Pays Civraisien


Rodolphe Tillet a évoqué de manière magistrale la vie sociale, économique et judiciaire sous le règne de Louis XIV, notamment sur la période de la monarchie absolue (1661-1715), traversée par les guerres, les crises économiques, les catastrophes météorologiques (le grand hiver de 1709 par ex.).

dimanche 25 janvier 2015

Les erreurs de lectures sont tenaces

Petite curiosité insolite découverte dans l'un des registres paroissiaux des Sables-d'Olonne (Vendée), paroisse de Notre-Dame (M - 1631-1650, v.196/211).


Comme quoi, les erreurs de lecture sont tenaces, même 140 ans plus tard !

mercredi 17 décembre 2014

L'apparition d'une Croix à Migné (1826)

Cet épisode assez connu s'est produit le 17 décembre 1826, au-dessus de l'Église Sainte-Croix de Migné-Auxances (Vienne), près de Poitiers.

L'apparition d'une Croix à Migné
Des rapports furent par la suite présentés à l'Évêque de Poitiers pour décrire le phénomène. Ils furent publiés en 1827 par François-Aimé Barbier, Libraire-imprimeur du roi à Poitiers.
Voici l'un d'entre eux :
Monseigneur,
Nous soussignés, PASQUIER, Curé de Saint-Porchaire, et MARSAULT, Aumônier du Collège royal de Poitiers, réunis depuis un mois et demi à M. BOUIN-BEAUPRÉ, curé de Migné, pou donner à ses paroissiens les exercices du Jubilé ; avons l'honneur de faire part à Votre Grandeur de l'évènement extraordinaire dont nous avons été témoins à la clôture de notre station. La docilité et la ferveur du plus grand nombre des habitans de cette commune nous consoloient de nos travaux, mais nous avions encore à gémir sur la résistance de plusieurs qui rendoient nuls pour eux les efforts de notre zèle. Le dimanche, 17 du présent mois, nous avons terminé les exercices du Jubilé pour la plantation d'une Croix, cérémonie à laquelle assistoient deux à trois mille personnes de Migné et des paroisses voisines. La Croix plantée, au moment où l'un de nous adressoit aux fidèles une exhortation, où il rappeloit celle que virent autrefois Constantin et son armée en marchant contre Maxence, parut dans la région inférieure de l'air, au-dessus de la petite place qui se trouve devant la porte principale de l'Eglise, une Croix lumineuse élevée au-dessus du niveau de la terre d'environ 100 pieds, ce qui nous a donné la facilité d'en évaluer à peu près la longueur, qui nous a paru être de 80 pieds : ses proportions étoient très régulières, et ses contours, déterminés avec la plus grande netteté, se dessinoient parfaitement sur un ciel sans nuages, qui commençoit cependant à s'obscurcir, car il étoit près de cinq heures du soir. Cette Croix, de couleur argentine, étoit placée horizontalement dans la direction de l'Eglise, le pied au levant, et la tête au couchant ; sa couleur étoit la même dans toute son étendue, et elle s'est maintenue sans altération près d'une demi-heure ; enfin, la procession étant rentrée dans l'Eglise, cette Croix a disparu.
On ne peut, Monseigneur, se faire une idée du saisissement religieux qui s'est emparé des spectateurs à l'aspect de cette Croix : presque tous se sont à l'instant jetés à genoux, en répétant avec transport, et les mains élevés au Ciel, le cantique Vive Jésus, vive sa Croix !
Ce prodige, que nous attestons, qu'attestent avec nous les soussignés, et ce sont prêts à attester avec eux tous ceux qui ont été témoins oculaire, a produit d'heureux effets ; dès le soir même, et encore plus le lendemain, plusieurs personnes qui s'étoient montrées rebelles à la grâce, se sont approchées du tribunal de la pénitence et se sont réconciliées avec Dieu.
PASQUIER, Curé de Saint-Porchaire ; MARSAULT, Aumônier du Collège royal, BOUIN-BEAUPRÉ, Curé de Migné ; NAUDIN, Adjoint ; MARROT, Fabricien ; SURAULT, Fabricien ; LANDRY, Maréchal des Logis de la Gendarmerie de Poitiers ; FOURNIER, ancien Adjudant sous-officier, et quarante-une autres signatures.
Migné, le 22 décembre 1826

samedi 6 décembre 2014

Une leçon clinique à la Salpêtrière

Alors que la guerre fait rage dans le nord de la France, le quotidien "le Journal de la Vienne", reçut un appel téléphonique de Couhé-Vérac :

Le journal de la Vienne
7 décembre 1914
André Brouillet était mort.



Peintre académique "spécialisé dans les scènes de genre, les portraits et les paysages", Pierre Aristide André Brouillet naquit le 1er septembre 1857 à Charroux.
Héritier d'une famille bourgeoise, il était le fils de Pierre Amédée, lui aussi artiste peintre, qui fut directeur de l'école de dessin et d'architecture de Poitiers puis conservateur du musée de la même ville, et le petit-fils d'André François Brouillet, notaire à Châtain et à Charroux, qui se rendit célèbre par ses fouilles aux grottes du Chaffaud, à Savigné, les premières en France à avoir présentées une approche scientifique de l'exploration de la Préhistoire (voir la page dédiée sur le site de la commune et sur le blog de Gérard Minault).

Jean Brouillet (~1613-1693)
époux de Marie Delafond

André Brouillet (~1653-1719)
marchand à Charroux
époux de Renée Thomas (~1639-1694)
puis de Renée Marchadier (~1658-1713)

André Brouillet (1697-1766)
époux de Madeleine Crévelier

André Brouillet (1725-1806)
bourgeois de Charroux
époux d'Antoinette Parat (~1723-1808)

François André Brouillet (~1760-1830)
arpenteur et géomètre
époux de Modeste Bertille Bourdier (1764-?)

André François Brouillet (1788-?)
notaire à Châtain et Charroux
époux de Marie-Anne Virginie Malapert-Dumont (1797-?)

Pierre Amédée Brouillet (1826-?)
artiste peintre
époux de Marie Geneviève Élisabeth Lériget (1826-1897)

Pierre Aristide André Brouillet (1857-1914)
peintre


Il entreprit des études d'ingénieur avant d'entrer à l'école des Beaux-Arts où il fut l'élève de Jean-Léon Gérôme, puis de Jean-Paul Laurens.
Il entreprit des études d'ingénieur avant d'entrer à l'école des Beaux-Arts où il fut l'élève de Jean-Léon Gérôme, puis de Jean-Paul Laurens.

"un chantier" — 1883
Sa toile probablement la plus célèbre est la fameuse "leçon clinique à la Salpêtrière", qui représente Jean-Martin Charcot lors d'une de ses célèbres leçons du mardi, examinant Blanche Wittmann, une patiente hystérique. Ce médecin est le découvreur de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), qui porte, en France, son nom.
Sur la peinture, on retrouve parmi les assistants Théodule RibotPaul Richer ou encore le neurologue poitevin Georges Gilles de la Tourette et Joseph Babinski.

"une leçon clinique à la Salpêtrière" — 1887
Brouillet s'adonna à la peinture orientaliste, à la faveur de ses séjours en Algérie, où il épousa Emma, une femme de l'élite juive constantinoise. Il eut également l'occasion de se rendre en Grèce où il réalisa, en 1904, le portrait de la reine Olga de Grèce.
Il avait été fait chevalier de la légion d'honneur, le 3 avril 1894, par le ministère de l'instruction public, puis fut reçu officier le 11 octobre 1906. Cette même année, il reçut en même temps la médaille d'or du Salon où il présentait sa grande composition pour la Sorbonne "Les étudiants acclament Edgard Quinet et Edmond Michelet le 6 mars 1648 lorsqu'ils reprennent possession de leur chaire".

Fiche Wikipedia.

le Journal de la Vienne
8 décembre 1914
Le collège de Couhé porte son nom.

dimanche 30 novembre 2014

Une famille maugeoise à Charroux

Durant mes voyages temporels parcourus à la recherche de Victor Bénéteau, l'un des enfants de Savigné morts pour la France, je me suis intéressé à une famille particulière, originaire des Mauges (Maine-et-Loire), et s'alliant avec d'autres migrants ou avec des personnes du coin, à partir de 1835-1840. Ironie de la vie, je rejoins cette généalogie étrangère au Poitou par mon aïeul Jean-Baptiste Coulonnier, grand-père maternel de ma grand-mère paternelle (l'un des rares migrants de mon ascendance), venu lui aussi des Mauges à la fin du XIXe siècle pour s'installer dans le sud de la Vienne (j'ai raconté cette histoire de migration dans les articles de la "chronique des Coulonnier").




Cette histoire commence par un mariage, qui eut lieu le 24 juillet 1810, à Saint-Germain-sur-Moine : celui de Jacques Chevalier, né le 4 avril 1785 au Puiset-Doré, fils de Jean, cultivateur audit lieu, et de Jeanne Durand, et de Renée Bretaudeau, née le 28 janvier 1788 à Saint-Germain-sur-Moine, fille d'André, farinier audit lieu, et de Jeanne Coutelleau.



Extrait du site du département du Maine-et-Loire

Le couple vécut au village de la Grenouillère, à Saint-Crespin-sur-Moine, où Jacques fut cultivateur et laboureur, et où naquirent :

  • Jacques, né le 29 mars 1813,
  • Marie, née le 12 janvier 1816,
  • Jeanne, née le 18 mars 1818, qui mourut le 4 décembre 1828,
  • Jean-Baptiste, né le 20 août 1820,
  • Pierre, né le 16 janvier 1823,
  • Rosalie, née le 7 juin 1825,
  • Françoise, née le 10 mars 1828,
  • Joseph, né le 31 mai 1830, sur la déclaration de Perrine Bonhomme, sage-femme.
Renée, la dernière, naquit le 5 mai 1834 au moulin du Puteau, à Saint-Germain-sur-Moine.



C'est entre cette dernière date de naissance et 1843 que la famille va venir s'installer au village de Chez Bonnesset, commune de Charroux, dans le sud de la Vienne.

Ce trajet, mon aïeul allait également le faire, près d'un demi-siècle plus tard.


Extrait du site de la Carte Scolaire de la Vienne - SNUipp & FSU 86

Au cours des années qui suivirent, peu à peu, leurs enfants fondèrent des foyers dans cette nouvelle région.
Jacques et Jean-Baptiste se marièrent le même jour, le 28 novembre 1843, à Charroux, avec deux soeurs : respectivement Jeanne Péreau et Babeth Jeanne (dite Élisabeth) Péreau, filles des défunts Pierre et Jeanne Thibeau. Celles-ci étaient originaires de Cugand (Vendée), et vivaient avec leurs deux frères aînés, Pierre et Joseph, au village de Chez Bonnesset. Ensemble, les deux couples s'installèrent par la suite au village du Châtelet, vers 1860.


Extrait de la carte IGN
Jacques Chevalier mourut le 20 avril 1846 à Chez Bonnesset. Ses filles se marièrent :
  • Rosalie épousa, le 5 septembre 1848, à Charroux, François Bénéteau, propriétaire originaire de Surin, fils d'André et de Catherine Rouché. Le couple s'installa au village des Renardières, à Charroux.
  • Renée épousa, le 10 septembre 1845, Jean André, cultivateur à Chez Blaud de Charroux, natif de Saint-Hilaire-de-Loulay (Vendée), fils des défunts Jean et Marie Petit, veuf en secondes noces d'Anne Poiron.
  • Françoise, alors domestique à Chez Bonnesset, épousa, le 5 octobre 1853, Symphorien La Pelouse, sabotier, né vers 1824 à Échemiré, fils de père et mère inconnus. Elle avait donné naissance, auparavant, à Amédée Valentin Chevalier, né le 31 août 1850.





La famille Chevalier habitait, en 1851, au village de Chez Bonnesset. Cette année, on recensa un foyer composé de Joseph et de Pierre Péreau (frères des soeurs épouses des Chevalier), et de leur domestique, ainsi que du foyer des Chevalier lui-même, composé de Jacques et de Jeanne Péreau, sa femme, de leurs enfants Jacques, Jeanne et Lisa :
  • Jacques le jeune naquit en fait sous les prénoms de Léon Joseph, le 26 septembre 1844,
  • Jeanne naquit le 2 mai 1846,
  • et la dernière, Lisa, naquit sous le prénom d'Élisabeth, le 22 février 1849.
Jean-Baptiste, apparaissant sous le prénom de Jean dans le recensement, et sa femme Jeanne Babeth (sous le prénom d'Élisabeth), partageaient le foyer, avec Renée Bretaudeau.

Recensement de la population - Charroux - 1851 (v. 40/63)
Chez Bonnesset
Recensement de la population - Charroux - 1851 (v. 41/63)
Chez Bonnesset

Le recensement de 1856 ne montra pas d'évolution du foyer :



Recensement de la population - Charroux - 1856 (v. 20/34)
Chez Bonnesset

En 1861, la famille était installé au village du Châtelet :



Recensement de la population - Charroux - 1861 (v. 29/36)
Le Châtelet


De même que 5 ans plus tard :


Recensement de la population - Charroux - 1866 (v. 21/36)
Le Châtelet


Léon Joseph Chevalier, cultivateur au Châtelet, épousa, le 28 septembre 1868, Françoise Mezil, fille de Jean et de Marie Chaumette.
Renée Bretaudeau mourut le 4 mars 1870 au Châtelet.
De l'union de Léon Joseph Chevalier et de Françoise Mezil naquit un fils unique : Auguste Léon, le 2 juillet 1871 au Châtelet. Le 16 août suivant, sa soeur Élisabeth, lingère, épousait Pierre Carzant, maçon au chef-lieu de Charrous, fils de Pierre et de Magdeleine Lambert.
Sur le recensement de 1872, on retrouvait la famille au Châtelet :


Recensement de la population - Charroux - 1872 (v. 33/35)
Le Châtelet
5 ans plus tard, on retrouvait les mêmes.


Recensement de la population - Charroux - 1876 (v. 32/35)
Le Châtelet

Babeth Jeanne Péreau mourut le 21 juillet 1877 au Châtelet.



Recensement de la population - Charroux - 1881 (v. 24/38)
Le Châtelet
Recensement de la population - Charroux - 1881 (v. 25/38)
Le Châtelet

5 ans plus tard, le foyer n'avait pas évolué.



Recensement de la population - Charroux - 1886 (v. 25/38)
Le Châtelet
En 1891, le recensement montre une bonne situation sociale de la famille, puisqu'elle emploie une servante.

Recensement de la population - Charroux - 1891 (v. 25/39)
Le Châtelet

Jacques Chevalier père mourut le 13 mai 1891 au Châtelet, à l'âge de 78 ans. La famille, qui ne comprenait, au recensement de 1896, que Léon Joseph, sa femme et son fils, ainsi que son oncle Jean-Baptiste, employait alors deux domestiques.

Recensement de la population - Charroux - 1896 (v. 22/34)
Le Châtelet

Auguste Léon mourut le 11 octobre 1897 au Châtelet, à l'âge de 26 ans.  Son grand-oncle Jean-Baptiste, décéda à son tour le 2 juillet 1899, au même village. Au recensement de 1901, on ne retrouvait que Léon Chevalier, qui avait perdu sa femme le 24 février 1901, et 4 domestiques. L'un d'eux, Roger Bénéteau, était le petit-fils de Rosalie Chevalier.

Recensement de la population - Charroux - 1901 (v. 34/36)
Le Châtelet

Merci d'avoir suivi avec moi cette petite famille d'origine Maugeoise, devenue Charloise. 





















Jacques Chevalier (1785-1846), époux de Renée Bretaudeau




Jacques Chevalier (1813-1891), époux de Jeanne Péreau Marie Chevalier (1816-) Jeanne Chevalier (1818-1828) Jean-Baptiste Chevalier (1820-1899), époux de Babeth Péreau Pierre Chevalier (1823-?) Rosalie  Chevalier (1825-1882), épouse de François Bénéteau Françoise Chevalier (1828-?), épouse de Symphorien La Pelouse Joseph Chevalier (1830-?) Renée Chevalier (1834-?), épouse de Jean André




Léon Joseph Chevalier (1844-?), époux de Françoise Mezil Jeanne Chevalier (1846-?) Élisabeth Chevalier (1849-?), épouse de Pierre Carzant


Auguste Léon Chevalier (1871-1897)

Cela montre bien les flux migratoires qui existaient au début du XIXe siècle.

Toutefois, ces flux ne furent importants qu'à la fin de ce même siècle, avec la création de la voie ferrée entre Saint-Saviol et le Blanc (Charroux était l'un des villages desservis).

mardi 19 août 2014

Renard et le réseau

Louis Renard,
extrait du site VRID
Lorsque l'on parle de résistance dans la Vienne durant l'occupation, on pense particulièrement au "réseau Renard", créé en 1940 par Louis Renard.
Je reste plutôt attaché au XVIIe et XVIIIe siècle, aussi ne suis-je pas vraiment un spécialiste de la question. Aussi, je me permets de vous renvoyer à de nombreuses biographies et monographies sur le sujet, pour plus de détails (du reste, ce sont mes sources, comme notamment le VRID — Vienne Résistance Internement Déportation ou la monographie sur le réseau Renard, éditée par ONAC). Je m'excuse donc pour cette biographie maladroite.
Louis Renard, né le 7 décembre 1893 à Poitiers, était le fils de Georges Louis Alexis Renard, négociant demeurant rue des Cordeliers (futur Monoprix — je présume), et de Clothilde Marie Berthe Périssé.
Il eut un frère, Henri François Étienne, né le 15 avril 1895 en cette même ville, et qui mourut de blessures de guerre à Crouy-sur-Ourcq (Seine-et-Marne), le 25 juillet 1918, et à ce titre, doit apparaître dans le recensement de notre ami Fred. Du reste, Louis lui-même échappa de peu à la mort : il eut le poumon perforé en 1914 et perdit l'oeil droit à Verdun en 1916. Ses blessures et sa conduite lui valurent la légion d'honneur (Chevalier en 1916 et Officier en 1937), et la Croix de guerre avec palmes[1].
Capitaine de réserve et avoué au tribunal civil de profession, il fut mobilisé en 1939 et n'accepta pas la défaite. Le 31 août 1940, il écrivit au général de Gaulle et créa, avec un groupe de proches, un journal clandestin : "Le Libre Poitou", qui parut régulièrement entre octobre 1940 et septembre 1942.
Gaston Chapron, huissier de justice dont l'étude se situait à proximité de celle de Renard, créa dans le même temps un groupe d'une dizaine de personnes dont les objectifs étaient le renseignement, le sabotage et l'organisation de filières pour le passage de la ligne de démarcation. Leur premier coup de maître, le 7 avril 1941, fut la prise en charge de l'équipage d'un bombardier britannique, contraint de se poser près de Maillé, qui, grâce à ce réseau, rejoignirent Marseille. Renard le découvrit et les deux groupes fusionnèrent. Celui-ci en devint le chef. Le réseau Renard prit de l'importance dans la Vienne, et on en comptait plus de 150 membres en 1942. 
Malheureusement, l'année 1942 devint la sinistre année du groupe. Le 30 juillet, des agents postaux à Niort découvraient dans un colis des documents à tendance "gaulliste" et avertirent leur hiérarchie, qui prévint les autorités. Le colis fut remis à son destinataire (Verbruggen, correspondant de Renard à Niort), qui fut arrêté. Par la suite, Louis Renard lui-même était arrêté, le 31 août, à Ligugé, bien après que les archives du réseau ne fussent découvertes par les autorités. Louis Renard, lors de son interrogatoire le 11 septembre suivant, ne peut que « mesurer l'étendue des dégâts ».
Une centaine de personnes sont arrêtés, et une trentaine d'entre eux sont inculpées de "menées antinationales". Celles-ci sont transférés à Fresnes le 12 février suivant, puis envoyées en Allemagne à la prison de Trèves le 18 février, et le lendemain au camp de concentration d'Hinzert (Louis Bordas et Joseph Riedinger y moururent). Enfin, ils furent emmenés à la prison de Wolfenbüttel, où un simulacre de procès condamna à mort dix d'entre eux : Louis Renard, Louis Cartan, Théodore Lefebvre, Jacques Moreau, Jacques Levrault, Clément Péruchon, le civraisien Pierre Pestureau, que j'évoque ici, Paul Préaux, Louis Toussaint et le père Lambert de l'abbaye de Ligugé. Ils furent guillotinés le 3 décembre 1943, ne sortant de leur cachot que pour se rendre à l'échafaud, tout en chantant La Marseillaise. Par la suite, nombre de leurs compagnons moururent dans les camps ou dans les prisons (parmi lesquels, notamment, l'ancien secrétaire d'état à la guerre Gaston Hulin).
Le titre du "Libre Poitou" fut repris après la guerre. Il existe toujours, ayant pris le titre actuel de "Centre-Presse", en 1958, lors de son rachat par Robert Hersant.

Comme je l'évoquai au début de cette note, Louis Renard était fils d'un négociant, Georges Louis Alexis Renard et de Clothilde Marie Berthe Périssé. Ses ancêtres Renard venaient de Montoire-sur-le-Loir (Loir-et-Cher), où l'un d'eux fut vignerons. Sa grand-mère paternelle, Louis Adrienne Fougeray, avec laquelle son père tenait boutique en 1891 à Poitiers, avait des origines sarthoise (Sainte-Cérotte) et tourangelle (Loches).
Je me suis demandé si je n'avais pas un lien de parenté avec Louis Renard, en recherchant, pourquoi pas, dans son ascendance maternelle. Clothilde Périssé, native de Vouillé, était la fille de Jean-Philippe Périssé, gendarme à cheval, et de Louise Radégonde Honorine Abonneau. Les Périssé étaient originaires de Haute-Garonne (Estadens pour être précis), et les Abonneau de Vouillé même. Je n'ai pas dénombré pour l'instant un seul de mes ancêtres dans ce secteur de la Vienne (ouest et nord-ouest de Poitiers). Brigitte, et si tu lis ses lignes, peut-être es-tu concernée ?
Toutefois, la mère de Louise Radégonde Honorine Abonneau, Marie-Louise Deschamps, était native de Poitiers intro-muros. Les Deschamps m’entraînent vers les Chevessier, famille dont la plupart des hommes furent charrons à Montierneuf, et dont je suis descendant (mes ancêtres originaires de Poitiers même se comptent sur les doigts d'une main, c'est donc une coïncidence peu ordinaire).
Maurice Chevessier
(~1614-1649),
époux de Françoise Chrestien
(~1620-1653)
Louis
Chevessier
(1644-1700),
époux de Catherine Gond (puis d’Antoinette Rousseau)
Geneviève Chevessier
(1646- ?),
épouse de Jacques Desmontagnes (puis d’Hilaire Février)
Jean
Chevessier
(1677-1710),
époux de Marie Levrault
Michel Desmontagnes
(1672-?),
époux de Marie Surreau
Pierre René Chevessier
(1709-1768),
époux de Marie Minereau
Marie-Jeanne Desmontagnes
(1700-1770),
épouse de Pierre Pelletier
Louise
Chevessier
(1742-1814),
épouse de Simon Deschamps
Marie-Jeanne Pelletier
(1731-1796),
épouse d'André Provost
Pierre Deschamps
(1766-1840),
époux de Marguerite Cartaud
Pierre
Provost
(1766-1820),
époux de
Marie
Sandillon
René
Renard
(1786-1855),
époux de
Marie
Bagland
(1792-1840)
Étienne Louis Fougeray
(1803-1869),
époux de Marthe Pauline Bourgeois
(1807-1867)
Jean-François Périssé
(1788-1865),
époux de Jeanne Anne Duchein
(1796-1850)
Marie-Louise Deschamps
(1814-1892),
épouse de
Joseph
Abonneau
(1815-1894)
Pierre
Provost
(1798-1866), époux de
Suzanne
Rivière
(1803-1845)
Louis
Jean
Renard
(1831-1866)
Louise
Adrienne
Fougeray
(1834-?)
Jean-
Philippe
Périssé
(1838-?)
Louise Radégonde Abonneau
(1843-?)
Marie Provost
(1828-1898),
épouse de Jacques Pissard
Georges Louis
Alexis
Renard
(1861-?)
Clothilde Marie
Berthe
Périssé
(1866-?)
Charles Pissard
(1859-1923),
époux de Marie-Léontine Bardeau
Louis Renard
(1893-1943),
époux de Marie Germaine Thérèse Marsaudon
Louis Pissard
(1885-1932),
époux de Marcelline Georgine Lebeau
(1888-1981)
mes grands-parents
mes parents
et moi !



Notes :
[1] — Louis Renard sur Wikipedia.