vendredi 12 avril 2013

Kergorand, où est-tu ?

Lors de l'étude de la descendance de mon ancêtre pâtissier Abel Bouquin, je suis tombé sur le mariage de Joseph Ignace FURIC, écuyer, sieur de Kergorand, originaire de Quimper (Finistère), avec Élisabeth RULLIER, fille du notaire Pierre et de Marie DROUYNOT. Celui-ci a lieu le 21 avril 1686, à Poitiers (Vienne), paroisse Notre-Dame-la-Petite.

AD en ligne, Poitiers-Notre-Dame-la-Petite, BMS - 1683-1688, v.49/93
AD en ligne, Poitiers-Notre-Dame-la-Petite, BMS - 1683-1688, v.50/93
Je trouve quelque peu poétique ces noms qui me sortent pour un instant du Poitou natal. Par contre, je n'ai pas du tout réussi à localiser ce fief...

jeudi 11 avril 2013

Jolly, Pierre-Henri (1781-1848)

Nécrologie des maires de Poitiers

On lit dans les Affiches, annonces et avis divers de Poitiers, n°71, du mardi 13 juin 1848 :

Samedi dernier ont eu lieu les obsèques de M. Jolly, membre de la Légion d'Honneur, avocat à la cour d'appel, ancien avoué, ancien membre du conseil général de la Vienne, et ancien maire de Poitiers. L'ordre des avocats, M. le maire de la ville, accompagné de ses adjoints et du conseil municipal, un grand nombre de fonctionnaires et de citoyens de toutes les conditions, assistaient à cette cérémonie. Les coins du poêle étaient portés par MM. Fey, bâtonnier de l'ordre des avocats près la cour d'appel, Calmeil, avocat, membre de la Légion d'Honneur et du Conseil général de la Vienne ; Bouillé jeune, avoué près la cour d'appel, et Durand père, ancien avoué au tribunal de première instance. Le deuil était conduit par M. Orillard, maire de la ville.
M. Fey, bâtonnier de l'ordre des avocats, a retracé brièvement la vie de M. Jolly. Il s'est exprimé en ces termes :

Messieurs,
L'année dernière un triste devoir nous réunissait autour du cercueil d'un jeune confrère trop tôt enlevé à l'affection et aux espérances du barreau. Aujourd'hui la mort vient encore éclaircir nos rangs : elle a frappé M. Pierre-Henri Jolly.
Avant que la tombe se referme sur sa dépouille mortelle, permettez-moi, Messieurs, d'être l'interprète des sentiments douloureux que ce cruel évènement inspire à notre ordre : il est des hommes dont on ne saurait se séparer sans émotion et sans regrets : M. Jolly était de ce nombre.
Sa vie entière a été consacrée au travail ; il a exécuté cette loi providentielle d'après laquelle tout homme doit travailler dans le mesure du pouvoir qu'il lui a été départi.
Après avoir terminé des études classiques qui ne furent pas sans succès, M. Jolly se voua à la science des lois, et obtint en l'an II le diplôme de licencié en droit. Quelques temps après, il essaya ses forces et fit ses premières armes au palais. La netteté de ses discussions, le soin consciencieux qu'il apportait à l'examen des affaires qui lui étaient confiées, lui avaient concilié l'estime et mérité les encouragements des hommes placés à la tête du barreau ; mais, après un exercice de quatre années, il renonça à la plaidoirie pour occuper une chargé d'avoué.
Cette profession est plus modeste que la nôtre, parce que, se renfermant dans le silence d'une étude, elle ne met pas en évidence celui qui l'exerce ; mais, il faut le reconnaître, elle aussi a ses difficultés, et par conséquent son mérite. N'exige-t-elle pas en effet une grande rectitude de jugement, un coup d'oeil sûr, des travaux souvent arides ? Que de fois une fausse direction imprimée à la marche d'un procès a compromis le droit le mieux établi ! 
M. Jolly offrait l'ensemble de toutes les qualités qui rendent un homme d'affaires recommandable. Intelligent, laborieux, éclairé, il se dévouait tout entier aux devoirs et aux exigences de sa profession. Les intérêts de ses clients devenaient en quelque sorte les siens propres. Pendant le cours de sa longue carrière, son zèle ne se démentit pas plus que sa probité et sa délicatesse. Voilà par quels procédés honorables M. Jolly sut conquérir l'estime publique et la confiance des magistrats. 
Que ces titres sont respectables, Messieurs, et combien ne devaient-ils pas recommander M. Jolly aux suffrages de ses concitoyens ! Aussi lorsque, grâce aux développements de nos libertés politiques, chaque commune conquit le droit précieux de nommer elle-même ses conseils municipaux, le nom de M. Jolly fut-il un des premiers qui sortit de l'urne électorale. L'homme qui depuis de longues années défendait avec autant d'intelligence que de zèle les intérêts particuliers,, n'avait-il pas, en quelque sorte, sa place marquée parmi les membres d'un corps, dans le sein duquel les intérêts d'une cité populeuse allaient se discuter et se débattre ? 
Trois ans après, en 1834, ce n'était plus seulement la confiance de la commune de Poitiers, c'était celle du canton tout entier qui l'appelait à de nouvelles fonctions : il était élu membre du conseil général. Il remplit ces fonctions jusqu'en 1843, et dans les nombreuses sessions auxquelles il prit part toutes ses pensées eurent pour objet l'accroissement de la prospérité agricole et commerciale du département. 
En 1838, il cessa de postuler comme avoué devant la cour d'appel. L'affaiblissement de sa santé, occasionné moins par le nombre des années que par l'énervante continuité de 32 ans de travaux, lui fit comprendre que l'heure de la retraite avait sonné pour lui. Il transmit à son fils aîné, avec sa charge, les traditions de loyauté et de délicatesse qui avaient honoré sa carrière. 
Cette détermination ne donna cependant pas à M. Jolly le repos qu'elle semblait lui promettre. — La ville réclama ses services, et ne les réclama pas en vain. Les circonstances étaient difficiles ; mais les difficultés ne l'arrêtèrent pas. La prudence lui commandait peut-être de s'abstenir, mais il n'écouta ni les calculs d'une prudence trop pusillanime, ni ceux de l'intérêt personnel. Ne prenant conseil que de son patriotisme et de son dévouement, il accepta les fonctions de maire, fonctions toujours pénibles, toujours délicates, et dont les fatigues ne trouvent leur récompense que dans la conscience d'avoir accompli un devoir. Son administration n'a point été du nombre de celles qui ne laissent après elle aucune trace durable. N'est-ce pas pendant cinq ans de son éligibilité qu'ont été achevés ou exécutés des établissements dont la ville apprécie chaque jour l'utilité et les avantages ? 
Il trouva dans le sein du conseil des adversaires, mais il n'y rencontra pas d'ennemis ; et si quelques-unes des mesures qu'il proposa soulevèrent des contradictions, du moins s'empressa-t-on toujours de rendre justice à la droiture de ses intentions, à la loyauté de sa pensée. 
Ai-je besoin de vous rappeler, Messieurs, quelle activité il déploya durant tout le cours de son administration ? Il n'y avait pas de détail assez petit pour être indigne de son attention, pas de rouage administratif dont il ne dirigeât ou ne surveillât la marche. Son consciencieux patriotisme avait réveillé en lui toute l'activité de la jeunesse. Aussi le gouvernement le récompensa-t-il en lui envoyant la croix d'honneur. 
Ce fut en 1843 qu'il cessa d'administrer la ville, pour rentrer dans le calme de la vie privée. L'ordre des avocats, auquel il s'honorait d'avoir autrefois appartenu, lui ouvrit ses rangs, et, sur sa demande, son nom figura une deuxième fois sur le tableau. 
Mais chaque jour sa santé dépérissait et déjà il portait dans son sein le germe de la maladie si longue et si douloureuse qui l'a conduit au tombeau. 
Il vient de succomber, Messieurs : ses enfants perdent en lui le plus tendre des pères ; ses concitoyens regrettent l'homme de bien, l'administrateur intègre et impartial ; notre ordre, un confrère digne de respect. 
Puissent ces quelques paroles que je viens de prononcer acquitter notre dette envers sa mémoire ! Puissent-elles surtout adoucir l'amertume des regrets et de la douleur qu'inspire à sa famille le cruel évènement qui l'enlève à sa tendresse !


mercredi 10 avril 2013

Irland de Bazôges, Pierre-Marie (1750-1818)

Nécrologie des maires de Poitiers

On lit dans les Affiches, annonces et avis divers de Poitiers, n°3, édition du jeudi 15 janvier 1818 :

Site des archives
en ligne de la Vendée
La cour royale et la ville de Poitiers viennent de faire une perte dont les regrets entretiendront un souvenir si douloureux, que le temps même ne pourra l'effacer de sitôt. La mort nous a enlevé, mercredi 7 janvier, au milieu de ses utiles travaux, à la suite d'une maladie très aigüe, M. Pierre-Marie Irland de Bazôges, président à la Cour royale, membre du conseil municipal, ancien lieutenant général au présidial, et ancien maire de Poitiers.
Savant jurisconsulte, magistrat intègre, administrateur habile, M. de Bazôges porta dans l'exercice de toutes ses fonctions, particulièrement celle de la haute magistrateur à laquelle il fut appelé fort jeune, un fond inépuisable de savoir et de connaissances variées : à un esprit orné, il joignait un jugement droit, mais sévère, dont il avait puisé les principes, tant dans l'exemple vivant d'un père recommandable par ses qualités personnelles et par les fonctions éminentes qu'il remplissait, que dans la tradition de nombreux aïeux célèbres depuis longtemps dans la magistrature et les armées.
Ses collègues et ses collaborateurs ont si souvent eu occasion d'admirer sa facilité à saisir les points difficiles dans les questions même les plus compliqués, qu'ils n'ont jamais hésité à la regarder comme un des flambeaux de la magistrature et un savant administrateur.
Un esprit d'ordre, une méthode facile, une exactitude portée jusqu'à la rigueur dans l'exercice de tous ses devoirs, lui ont toujours attiré le respect de ses subordonnés, et mérité la vénération publique.
Connu par des qualités aussi éminentes, M. de Bazôges fut choisi en 1789 par la noblesse du Poitou pour la représenter aux états généraux. Il développa dans l'assemblée constituante cette énergie de caractère qui prouva jusqu'où allait son attachement pour l'ordre, la justice et la légitimité. Trop judicieux pour ne pas s'apercevoir des résultats affreux et des malheurs qui étaient les conséquences nécessaires, des principes dangereux que professait la philosophie moderne, il prit le parti de s'éloigner d'une Patrie qu'il chérissait, et pour ses efforts et son noble dévouement ne pouvaient plus rien.
Appelé dès son retour à Poitiers au conseil municipal, il devint l'oracle de cette administration ; il ne dédaigna point d'en remplir les fonctions de secrétaire, d'en rédiger toutes les délibérations après en avoir éclairé la discussion par ses judicieuses remarques.
Nommé à la mairie, tout le monde sait quel empressement, quelle exactitude il mit dans les pénibles mais honorables fonctions de maire : tous les arrêtés sortis de son administration sont marqués au coin de la prévoyance et de la sagesse. Lorsqu'en 1811, on réorganisa les cours d'appel, les voeux publics y plaçaient M. de Bazôges ; il fut nommé président de chambre de celle de Poitiers.
Il ne m'appartient point de dire que, rendu à des fonctions pour lesquelles il était né, et vers lesquelles avaient constamment été dirigés ses études et ses longs travaux, il sut s'y maintenir avec cette dignité qu'inspirent l'intégrité, l'honneur et le savoir.
Sévère pour lui-même, M. de Bazôges fut dans son intérieur fils respectueux et tendre ; il paya d'une réciprocité exemplaire les sollicitudes d'une épouse trop connue par ses éminentes qualités, pour en faire ici l'éloge : son nombreux domestique trouvait en lui un père, un ami, plutôt qu'un maître ; les malheureux ne l'abordèrent jamais sans ressentir les effets de sa générosité.
Tout ce qui était grand, beau et utile, sut toujours lui plaire : aucuns sacrifices ne lui coûtaient, s'ils devaient retourner à l'avantage des pauvres, ou contribuer au bien public.
Les approches de la mort n'ont rien changé au caractère ferme et impertubable de cet homme vertueux, pour qui le terme de cette vie n'est que le commencement d'une autre gloire.

Mors terribilis est iis quorum cum vitâ omnia.
Extinguntur : non iis quorum laus emori non potest.

La religion, dont la pratique l'avait soutenu au milieu de ses malheurs, est venue lui prodiguer avec pompe ses dernières consolations ; il a vu d'un oeil calme et serein s'en développer l'appareil majestueux. Après s'être entretenu avec toutes les personnes de sa famille, M. de Bazôges est mort sans effort, et, comme de juste, il s'est endormi dans le Seigneur.
M.-B., membre du conseil municipal



Autre notice sur M. Irland de Bazôges, l'un des présidents de la cour royale de Poitiers.

La ville de Poitiers vient de perdre l'un de ses citoyens les plus distingués, la cour royale un de ses plus célèbres magistrats.
M. Pierre-Marie Irland de Bazôges, ancien lieutenant général de la sénéchaussée et du présidial de Poitiers, est mort le 7 de janvier, âgé de 67 ans et 9 mois ; il était né à Poitiers, paroisse Saint-Hilaire-de-la-Celle, le 9 avril 1750, fils aîné de M. François-Hubert Irland, lieutenant général criminel, et de dame Élisabeth Susanne Constant.
Issu d'une famille encore plus recommandable par les services qu'elle a rendus à la France dans la magistrature depuis plus de trois siècles, que par l'ancienneté et la noblesse de son origine, M. de Bazôges n'a cessé de travailler pendant toute sa vie à soutenir l'honneur de son nom dans les différentes fonctions publiques qu'il a exercées.
Cette famille, avant qu'une de ses branches vint s'établir en France au commencement du 16e siècle, avait tenu un rang distingué en Écosse, suivant que l'attestent des lettres patentes données en 1654 par Charles II, roi d'Angleterre, mentionnées dans la Bibliothèque historique du Poitou par Dreux-Duradier, tome 2. Elle se fixa à Poitiers vers l'année 1510. Robert Irland, appelé le Docteur Écossais, y a figuré avantageusement comme professeur en droit pendant 60 ans. Il avait épousé une fille de M. Aubert d'Aventon, lieutenant général de la sénéchaussée de Poitou, et il fut remplacé à la faculté de droit de Poitiers, en 1579, par Bonaventure Irland, son fils, alors âgé de 28 ans.
Bonaventure Irland fut aussi conseiller au présidial : il obtint du Roi la permission de remplir les deux places.
Suivant les témoignages de savants du temps, Bonaventure Irland eut une grande réputation d'érudition dans la science du droit, de connaissances et de goût dans les belles lettres, et d'intégrité dans ses fonctions de magstrat. Plusieurs de ses ouvrages, justement estimés, sont venus jusqu'à nous. Il a eu jusqu'à ce jour une longue suite de descendants qui ont occupé avec distinction des charges au parlement de Rennes, et surtout à Poitiers, où ils ont exercé celle de lieutenant général criminel pendant 200 ans sans interruption.
Ainsi, né dans la magistrature, M. de Bazôges, à peine âgé de 22 ans, se vit appelé à remplir la place de lieutenant général de la sénéchaussée et siège présidial de Poitiers, sur la démission qui en avait été faite en sa faveur par M. Constant, son aïeul maternel, nommé président au conseil supérieur de Poitiers. Il montra, même avant le temps où il lui était permis d'avoir voix délibérative, cette rectitude de jugements qui découvre la vérité au milieu des sophismes dont on cherche souvent à la couvrir ; à quoi joignant une application constante au travail, qu'il a conservée pendant toute sa vie ; cette intégrité de moeurs, qui garantit de séduction, et cette impassibilité de caractère, qui ne laisse même pas de prise à la prévention, que l'immortel d'Aguesseau a dit être l'erreur de la vertu, le crime des honnêtes gens, il fit voir en lui un magistrat digne de servir de modèle.
Il fut en 1790 un des députés de la province aux états-généraux ; il y soutint avec une fermeté invariable les droits du trône et les intérêts du peuple. Les malheurs des temps le forcèrent en 1792 à quitter la France que dévorait l'anarchie ; il se retira chez l'étranger avec une épouse digne de lui, et qui n'a pas cessé d'être l'objet de ses plus chères affections.
Rentré dans son pays natal dès qu'il lui fut permis d'espérer un meilleur ordre des choses, M. de Bazôges ne négligea rien pour prouver à ses concitoyens qu'il était toujours disposé à leur consacrer ses talents et ses veilles : leurs voeux l'appelèrent bientôt au conseil municipal ; le zèle qu'il mit à discuter leurs intérêts le fit distinguer parmi ses collègues, et il se vit nommé maire de Poitiers en 1802.
La réputation qu'il s'est faite dans cette place importante sera longtemps un beau sujet d'émulation pour ses successeurs. Son administration n'a pas été de longue durée ; mais la ville lui doit l'établissement de ses réverbères, le perfectionnement de ses boulevards, la salubrité rendue à une partie considérable de son territoire, la régularisation de la perception de l'octroi, etc., etc.
En 1804, il fut rappelé à l'état auquel il avait été destiné dès sa naissance : il fut fait l'un des présidents de chambre de la cour de Poitiers. Les magistrats qui depuis ce temps-là ont partagé ses travaux, attesteront unanimement qu'aucun d'eux n'a été plus ardent à s'instruire, plus exact à remplir ses fonctions, plus intègre dans ses jugements : il était froid et impassible comme la loi.
A-t-il eu à présider une chambre civile, on le voyait, le dernier jour de la semaine, prendre au greffe de la cour les conclusions motivées prises dans toutes les affaires qui devaient se juger dans la semaine suivante ; chaque jour on le trouvait, dès le matin, dans son cabinet, occupé à prendre dans ces conclusions une première idée des affaires qui devaient être plaidées devant lui. Quelle facilité ce travail préalable devait lui donner pour saisir et pour résoudre tous les points de difficulté que les affaires pouvaient présenter !
On ne peut dire assez avec quelle attention il a présidé deux ans la chambre d'accusation, quels soins il mettait à distinguer les nuances de la culpabilité, pour ne faire subir les chances toujours humiliantes d'un jugement criminel qu'aux accusés qu'il n'était pas possible d'y soustraire. Il n'a jamais été rendu un arrêt sous sa présidence, qu'il n'ait pas rédigé lui-même.
Un magistrat aussi recommandable par les qualités du coeur et de l'esprit, ne pouvait être qu'un sujet fidèle, un ami sincère de la famille auguste que le Ciel nous a rendue, et à laquelle il s'était dévoué tout entier dès le commencement de la révolution.
Aussi exacte à observer les bienséances, que sévère dans l'accomplissement de ses devoirs, M. de Bazôges ne manqua jamais aux égards qu'il devait à ses confrères et au public. Il fut toujours accessible pour tous ceux qui eurent besoin de lui, il fut toujours l'ami du barreau. Il vécut attaché à la religion de ses pères, et, après avoir vécu comme un magistrat irréprochable, il est mort avec une résignation parfaite à la volonté de Dieu, puissamment fortifiée en lui par les secours de l'Église. Les suites de sa mort sont d'autant funestes pour son pays, qu'il ne laisse point de descendants.

mardi 9 avril 2013

Héritier de l'Empire

Excellent challengeAZ ! Je ne pouvais rester indifférent à l'article de Brigitte, C comme Charlemagne, où es tu ?, objet du challenge de la semaine dernière.

Laissez-moi donc vous raconter une Histoire...



Ça commence quand je débute dans la généalogie, il y a quelques années. En ce temps-là, je faisais parti du CGCP, groupe qui s'occupe principalement du sud de la Vienne et du Nord-Charentais, là où est localisée une grande partie de mes ancêtres.

Grâce à des échanges plutôt sympathiques, j'appris qu'on connaissait une filiation qui permettait de remonter à Charlemagne, via les occupants de l'ancien château de Chambes, situé sur la commune de Voulême (Vienne).


Dans ma généalogie, on trouve le couple Jean Couturier et Marie Métayer, mariés le 28 février 1726, à Montalembert (Deux-Sèvres).


Connu pour ses brumes, Montalembert présente également des registres paroissiaux assez brumeux, surtout à cette époque de l'année. Le mariage n'étant pas filiatif, cette branche resta longtemps orpheline, jusqu'à ce que je mette la main sur une sépulture bien éloquente :

AD en ligne, Montalembert, BMS - 1733-1742, v.30/47
AD en ligne, Montalembert, BMS - 1733-1742, v.30/47
"Le seize may mille sept cent trente neuf est décédée et a été inhumée dans le cimetière marie marteau agée d'environ soixante et treize ans ou environ, en présence de jean rollan pierre raizon et jean couturier, ses gendres et françoise métayer sa fille et plusieurs autres parents et amis qui ont déclaré ne savoir signé."

Cet acte me donnait la mère de Marie Métayer : Marie Marteau. Née vers 1666, celle-ci est l'épouse d'André Métayer, qu'elle épousa le 26 avril 1694 en la même paroisse. Ce dernier mariage, filiatif, m'indiqua que Marie Marteau était la fille de René Marteau et de Charlotte Brothier.


Vous me suivez jusqu'ici ?

Bon. C'est là que ça se corse, comme on dit à Ajaccio (NdT : en français dans le texte).



Charlotte Brothier fait partie de la famille des Brothier de Chambes. Riches notables ou représentant de la petite noblesse poitevine, les Brothier se retrouvent fréquemment dans les anciennes chartes poitevines — il s'agit d'ailleurs d'une des plus vieilles familles du Poitou.
Charlotte, nous apprend le Beauchet-Filleau (tome 2, p.22), est la fille d'Étienne, sieur de Lavaud et de Rollière, et de Françoise Marteau.

Étienne, né vers 1593 et inhumé dans l'église de Voulême le 24 mars 1678, était le fils d'Antoine et d'Hilaire Bailliot. Enfin, pour conclure, Hilaire Bailliot fut la fille de Jean, sieur de Chambes, et de Marie de Chambes.


D'après de nombreuses sources, tant au sein du CGCP que sur internet, on m'indiqua la filiation de cette Marie de Chambes, épouse du sieur de Chambes. Elle descendrait du célèbre Jean de Chambes, chevalier, seigneur de Vilhonneur, conseiller et premier maître d'hôtel du Roi, qui épousa, le 17 mars 1446, Jeanne Chabot, fille de Thibaud, baron de la Grève, de Montsoreau et d'Argenton, et de Brunissonde d'Argenton, par ce biais :


La filiation de Marie à Jean de Chambes prête cependant à polémique.

Sans remettre en cause l'analyse de documents que je ne connais pas, je n'ai jamais vraiment su comment on arrivait à cette ascendance :


Marie ! Je suis... ton arrière-grand-père !
Cette famille de Chambes fut assez célèbre en son temps, puisque des descendants de Jean et de Jeanne Chabot, Charles de Chambes et Françoise de Méridor, deviendront les héros malgré eux du roman d'Alexandre Dumas, La Dame de Monsoreau (avec une erreur d'orthographe).

A partir de Jean de Chambes, ce n'est plus l'affaire du généalogiste amateur mais celui de l'historien.


Nous sommes tous Héritiers de l'Empire, vous ne croyez pas ?



Un remerciement tout spécial à Jean-Pierre, Jean-Claude, Gilbert et Alain, pour tout ça, mais pas que !

lundi 8 avril 2013

Grellaud, Henri (1798-1867)

Nécrologie des maires de Poitiers

On lit dans Le courrier de la Vienne et des Deux-Sèvres, n°97, jeudi 25 avril 1867 :

Les obsèques de M. Grellaud ont été célébrés hier à l'église Saint-Porchaire, sa paroisse. Une assistance très nombreuse était venue rendre le dernier hommage au défunt.
Les cordons du poêle funéraire étaient tenus par M. Bourbeau, chargé du décanat de la Faculté de Droit ; par M. Fortoul, premier président de la Cour impériale ; par M. Abel Pervinquière, professeur de droit et ancien bâtonnier de l'ordre des avocats, et par M. pastoureau, secrétaire général de la préfecture.
A la tête du cortège funèbre, on remarquait M. le recteur, M. l'inspecteur d'académie, et tout le personnel de l'administration académique. A la suite venaient également, en robes, MM. les doyens et professeurs des Facultés de droit, des sciences et des lettres, et de l'École de médecine, puis les membres du barreau de Poitiers.
Un concours nombreux de magistrats, de fonctionnaires publics, d'hommes honorables de la cité suivait le convoi de défunt. Un peloton de soldats rendait au légionnaire les honneurs militaires.
Avant de quitter le salon de la maison mortuaire, M. Bourbeau, maire de Poitiers, a prononcé un éloge funèbre que nous reproduisons et dans lequel il a fait connaître si complètement, grâce à son talent de bien dire, la vie, les labeurs et les mérites de son devancier dans la carrière des mêms fonctions publiques, que nous ne saurions rien y ajouter.
Voici le discours de M. Bourbeau :
Messieurs,
L'homme éminent dont nous déplorons la perte laissera des souvenirs durables dans cette ville choisie par lui, il y a quarante ans, comme un lieu favorable au développement des remarquables qualités de son esprit. Cette confiance dans l'avenir qu'il avait entrevu parmi nous n'a point été trompée. La ville à laquelle il était venu demander une bienveillance hospitalité, l'accueillit avec une prédilection dont sa carrière fait apparaître en les justifiant, les éclatants témoignages. Partout où son activité s'est portée, au barreau, dans l'enseignement, dans l'administration municipale, il n'a pas seulement brillé aux premiers rangs, les titres de cette suprématie conquise par son intelligence, lui ont été conférés par le suffrage de ses confrères ou par le choix du gouvernement. Avocat, il a été élu bâtonnier ; professeur à la Faculté de Droit, il l'a dirigée comme doyen ; membre du Conseil municipal, il a été élevé aux fonctions de maire.
Cette existence laborieuse et pénible à ses débuts, heureuse et facile dans la période de l'âge mûr, si triste et si douloureuse dans son inactivité, aux approches de la vieillesse, est digne d'être retracée pour éveiller chez plusieurs le sentiment d'une légitime reconnaissance, chez tous les regrets et les sympathies.
Henri Grellaud naquit le 30 novembre 1798 à la Flotte (Île de Ré). il fit au collège de La Rochelle ses premières études. Sans autre science que celle acquise au collège, mais d'un intelligence vive et ouverte à tous les enseignements, il se destina à la carrière du notariat et vint à Fontenay pour travailler dans une étude et suivre un cours spécial professé dans cette ville pour les aspirants aux fonctions de notaire. Le professeur était vieux et se faisait quelquefois suppléer par ce nouveau disciple qu'il avait distingué, et qui, à peine âgé de 20 ans, montrait pour les études de Droit une aptitude que développa rapidement la néessité d'enseigner aux autres la science qu'il étudiait pour lui-même. A l'âge de 22 ans, il remplaçait définitivement son maître qui l'avait choisi comme successeur ; et en 1821 il publiait un Commentaire de la loi du 25 ventôse an XI sur le notariat.
L'enseignement de Grellaud a laissé des souvenirs profonds parmi ceux qui l'ont recueilli, et faisait déjà pressentir la puissance de sa parole dans une chaire plus élevée. Mais cet enseignement, empreint de l'esprit libéral qui animait la jeunesse de l'époque, et ses opinions notaoires, suscitèrent au jeune professeur des difficultés et des obstacles. Il dut renoncer à sa chaire. Déjà marié, déjà père, dépourvu de fortune, n'ayant aucun grade acquis dans une Faculté, il vint à Poitiers étudier le droit après l'avoir enseigné, et de professeur écouté, se faire disciple attentif. En 1826, il fut reçu licencié en droit, docteur en 1829. Il avait désormais les instruments de sa fortune ; les concours lui étaient ouverts.
Cependant, une autre perspective vint se présenter à lui après la révolution de 1830. Il fut nommé le 7 septembre 1830 procureur du roi à Loudun ; quelques jours après il était appelé aux mêmes fonctions près le tribunal de Bourbon-Vendée ; mais il renonça à la magistrature pour devenir, le 16 octobre 1830, suppléant provisoire à la Faculté de Poitiers où une chaire et une suppléance étaient devenues vacantes.
Le 16 mai 1831, un concours s'ouvrit devant cette Faculté : Grellaud obtint la chaise de Code civil, aux applaudissements unanimes de l'École. Dire ce que fut son enseignement, imposerait l'obligation d'analyser les qualités de son esprit si vif et si pénétrant. D'une clarté remarquable d'exposition, curieux de théories nouvelles, mais sachant les apprécier à leur valeur, grâce à son discernement pratique et à son jugement droit et sûr, il brillait surtout par l'abondance et la grâce de sa parole, par la vivacité piquante de l'expression et le tour particulier qu'il savait donner à sa pensée. Il avait le don de plaire à la jeunesse, et ce penchant pour le professeur profitait à la science des élèves.
Nommé chevalier de la Légion d'Honneur en 1852, Grellaud devint doyen de la Faculté de Droit au mois d'octobre 1860. Sa bienveillance naturelle trouva l'occasion se produire dans l'exercice de cette autorité morale qui appartient au chef de la Faculté.
Grellaud s'était fait inscrire au tableau des avocats de Poitiers en l'année 1827. Il avait promptement acquis au barreau une renommée que justifiait son talent. Mais la tendance de son esprit le portait de préférence vers les études théoriques. Jeune encore, il renonça à la plaidoirie ; quatre fois il a été bâtonnier de l'ordre.
Depuis l'année 1848, Grellaud avait fait partie du Conseil municipal de Poitiers, lorsqu'il fut nommé maire en l'année 1855, puis membre du Conseil général de la Vienne ; il remplit ces honorables fonctions jusqu'en 1861. Il était arrivé au sommet le plus élevé d'une carrière rapidement et heureusement parcourue. Si son patrimoine ne s'était pas accru, les satisfactions d'un autre ordre, qui suffisent aux âmes généreuses, ne lui avaient pas manqué. Il pouvait entrevoir pour sa vieillesse prochaine le calme et le repos dans la dignité, si doux à ceux qui, dans l'emploi de leur activité, ont trouvé le droit d'y prétendre.
Mais ce n'était pas ce repos si doux à l'homme fatigué par le travail, qu'il devait rencontrer et dans lequel il devait s'endormir. Frappé dans ses affections par le mort de son gendre Minier, notre collègue que nous pleurions ici il y a quelques années à peine, il devait bientôt subir l'atteinte d'une lente maladie qui allait lui imposer une inertie plus douloureuse que les plus dures fatigues, en condamnant son corps à l'immobilité, et son esprit à l'inaction. Ah ! dans cette longue épreuve, les consolations ne lui ont pas manqué, son coeur affectueux a trouvé ses dernières joies dans l'assiduité dévouée de la tendresse filiale. Attaché par la maladie à cette maison devenue pour lui comme un lieu de réclusion ; étranger depuis quelques années au mouvement des affaires et aux intérêts publics dont il avait été le gardien ; presqu'inconnu de ces nouvelles générations d'étudiants qui en se succédant trouveront longtemps autour de sa chaire les échos de sa renommée, il vient de s'éteindre dans les bras de sa fille, associée aux tristesses de sa solitude ; soutenu par la religion, il a vu venir la mort avec calme et ses dernières paroles ont été l'expression affectueuse de la tendresse paternelle.
Pour nous qui l'avons connu dans l'éclat de son talent, qui avons recueilli ses leçons et qui sommes devenus ses collègues, nous venons dans ce dernier hommage honorer le professeur qui fut une des gloires de la Faculté de Droit de Poitiers. Quoique l'inactivité lui fût imposée par ses souffrances, il avait conservé son titre de doyen et sa chaire de professeur ; la mort seule a brisé les liens qui l'attachaient à cette École, théâtre de la victoire du concurrent et des succès du professeur ; et c'est à notre collègue et à notre chef, qu'au nom de la Faculté en deuil, nous adressons le suprême adieu.
De cette riche organisation il restera des souvenirs dont le trésor sera religieusement conservé. Les parents, les amis garderont le souvenir des qualités de son coeur et de son aimable et bienveillante nature. Nous, la famille universitaire, nous conserverons comme un titre d'honneur la renommée du professeur et la tradition de son enseignement.

samedi 6 avril 2013

Fradin, Jacques (ca 1659-1739)

Jacques Fradin, qui es-tu ?


Dans une branche sur laquelle je travaillais il y a un peu plus de 3 ans, je parvins à un cul-de-sac généalogique, qui concernait un certain Jacques Fradin.
Tout commençait par le mariage filiatif suivant, celui de Jean Crevellier et de Marie Fradin, le 18 mai 1718, à La Chapelle-Bâton (Vienne) :

AD en ligne 86, La Chapelle-Bâton, BMS - 1705-1734, v.44/122
Je ne tardai pas à trouver le décès de Jacques Fradin (prénommé Jean par erreur dans le mariage ci-dessus), personnage qui m'intéressait. Il fut inhumé dans cette même paroisse, le 3 avril 1739 :

AD en ligne, La Chapelle-Bâton, BMS - 1735-1747, v.28/86
AD en ligne, Enjambes,
BMS - 1711-1727, v.25/100
Cet acte d'inhumation me donnait une belle indication : avec 80 ans en 1739, Jacques Fradin devait avoir vu le jour vers 1659.

Concernant Marie Lusson, la filiation fut relativement aisée à trouver : en effet, au mariage de de Marie Fradin, on remarque la signature de Gabriel Lusson. Or, Gabriel Lusson — et je dois ce précieux renseignement au ge86, j'en profite pour renouveler mes voeux les plus sincères ! — se marie le 21 janvier 1716 à Enjambes (ancienne paroisse rattachée depuis à Lusignan, Vienne).

On remarque la présence de Jacques Fradin et de Marie Fradin, beau-frère et nièce de l'époux. Je tenais ainsi les parents de Marie Lusson. A noter comme indications sympathiques que Gabriel est garçon chapelier à la Mothe-Saint-Héray (Deux-Sèvres), et qu'il a un cousin germain : Antoine Izabois, qui me donneront sans doute matière à prolonger cette branche...

Enfin, en dernier lieu, je trouvais l'acte de baptême de Marie Fradin, à Civray (Vienne), le 21 octobre 1703, née de la veille :

AD en ligne, Civray, BMS - 1701-1705, v.68/111
Puis celui de Marie Lusson, dans cette même paroisse, baptisée le 11 mai 1664.



Quelque chose m'interpella à ce stade... Enfin, plusieurs choses :
  • Jacques Fradin avait environ 44 ans au baptême de sa fille ;
  • Marie Lusson en avait 39 ;
  • Pas de trace ni de l'un ni de l'autre avant le baptême de 1703 ;
  • Marie Fradin était une jeune fille précoce : elle signait au mariage de son oncle Gabriel Lusson à 13 ans !
Les âges ne m'apparaissaient pas en adéquation avec les couples de l'époque... Jacques Fradin et Marie Lusson avaient-ils eu une vie avant leur mariage ? Et puis d'abord, où et quand se sont-ils mariés ? Ça, ça me manque encore...



Et puis, je découvris l'acte de baptême de Jacques Fradin, du 26 août 1657, à Civray :

AD en ligne, Civray, B - 1648-1658, v.92/102
Bingo, à 4 ans près (il est né en 1655), je tenais le baptême de mon aïeul...

Les Fradin sont d'une famille très connue dans le Civraisien. Il s'agit là de la célèbre branche de Belâbre, dont le Beauchet-Filleau donne quelques indications intéressantes. Je contactai également Guillaume de Bellabre, qui tient un très bon site sur cette famille.

Originaire de Saint-Jean-d'Angély au début du XIVe siècle, la famille Fradin s'établit à Civray (pour la branche de Belâbre notamment) vers la seconde moitié du XVIe siècle.

Je l'ai déjà évoqué, on trouve un descendant de cette famille, Jacques Fradin, sieur de la Roche-d'Orillac, qui épousa la fille du pasteur Jacques Crozé au début du XVIIe siècle.  Son aîné, également prénommé Jacques,  fut écuyer et procureur postulant au siège de Civray en 1619, puis substitut du procureur du roi au même siège. Il épousa vers 1620 Françoise Tahourdin. puis Françoise Sansault, et eut du premier lit, entre autres, Jacques, troisième du nom, écuyer et sieur de Châtain, conseiller du roi et président et lieutenant général, enquêteur et commissaire examinateur au siège royal de Civray. Celui-ci épousa, le 11 novembre 1647, Gabrielle Pidoux, fille de Claude et de Marguerite Bouffard. Puis, veuf, il se remaria avec Marie Ague, dame de la Motte-le-Rous, le 31 mai 1660 à Brûlain (Deux-Sèvres) [1]

Petit plus, et c'est un détail que j'avais évoqué à Fred il y a quelques temps (au sujet d'un homonyme), Gabrielle Pidoux, épouse Fradin, fut la fille de Claude Pidoux, sieur de Nesdes et de Chailloux, capitaine au régiment du Poitou, et de Marguerite Richier, qu'il avait épousé en 1625. Vous le savez peut-être, Claude Pidoux à la particularité d'avoir comme cousine germaine une certaine Françoise Pidoux.
Née le 14 octobre 1582, au château de Montauglaust, à Coulommiers (Seine-et-Marne), elle était la fille de Jean, écuyer, sieur de Pierrefitte, de Teilloux et Chailloux, le plus connu de cette famille. Il fut médecin, comme son père, et accompagna Henri III en Pologne en 1571, fut un des quatre agrégés de la faculté de Paris en 1588, puis devint doyen de la faculté de Poitiers en 1594. Il fut le médecin d'Henri IV en 1589 puis du duc de Nevers.


Il maria sa fille Françoise à Louis de Jouy. Puis, veuve, elle épousa Charles de la Fontaine, maître général des Eaux et Forêts à Château-Thierry (Aisne) [2]. Elle fut ni plus ni moins la mère du célèbre fabuliste : bonjour, cigale, corbeau, renard et grenouille !

Poo Poo Pidoux !


Sauf que... Guillaume de Bellabre m'indiqua — à raison — que le Jacques Fradin en question, fut curé... Je tombais des nues, adieu, cigale, corbeau, renard et grenouille ! Ça m'apprendra à donner trop vite une filiation non justifiée à un cul-de-sac !



Le Beauchet-Filleau confirme cet état : Jacques Fradin, fils de Jacques et de Gabrielle Pidoux, fut curé de la paroisse de Surin (Vienne), puis à Saint-Pierre-d'Exideuil (Vienne). Voici le plus ancien acte trouvé :

AD en ligne, Surin, BMS - 1692-1706, v.1/34
Sa signature se retrouve jusqu'à un acte de baptême en date du 23 novembre 1692. Puis, sur la paroisse de Saint-Pierre-d'Exideuil, on le retrouve signant un acte de mariage en date du 22 octobre 1695, jusqu'au 2 avril 1697. Après, plus rien...



Extrait du testament de Pierre Vriet, Pasquet, 4E/58/144
Alors, quelle conclusion ? J'ai fait certainement fausse route en donnant une filiation sans justification à mon aïeul Jacques Fradin, qui, soit dit en passant, ne savait pas signer (contrairement à sa femme et à sa fille, qui elles, savent).

Le couple semble avoir eu une certaine importance : le curé Vriet, prêtre directeur des dames religieuses du couvent de Civray, fait de Marie Lusson sa légataire, le 12 janvier 1717, par testament reçu par Pasquet (4E/58/144). Jacques Fradin est dit marchand à Civray à cette date, et on le retrouvera l'année suivante à la Chapelle-Bâton, pour le mariage de sa fille.



Une affaire à suivre.



[1] Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, MM. Beauchet-Filleau et de Chergé, tome 3, p.565 et suivante ;
[2] Notice historique et généalogique sur la famille Pidoux, Oscar de Poli, 1901 ;

vendredi 5 avril 2013

Échevins de Poitiers (1550-1675)

Après avoir fouillé pour établir une liste des maires de Poitiers, du moins, depuis le début du XVIIIe, je me suis demandé s'il n'était pas possible d'en établir une concernant les échevins de Poitiers. Un échevin était, d'après Wikipedia, un magistrat chargé de la police et de la justice seigneurale. La charge d'échevin, dans certaines villes, y compris Poitiers, fut automatiquement anoblissante (de la noblesse dite "de cloche").
Par chance pour moi, la liste des échevins fut établie par Charles Babinet, et publié en 1896 dans les Mémoires des Antiquaires de l'Ouest (tome 19). Elle commence en 1372 pour finir en 1675, en notant toutefois que la charge d'échevin fut dissoute par un édit de 1667. Plusieurs tentatives furent amorcées pour compléter le personnel d'échevins entre cette date et la révolution, parfois couronnées de succès, mais seulement pour quelques années. En 1789, cette charge disparaît totalement, les fonctions d'échevins échouant aux conseillers municipaux.

La liste de M. Babinet comprend 425 échevins, j'ai choisi de limiter ma liste à la période "historique" (comprenez grosso modo le début des registres paroissiaux). Cet article comprend les échevins de 1550 à 1675, et concerne les n° 261 à 425 de la liste de M. Babinet. Les quelques biographies proposées sont tirées des 3 premiers tomes du "dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou", par MM. Beauchet-Filleau et de Chergé.



1550. Jean Pelisson, nommé le 27 juin 1550 au lieu de Joachim Arembert. Il meurt le 1er juillet 1558.



1550. Robert Irland, docteur ès lois, enseigna aux écoles pendant 66 ans, succéda à Charles de la Ruelle. Le "Docteur Écossais", se fixa à Poitiers vers 1510 et fut professeur en droit pendant 66 ans. Il fut l'époux de Claire Aubert, soeur de François, seigneur d'Avanton (voir ci-dessous). Mort le 6 février 1581 et enterré aux Cordeliers, il fut remplacé à la faculté de Poitiers par son fils, en 1579.
Blason du Grand Armorial d'Hozier : Jean Irland, chevalier, seigneur de Beaumont, conseiller du Roi, lieutenant criminel du Poitou : "d'argent, à deux fasces de gueules, surmontées de tois étoiles d'azur, rangée en chef".
C'est un aïeul de Pierre-Marie Irland de Bazôges, maire de Poitiers de 1807 à 1811.



1551. Michel Chausseblanche, sieur de Fressines, au lieu de Jean Crouzilles. Il fut maire de Poitiers en 1550. Il démissionna le 9 septembre 1559.



avant 1552. Robert ou Raoul d'Elbenne (dès 1543 d'après l'inventaire général), mort le 15 février 1552.



1552. Jean Rat, sieur de Salvert, nommé le 15 février 1552 à la suite du précédent. Mort le 13 mars 1556.



1552. Pierre Le Blanc, sieur de la Basinière et de Mortier, conseiller, nommé à la suite de François Porcheron. Mort le 18 décembre 1572.



1554. Jean Berthé, seigneur de la Chevrie, avocat, nommé le 18 février, au lieu de Jean Rogier. Il était procureur de la ville de Poitiers le 15 janvier 1541, ce fut en cette qualité qu'il fut exempté de servir au ban et arrière-ban convoqué cette année. Il fut maire en 1553 et décéda le 27 septembre 1555.
Blason : "d'argent à trois merlettes de sable" (Beauchet-Filleau, tome 1, p. 487).



1555. Pierre Masurier, nommé le 12 février succédant à François Doyneau. Mort le 30 août 1557.



1555. Jean Caillet, écuyer, seigneur de Clavières et de la Boulière, fit aveu de ce fief le 25 février 1548 au seigneur de Couhé (Vienne). Il était avocat à Poitiers en 1549 et fut maire en 1555 et 1559, où il fut élu par acclamation. Le 24 avril 1555, il protesta au nom des bourgeois de Poitiers, exempts de l'arrière-ban, dont on voulait méconnaître les privilèges. Il fut nommé échevin le 27 septembre 1555 à la place de Jean Berthé et mourut avant 1564. Il avait épousé Jean Le Queu, qui, étant veuve, fit aveu du fief d'Azac (Usson, Vienne).
Blason : "d'azur au lion rampant d'argent, armé, lampassé de gueules, et 3 cailles d'argent posées 2 en chef, 1 en pointe" (Beauchet-Filleau, tome 2, p. 104).



1555. Philippe Lucas, sieur de Montigny, avocat, au lieu de Jean Goislard le 18 octobre 1555. Maire en 1555, il est mort le 15 juillet 1564.



1556. Antoine de la Duguie, mon ancêtre, docteur ès lois, succédant à Jean Rat le 13 mars 1556. Il mourut le 18 septembre 1586.



1556. Nicolas d'Elbenne, seigneur de Lespinoux, fils de Raoul d'Elbenne, échevin à Poitiers en 1517, et de Marquise Arembert. Il fut nommé échevin le 10 décembre 1556 en remplacement de Guy Le Bascle, et c'est en cette qualité qu'il assiste au procès-verbal de la réforme de la Coutume du Poitou. Il fut élu maire en 1556 et était encore échevin en 1557, lorsqu'il est exempté en raison de sa qualité de ban et arrière-ban, et le Roi accorda aux habitants de Poitiers le même privilège. Il avait épousé Florence Favereau.
Blason : "d'azur à deux sceptres d'argent fleurdelisés en haut et racinés en bas, passés en sautoir" (Beauchet-Filleau, tome 3, p. 279).



1557. Guy d'Ausseure, sieur de la Cour, des Roches de Vendeuvre et de la Brosse-Guilgault, au lieu de Pierre Masurier. Fils de René, écuyer, ancien maire de Poitiers, et de Marguerite Tyndo, il prêta serment le 8 juillet 1546, comme assesseur en survivance de la charge de son père. Il reçut divers aveux depuis le 9 juillet 1559 jusqu'au 30 juin 1566, dus à sa seigneurie des Roches, dans lesquels il est qualifié de conseiller au Parlement de Paris. Il mourut sans postérité.
Blason : "d'azur au pélican d'or couronné de gueules, se becquetant la poitrine" (Beauchet-Filleau, tome 1, p.184 à 186).



1558. François Aubert, écuyer, seigneur d'Avanton (Vienne), fils de François, licencié ès lois, conservateur pour le Roi du quart du sel en Poitou, Saintonge, etc. et de Jeanne Clabat. Son père acquit la terre d'Avanton le 13 mars 1509, dont il rendit aveu le 15 avril 1541, était depuis l'année précédente conseiller du Roi à Poitiers. Il fut en 1544 conseiller an Parlement de Paris, et devint membre de la grande chambre. Le roi Henri II ayant créé en 1551 le titre de président de la sénéchaussée de Poitiers, Aubert fut appelé le premier à remplir ces fonctions éminentes. Lorsque la Coutume du Poitou fut réformée en 1559, Aubert fut chargé de la rédaction des articles que l'on crut devoir corriger. Il s'exprimait, disent les commentateurs ses contemporains, et particulièrement Constant, avec une précision et une netteté peu communes ; mais comme il écrivait fort mal, son travail se ressentit de ce défaut, et c'est à cette cause qu'il faut attribuer l'obscurité et l'ambiguïté qui existent dans les textes qu'il révisa. Reçu échevin de la commune en 1558, Aubert fut élu maire de Poitiers en 1564, et continua l'année suivante. Ce fut pendant l'une de ces deux années qu'il publia un "Règlement et ordonnance politique faicte sur les mestiers des boullangiers et meusniers tant en ceste ville et faubourgs de Poictiers que forains." Aubert avait été du nombre des juges qui, en 1562, condamnèrent Jacques Herbert, ancien maire de Poitiers, à être pendu, sous la prévention d'avoir favorisé l'entrée des protestants dans Poitiers, où ils avaient exercé les plus affreux ravages. François Aubert habitait une maison vis-à-vis de la Prévôté, solidement bâtie en pierres de taille, et dont la porte, flanquée sur la rue de deux espèces de grosses tours, était ornée des armes des Aubert et des Fumée. Il mourut le 24 octobre 1568, laissant Marie Leclerc, sa femme.
Blason : "de gueules au haubert en cotte de mailles d'or" (Beauchet-Filleau, tome 1, p.141).
Sa soeur, Claire Aubert, veuve de Mathurin Pidoux, sieur de Beaumont, fut l'épouse en secondes noces de Robert Irland (voir ci-dessus).



1558. Joachim Rogier, sieur de Migné, en remplacement de René Berthelot, le 9 juillet 1558. Maire en 1558 et mort le 10 août 1576.



1559. Pierre Maisonnier, avocat, succédant à Guillaume de Morennes le 9 avril 1559. Il mourut le 18 février 1587.



1559. Richard d'Elbenne, écuyer, seigneur de Quinsay, succédant à René Boisson de la Bousle le 9 avril 1559. Il était le fils de Raoul d'Elbenne, et de Catherine Buignon, demi-frère de Nicolas d'Elbenne (voir ci-dessus). Conseiller du Roi, lieutenant criminel à Poitiers, il fut l'époux de Renée Laisné en 1542 et acquit le fief de Soudun (Savigny-sous-Faye, Vienne) en 1555. Il fut du nombre de ceux qui se firent remarquer par leur bravoure à la défense de Poitiers en 1569. Il décéda dans sa maison, paroisse de Sainte-Opportune, et fut enterré, suivant sa demande, dans l'église Saint-Cybard, le 15 avril 1586 (Beauchet-Filleau, tome 3, p. 279).



1559. Maixent Poitevin, sieur de la Bidolière, avocat, au lieu de Michel Chausseblanche, le 9 septembre 1559. Il fut maire en 1566 et 1567 et mourut le 23 septembre 1596.
Son frère, Jean Poitevin, né vers 1520 et mort en 1565, fut un poète et un chantre de l'église catholique, actif à Poitiers au milieu du XVIe siècle.



1560. Jean Palustre, avocat du roi issu de Saint-Maixent, remplaçant Maurice Vernon. Il fut maire en 1560.



1561. Jacques Le Brethon, procureur au présidial de Poitiers, succédant à Robert Irland. Il fut maire en 1561 et mourut le 1er juin 1563.



avant 1562. Bellucheau, signalé comme échevin compromis avec le maire Herbert, pour avoir favorisé l'entrée des protestants en 1562 à Poitiers. Il prit la fuite lors de la reprise de cette ville par le maréchal Saint-André, échappa aux condamnations qui atteignirent ses complices et ne fut exécuté qu'en effigie.
Blason : "d'azur à une rose d'argent boutonnée de gueules, au chef d'argent à une tulipe fermée de gueules, tigée de sinople" (Beauchet-Filleau, tome 1, p.437).



avant 1562. Jean de la Haye, lieutenant général, était déjà échevin lorsqu'il acheva la mairie, en 1562, après l'exécution d'Herbet. Il fut tué le 24 juillet 1575.



1562. Simon Duval, médecin du duc de Montpensier, nommé sur sa recommandation et docteur régent en la Faculté de médecine de Poitiers. Il épousa Perrette Guérin et mourut le 19 septembre 1583.
Blason : "d'azur au chevron d'or, et 3 fleurs de lis d'argent" (Beauchet-Filleau, tome 3, p.274).



1563. Pierre Vidard, conseiller au présidial de Poitiers, succédant le 1er juin 1563 à Jacques Le Brethon. Il fut maire en 1563.



1564. Jean Bernegolau, sieur de la Viéville, licencé ès lois et enquesteur, remplaça Philippe Lucas le 15 juillet 1564. Il mourut le 25 juin 1596.



1566. Jean du Peyrat, mourut le 28 décembre 1583.



1567. François de Brilhac, écuyer, seigneur de la Riche, il était le fils de Jean de Brilhac, écuyer, sieur de Nouzières, maire de Poitiers en 1536, et de Catherine Aremberg. Conseiller au présidial de Poitiers, comparut comme avocat au procès-verbal de la réforme de la Coutume du Poitou en 1559, et fut ensuite lieutenant criminel en la sénéchaussée. Liberge, dans sa relation du siège de Poitiers, il fit le plus brillant éloge de sa bravoure et de sa conduite sous le nom de la Riche. Époux de Catherine Tubert, il mourut le 25 février 1598.
Blason : "d'azur, au chevron d'or chargé de 5 roses de gueules, accompagné de 3 molettes d'or" (Beauchet-Filleau, tome 1, p.778 & 779).



1568. François Rousseau, sieur de Traversonne, célèbre avocat. Il mourut le 12 décembre 1581.



avant 1569. Joseph Le Bascle, docteur en droit, célèbre pour la défense de Poitiers contre Coligny pendant sa mairie de 1569. Mort pendant sa mairie le 19 janvier 1589, en revenant des eaux de Pougues après les États de Blois.



1569. Roger Maisonnier. En décembre 1570, son successeur Jean Vidard fut confirmé par arrêt des commissaires pour la pacification des troubles.



1570. Hilaire Rogier, sieur de la Tour-Girard, conseiller au présidial. Il fut également maire la même année et décéda le 12 mai 1583.



1570. Antoine Morelon, sieur de la Rivière, avocat célèbre. Il décéda le 23 avril 1588.



1570. Laurent Chessé, marchand, bourgeois de Poitiers. Il était receveur de la ville en 1534 et rendit ses comptes à la Saint-Michel et à Noël. Il fut aussi commis à la recette des dons et octrois, pendant 2 années à partir de la Saint-Jean 1545, par ordre du lieutenant de la sénéchaussée, suivant un compte du 25 juin 1552. Le 12 juillet 1535, Geoffroy d'Estissac, prieur de Ligugé, lui céda le tènement des Cinq-Noyers, dépendant de ce prieuré, en échange de rentes sur la Millandrie. Pendant la Ligue, en 1570, il fut nommé échevin de Poitiers et acquit la noblesse pour lui et ses descendants. En 1572, il s'opposa à l'élection du maire.
Blason : "d'argent au chevron de gueules accompagné de trois merlettes de sable" (Beauchet-Filleau, tome 2, p.419).



1570. Joseph de Razes, sieur de la Foujassière et de Mauzay était procureur du Roi et fut nommé échevin le 10 mars 1570. Il mourut le 6 juillet 1605.



1570. Jean Vidard, sieur de Saint-Clair et de Saint-Généroux, procureur du roi, il succéda à Roger Maisonnier en décembre 1570. Il mourut le 5 février 1602.



1572. François Pastoureau, sieur de Rimbert, conseiller au présidial. Il succéda à Philippe Arembert le 10 mars 1572 et mourut le 25 avril 1577.



1572. Pierre Courtinier, sieur de Valençay (Antran, Vienne), receveur général des Finances à Poitiers en 1565, fut nommé échevin le 18 décembre 1572, au lieu de Pierre Le Blanc. Il fut élu maire en 1574 et semble avoir l'époux de Jeanne Desmier, comme l'indique une quittance délivrée par lui, au nom de son épouse, le 23 août 1568. Il fut du nombre des échevins qui prêtèrent serment à Henri III, le 14 juillet 1577 et mourut le 13 novembre 1586.
Blason : "de gueules à 6 annelets d"argent posés 3, 2 et 1, surmontés de 3 fers de lance de même rangés en chef, la pointe en bas" (Beauchet-Filleau, tome 2, p.695).



1575. François Delauzon, docteur ès droits, conservateur des privilèges. Il fut maire en 1573, puis nommé échevin le 27 juillet 1575 au lieu de Jean de la Haye. Il mourut le 15 juin 1595.



1575. Pierre Pidoux, sieur de Malaguet, Laleu et Méocq, marié à Jeanne Suzanne Guivreau, dame d'Aillé. Il fut le premier qui fut honoré de la charge de consul des marchands de Poitiers, créée en 1566, puis trésorier des finances (Notice historique et généalogique sur la famille Pidoux, Oscar de Poli, 1901). Maire de Poitiers, il fut nommé échevin le 1er octobre 1575 à la place de François Fumé et mourut le 20 février 1581. Son fils Pierre sera également échevin en 1590 (voir ci-dessous).
Blason de Joseph Pidoux, écuyer, seigneur de Malaguet (Armorial d'Hozier) : "d'argent, à trois frettes de sable, deux en chef et une en pointe".



1576. Raoul d'Elbenne, sieur de Lavau, conseiller au présidial, fils de Richard et de Renée Laisné, baptisé le 30 juillet 1540 à Poitiers, par. Sainte-Opportune. Il fut nommé échevin le 10 août 1576 pour remplacer Rogier, et maire la même année, et il était encore en charge lors du passage d'Henri III à Poitiers. En cette qualité, il lui prêta serment à la tête du corps de ville, le 14 juillet 1577. Il fut inhumé dans l'église de Sainte-Opprtune le 23 octobre 1587, devant la chapelle de Sainte-Catherine. Ses obsèques furent faites solennellement, indique le registre : "c'estoit un bon justicier et homme de bien". Il avait épousé Louise Prévost. (Beauchet-Filleau, tome 3, p.279 & 280).



1577. Pierre Rat, sieur de Salvert, président au présidial. Il fut nommé le 23 avril 1577 au lieu de François Pastoureau et fut maire la même année. Il mourut le 8 février 1593 à Niort, où il s'était réfugié durant la Ligue.



avant 1578. René Mourault, sieur de la Vacherie, assesseur civil. Il fut maire en 1578 et mourut le 6 août 1587.



1580. Gaucher de Sainte-Marthe, dit Scévole de Sainte-Marthe, naquit le 2 février 1536 à Loudun (Vienne). Poète et administrateur, il fut capitaine puis contrôleur des finances et trésorier de France. Il fut nommé échevin pour succéder à Jean Estivalle le 18 avril 1580. Maire en 1579, puis en 1601 par exprès commandement du Roi, qui en sa faveur rendit à la ville les privilèges suspendus. Il mourut le 4 avril 1623, et son éloge fut prononcé le 11 septembre suivant dans l'église de Saint-Pierre de Loudun, par le prêtre Urbain Grandier.



1581. René Arnoul, écuyer, sieur du Puy, Bouillet et la Berthonalière, marchand, nommé au lieu de Pierre Pidoux le 20 février 1581. En 1555, il était juge-consul des marchands à Poitiers et y fut nommé maire en 1580 ; il fut aveu de Bonillet le 17 juin 1781. C'est sans doute lui qui prêta à la ville 1000 écus pour la réception d'Henri III, suivant le compte des dépenses de l'hôtel de ville. Il fut l'époux de Marie Esquot.
Blason : "d'azur au chevron d'or, accompagné de trois conquilles d'argent, au chef de gueules, chargé de 2 étoiles d'or, ayant au milieu un croissant d'argent" (Beauchet-Filleau, tome 1, p.115).



1581. René Brochard, sieur de la Coussaye, conseiller au grand conseil, obtint les provisions de la charge de lieutenant général au présidial de Poitiers et y fut installé le 12 décembre 1575, remplaçant Jean de la Haye. Il fut nommé échevin, succédant, le 12 août 1581, à Pierre Le Vénier. Il mourut le 28 juillet 1586, avant d'avoir pu faire admettre en faveur de son fils aîné la résignation de sa charge de lieutenant-général, dans laquelle il fut remplacé par Charles Irland le 20 décembre 1619, moyennant la somme de 22000 livres. Fils d'Aymé Brochard, qui fut conservateur des privilèges royaux à l'Université de Poitiers (et qui assista à ce titre à la rédaction de la Coutume du Poitou) et échevin en 521, et de Anne de Sauzay, il fut l'époux de Jeanne Sain, de la ville d'Orléans.
Son fils René, sieur des Fontaines, maire de Poitiers en 1589, portait "d'or au chevron d'azur à trois fraises de gueules feuillées et tigées de sinople, posées 2, 1" (Beauchet-Filleau, tome 2, p.7).



1581. Barthélémy de Lavau, président en l'élection. Remplaçant, le 12 décembre 1581, François Rousseau, il fut également maire la même année. Il mourut le 18 septembre 1586.



1583. Jacques Fouquet, écuyer, sieur de la Barre et de la Fourchelinière. Il succède à Hilaire Rogier le 12 mai 1583. Conseiller au présidial en 1570, il fut maire de Poitiers en 1682. Il arrenta la Jarrie à Pouzioux (Vouneuil-sous-Biard, Vienne) le 29 mai 1584. Il avait épousé Anne Audebert.
Blason : "d'azur à 3 flammes d'or en devise et une étoile de même en abîme" (Beauchet-Filleau, tome 3, p.545).



1583. Louis de Sainte-Marthe, avocat du roi puis lieutenant général, remplaçant Simon Duval le 19 septembre 1583. Il fut maire la même année et mourut le 16 avril 1610.



1583. Georges Baron, avocat, au lieu de Jean du Peyrat le 28 décembre 1583. Il mourut le 26 octobre 1608.
Blason : "d'azur au lion d'or lampassé de gueules issant d'un chevron d'argent, accompagné en pointe d'une étoile d'or" (Beauchet-Filleau, tome 1, p.292).



1586. René Boisson, sieur de la Bousle et de Saint-Lambert, conseiller du présidial en 1576, qu'il résigna en 1599. Il fut nommé échevin, remplaçant à Richard d'Elbenne en avril 1583. Il fit placer ses armes sur la porte de sa maison située au-dessous de l'église Saint-Paul. Maire en 1587, il mourut le 9 juin 1599.
Blason : "d'azur au chevron d'or chargé de 5 aiglons de sable, accompagné de 3 colombes d'argent membrées, becquées de gueules" (Beauchet-Filleau, tome 1, p.594).



1586. François Palustre, sieur de Champbonneau, conseiller au présidial, au lieu de René Bochard, le 28 août 1586. Il fut tué dans une sortie contre les partisans du roi le 17 février 1592.



1586. Florentin du Ruau, marchand, maire en 1586, il succéda à Antoine de la Duguie, le 18 septembre 1586 et mourut en août 1605.



1586. Antoine Bouchet, avocat. Il succéda le 18 septembre 1586 à Barthélémy de Lavau. Il mourut le 5 mars 1590.
Blason : "d'argent au chevron d'azur et 3 roses de gueules" (Beauchet-Filleau, tome 1, p.655).




1586. Claude Garnier, sieur de la Mortière, conseiller assesseur au conservateur, remplaçant Pierre Courtinier le 13 novembre 1586. Il mourut le 19 août 1611.



1587. François Barraud, était en 1573 enquesteur-examinateur à Poitiers. Il serait, dit-on, originaire de Touraine. Il remplaça le 18 février 1587 Pierre Maisonnier et mourut sans hoirs en 1595.
Blason : "d'azur à la croix d'or cantonnée de 4 soleils de même" (Beauchet-Filleau, tome 1, p.296).




1587. Louis de la Ruelle, docteur, régent ès lois. Il mourut le 8 octobre 1590.



1587. Jacques Clabat, sieur de Puyterra, conseiller au présidial, remplaça René Mourault le 6 août 1587. Maire en 1587, il mourut en septembre 1588.
Blason : "d'argent au loup de sable rampant, armé d'or, et une fasce de gueules chargée d'un croissant d'argent brochant sur le tout" (Beauchet-Filleau, tome 2, p.503).



1587. Jacques Le Tillier, conservateur des privilèges, succéda le 5 novembre 1587 à Raoul d'Elbenne. Il mourut en mai 1605.



1588. René de Brilhac, sieur du Parc, conseiller au présidial de Poitiers en 1573 et au moins jusqu'en 1607, fils de Jean et de Catherine Arembert. Il succéda à son père le 12 février 1588 (le Beauchet-Filleau mentionne la date de 1573). Le 10 avril 1614, il assista à la réunion pour élire les députés du Poitou aux États de Sens. Comme son père, il tint un journal de famille de 1573 à 1622. Il fut marié le 30 octobre 1570 à Madeleine Fumé. Il mourut le 30 mars 1623 et fut remplacé par son fils François (Beauchet-Filleau, tome 1, p.781).



1588. Antoine Dupré, écuyer, sieur de la Grève (Vendeuvre-du-Poitou, Vienne), Larnay (Biard, Vienne) et de la Citière. Il fut greffier en chef du bureau des finances de Poitiers en 1578-1586, puis trésorier de l'extraordinaire des guerres en 1587, puis trésorier de France en 1593. Il fut nommé échevin au lieu d'Antoine Morelon le 23 avril 1588 (le Beauchet-Filleau le fait échevin depuis 1582). Il fut marié vers 1570 à Jeanne Dalenson et mourut le 9 février 1611.
Blason : "d'azur au lion éviré d'or, lampassé de gueules et armé de sable" (Beauchet-Filleau, tome 3, p.247).



1588. René Chessé, écuyer, sieur de la Bussière et du Verger de Marconnay, était le fils puîné de Laurent (voir ci-dessus). Il fut conseiller en l'élection de Poitiers et succéda en septembre 1588 à Jacques Clabat. Il eut de grand procès avec Gabriel de la Rye, chevalier, époux de Marie Cathus, pour une maison à Poitiers le 27 mars 1587. Il avait épousé, à la Rochelle, vers 1560, Jeanne Thévenin (Beauchet-Filleau, tome 2, p.422).



1589. Jean Maignen d'Aillé, secrétaire du Roi, remplaçant Joseph Le Bascle le 19 janvier 1589. Il mourut le 12 août 1638.



1590. René Brochard, sieur Desfontaines, fils de René et de Jeanne Sain (voir ci-dessus), né vers 1556. Reçu conseiller au Présidial de Poitiers au lieu de son frère Claude, il fut maire en 1589 et membre du conseil particulier de la Ligue. Ce fut pendant sa mairie que les habitants démolirent le château dont il ne reste plus qu'une des tours au pont Guillon (Porte de Paris). Nommé échevin le 5 mars 1590 en remplacement d'Antoine Bouchet, il fut député aux États de 1614 et mourut le 12 août 1648 à l'âge de 92 ans. Il était alors le doyen des échevins de Poitiers, et l'était dès 1621 du Présidial, lorsqu'il céda sa charge de conseiller à M. de Goret, sieur des Saules ; il fut aussi capitaine en chef de la compagnie de milice bourgeoise qui avait son quartier à la Celle. René épousa Jeanne d'Elbenne, fille de Nicolas et de Florence Favereau (voir ci-dessus), décédée deux mois avant lui : il la fit inhumer dans l'église de Sainte-Opportune, dans le tombeau de René Brochard, son père, où lui-même fut déposé après son décès (Beauchet-Filleau, tome 2, p.7).



1590. François Humeau, médecin, nommé le 14 mars 1590.



1590. François Berthé, procureur et clerc aux fiefs pour le Roi. Il portait pour blason : "d'argent au chevron d'azur, accompagné en chef de deux coeurs de gueules et en pointe d'un taureau passant de sable" (Beauchet-Filleau, tome 1, p.487).



1590. François Nivelet, sieur de Chanteguin, avocat. Il mourut le 19 mars 1618.



1590. René Blaye. Il mourut le 29 mars 1608. Blason : "d'argent à un château aux trois tours girouettés, pigeonnées et crénelées de sable, une sentinelle d'or sur la porte" (Beauchet-Filleau, tome 1, p.549).




1590. Mathurin Reys, sieur de Souslines, avocat. Il mourut le 12 septembre 1509.



1590. Louis Banchereau, sieur de Puychevrier. Il mourut le 11 mars 1614. Il serait, d'après Beauchet-Filleau, le père de Gilbert Banchereau, né le 12 janvier 1574, qui fut un poète dont les succès littéraires furent célébrés par ses contemporains.
Blason : "d'azur à une fasce d'argent chargée de 3 merlettes de sable, accompagnée en chef de 2 étoiles d'or et en pointe d'un croissant d'argent." (Beauchet-Filleau, tome 1, p.254).




1590. Mathurin de Belleville, fils de Michel, avocat au présidial de Poitiers, et de Marie de Tusseau. Il est cité dans un acte de notoriété comme exerçant la charge d'avocat au présidial de Poitiers depuis 33 ans. Membre du conseil de la Ligue en 1589, il fut nommé échevin le 20 mars 1590, puis maire en 1592 et mourut le 29 mars 1602.
Blason : "d'azur au chevron d'or à trois losanges d'argent, deux en chef et l'autre en pointe, avec cette devise : « Honor et oeterna quies »" (Beauchet-Filleau, tome 1, p.428).




1590. Pierre Pidouxchevalier, sieur de Malaguet, Laleu, Méocq, fils de Pierre et de Jeanne Suzanne Guivreau (voir ci-dessus). Il se distingua par son attachement à la Ligue et son ardeur contre le parti protestant, lors des évènements de la minorité de la Louis XIII. Il tint tête aux Huguenots, dont les chefs étaient les Sainte-Marthe, et au gouverneur du Poitou, Sully, et son dévouement à la cause catholique et royaliste était si connu que Louis XIII l'imposa comme maire à la ville de Poitiers en 1613, et, trois ans après, le remplaça par son neveu Pierre Lambert, sieur de la Grange, puis par son fils Jean Pidoux, en 1618. Il mourut le 6 mars 1635, âgé dé 85 ans; son épitaphe se voit au musée de Poitiers. Sa femme, Marguerite Duvel, lui survécut de quelques années (Notice historique et généalogique sur la famille Pidoux, Oscar de Poli, 1901).



1590. François Dubois, commissaire et enquêteur examinateur près la sénéchaussée présidiale de Poitiers, il fut installé le 13 février 1582 comme conseiller au dit présidial,. Ce fut peut-être lui qui fut maire de Poitiers en 1588, mais il devint sûrement en 1590 et fut nommé échevin le 8 octobre de la même année. Il fut l'époux de Renée Lesueur.
Blason : "d'argent au lion de gueules, accompagné de 3 glands de sinople, 2 et 1" (Beauchet-Filleau, tome 3, p.191).



1592. Jean Chevalier, nommé le 17 février 1592. Il était enquesteur et receveur des décimes lors de son élection de maire le 17 février 1591. Depuis, il se fit conseiller au Présidial, comme le souligne un passage du Journal de Jean de Brilhac : « Le 11 février 1595, M. Jan Chevalier ci-devant enquesteur en ce siège, a pris possession de l'estat de conseiller vacant par la résignation de M. Négrier, conseiller ». C'était, disent ses contemporains, un homme d'un grand mérite. Il fit rebâtir pendant sa mairie la Porte de la Tranchée et relever la croix de pierre de la place Notre-Dame que les protestants avaient renversée en 1562.
Dans une lettre adressée en 1607 par le corps de ville à M. de la Gueste, conseiller au Parlement de Paris, il annonce à ce magistrat qu'il « lui députe M. Chevalier, l'un des plus anciens pairs et échevins de la ville, conseiller au Présidial, et l'un des capitaines de la milice bourgeoise, qui dans ces trois honorables fonctions a toujours bien mérité la reconnaissance publique ». Ce fut sans doute lorsqu'il fut délégué par la ville et le Présidial pour s'opposer en leur nom à l'érection de Thouars en duché-pairie, qu'il lui fut délivré un pareil certificat d'honorabilité. Sa mission échoua en partie, mais il réussit tout au moins à empêcher la distraction du ressort.
Déjà échevin de la Ligue, il remplaça son lieutenant Palustre Chambonneau et, en cette qualité, mit sur pied à ses frais des compagnies de cavalerie pour défendre la ville contre les troupes royales en 1612 et 1614. Il se retira avec les Sainte-Marthe dont il avait épousé la querelle. Il ne revint à Poitiers avec ces derniers qu'en 1616, en vertu de la lettre du roi du 29 juillet et mourut le 7 mars 1620.
Blason : "de gueules à deux épées d'argent en sautoir, aux gardes et poignées d'or, au heaume d'argent posé de profil, en pointe". Devise : "Sat rationis in armis" (Beauchet-Filleau, tome 2, p.428).



1593. Philippe Laisné, docteur ès lois.



1593. Adam Blackwood, fils de Guillaume et d'Hélène Reïd (nièce de Robert Reïd, évêque des Îles Orcades, et chef du Parlement d'Écosse), il naquit à Dumferling en Écosse, en 1539. Il était à peine âgé de 10 ans lorsqu'il perdit sa mère. Robert Heïd, son grand-oncle, l'envoya à Paris. Etant retourné en Ecosse vers 1560 pour y recueillir les débris de sa fortune et n'y ayant trouvé que guerre, trouble et confusion, il revint en France continuer ses études. Marie Stuart, qui avait le Poitou pour son douaire, lui donna un office de conseiller au Présidial de Poitiers, où il épousa, le 31 mai 1576, Marie Courtinier, fille de Nicolas, receveur général en Poitou ; il devint plus lard le conseiller secret et intime de cette malheureuse princesse, et se montra, au milieu de ses infortunes, son serviteur fidèle et dévoué. On trouve la liste des oeuvres latines et françaises d'Adam Blackwod qui furent réunies en 1644, par les soins de Gabriel Naudé, dans la Bibliothèque historique du Poitou de Dreux du Radier. Marie Courtinier était morte laissant 4 garçons et 7 filles. Adam se remaria, le 13 février 1600 avec Françoise Baron ; elle vivait encore le 4 mai 1627. Adam Blackwod mourut à Poitiers le 16 avril 1613, âgé de 74 ans, et fut inhumé près de son frère, dans l'église de Saint-Porchaire.
Blason : "d'azur à une fasce d'or accompagnée en chef d'un losange d'argent à dextre, d'une étoile d'or à sénestre, et en pointe d'un croissant d'argent, écartelé de gueules à une tête de cerf d'argent, posée de profil" (Beauchet-Filleau, tome 1, p.540)



1593. Esprit Guérin, sieur de Chaulmes, avocat. Il mourut le 17 juin 1609.



1593. Pierre Ardon, « soldat de fortune, de bas-lieu mais homme de coeur et expérimenté, fut sergent major des troupes de la ville ». Il disparaît des registres en 1603.
Blason : "d'azur au chevron d'argent, accompagné de 3 soleils d'or" (Beauchet-Filleau, tome 1, p.96).




1595. Maurice Roatin, sieur de la Sigogne, conseiller. Il fut maire en 1594 puis fut nommé  échevin au lieu de François Delauzon le 15 juin 1595. Il mourut le 13 juillet 1615.



1596. René Rousseau de la Parisière, président du bureau des finances, maire en 1595. Il remplaça Bernegoyau le 25 juin 1596 et mourut le 22 juillet 1610.



1596. Philippe Jouslard, sieur des Ombres, maire en 1596. Il succéda le 23 septembre 1595 à Maixent Poitevin. Il mourut le 18 février 1612.



1598. François Fumé, écuyer, sieur de la Foy-Jaulnay, Châteaucouvert. Il acheta le 4 novembre 1559, de Berthomé Garnier, seigneur de la Rochereau, pour le prix de 900 livres, la maison et la métairie de Galmoizin (Saint-Maurice-la-Clouère, Vienne). Il fut reçu, après examen, conseiller au présidial de Poitiers le 22 septembre 1586 et député auprès du roi en 1594 pour prêter serment de fidélité à Sa Majesté au nom de la ville de Poitiers. Il fut remplacé au présidial de Poitiers en 1595 et devint trésorier au bureau des finances, puis maire en 1597. Il succédant à la charge d'échevin, le 25 février 1598, au lieu de François de Brilhac. Il fut l'époux de Catherine Palustre et mourut en novembre 1626.
Blason : "d'argent à six losanges de sables posés 3, 2 et 1" (Beauchet-Filleau, tome 3, p.635 & 636).



1599. Marc Jarno, sieur du Pont et du Lac, conseiller au Présidial de Poitiers, fut maire en 1598. Il succéda le 9 juin 1599 à René Boisson et mourut en février 1627. Époux d'Hélène Vidard, on relève le baptême de deux de ses enfants, Françoise, baptisée le 23 mars 1589 à Sainte-Opportune, et Catherine, baptisée à Saint-Didier le 8 février 1595.




1599. Jean Martin du Courtiou et de Mirebrelin, fut maire en 1599. Il remplaça, le 3 décembre 1599, François Dubois. Il mourut le 20 février 1609.



1602. François Dreux, écuyer, sieur des Barres, Périgné et Montrollet, fils de Simon et de Marie Clabat. Maire en 1602, il fut nommé échevin le 5 février de la même année au lieu de Jean Vidard. Il acquit, en 1607, la seigneurie de Montrollet (Charente), pour 30000 livres, de Jean des Monstiers, chevalier, seigneur vicomte de Mérinville, et il fit hommage de ce fief à la Tour Maubergeon en 1608. Il fut l'époux de Marguerite Gobin, marié le 22 février 1593 par contrat reçu par Beugnon et Simonneau (notaires à Fontenay-le-Comte). Il mourut le 12 février 1616 et fut inhumé à Sainte-Opportune.
Blason de la famille Dreux-Brézé : "d'azur au chevron d'or, deux roses d'argent en chef, un soleil d'or en pointe" (Beauchet-Filleau, tome 3, p.174).



1602. François Gruget, trésorier de France, fut maire en 1600. Il succéda le 29 mars 1602 à Mathurin de Belleville. Il mourut le 12 octobre 1609.



1605. André Richard, sieur de la Roche de Brandes, trésorier de France à Poitiers. Maire de Poitiers en 1603, il fut nommé échevin au lieu de Joseph de Razes. Il mourut le 14 octobre 1636.



1605. Jean Goguet, sieur de la Rochegraton, trésorier de France. Il fut maire en 1604 puis pourvu échevin le 13 juillet 1605 au lieu de Jacques Le Tillier, après sa mort.



1605. Emery Regnault, sieur de Traversay, président du Présidial de Poitiers, fut maire en 1605 et nommé échevin en août 1605 pour succéder à Florentin du Ruau. Il mourut le 12 juin 1617.



1608. René de La Lande, trésorier de France. Il fut maire en 1606 puis remplaça le 2 avril 1608 René Blaye. Il mourut le 16 mars 1640.



1608. Jean Constant, sieur de Chaumont, naquit le 21 octobre 1561. Il fut l'un des députés envoyés par la ville de Poitiers près de Henri IV en 1590. Ayant suivi comme avocat les audiences du Parlement, il fut nommé en 1603 avocat du Roi au Présidial de Poitiers. Mais il céda plus tard sa charge à son fils, pour se consacrer en entier à son grand ouvrage sur la Coutume de Poitou. Ce travail qui fut publié à Poitiers en 1639 a été justement estimé par tous les jurisconsules de cette époque. Maire en 1607, il fut nommé échevin le 27 octobre 1608 au lieu de Georges Baron.Il mourut le 21 janvier 1630, âgé de 89 ans, et fut inhumé dans la chapelle fondée par sa famille dans l'église des Jacobins. Marié vers 1690 à Anne Falaiseau, sa fille Suzanne épousa, par contrat du 23 janvier 1614, reçu par Gautier, Pierre Guyon, futur échevin.
Blason : "d'argent au palmier terrassé de sinople". Devise : "Nune patriar mihi cura dubit" (Beauchet-Filleau, tome 2, p.594).



1609. Mathieu Barbarin, devint sieur de la Resnière par adjudication de cette maison noble et du fief de la Barangerie pour le prix de 10000 livres le 11 décembre 1606. En ce temps-là, il était conseiller au Présidia et assesseur criminel depuis 1599l. Maire en 1608, il fut nommé échevin le 20 février 1609 au lieu de Jean Martin. En 1614, il fut mêlé à toutes les brigues et émeutes qui eurent lieu dans la ville de Poitiers, et, allié aux Sainte-Marthe (il avait épousé Catherine de Sainte-Marthe), les suivit dans leur retraite et ne revint qu'en 1616. Leurs bien confisqués leur furent rendus et ils furent réintégrés dans leurs charges. Le 21 janvier 1619, il transigeait avec Berloton, prieur-curé de Mezeaux, au sujet du droit des dimes des agneaux, etc. prétendus par ce dernier sur l'hôtel de la Resnière. Il mourut le 3 septembre 1623 (Beauchet-Filleau, tome 1, p.261).



1609. François Laiguillier, sieur de Pernan et de la Bessonnière. Maire en 1609, il fut fait échevin le 12 septembre de la même année en succédant à Mathurin Reys. Il mourut en janvier 1631.



1609. Gilles Le Tillier, doyen de Saint-Pierre, fameux avocat. Il succéda à Gruget le 12 octobre 1609 et mourut le 2 décembre 1625.



1610. Mathieu Vidard de Saint-Clair, procureur du roi, nommé échevin le 17 avril 1610 au lieu de Louis de Sainte-Marthe. Il mourut en juillet 1629.



1610. Nicolas Sochet, sieur de la Charoulière. Maire en 1610, il fut nommé échevin au lieu de René Rousseau le 27 juillet de la même année. Il mourut le 23 août 1634.



1611. Joseph Maisonnier, sieur de la Robinière, avocat. Il succéda le 16 février 1611 à Antoine Dupré. Il mourut le 8 août 1628.



1611. Jean Rougier, sieur des Moulins, receveur général du taillon. Maire en 1611, il remplaça le 19 août Claude Garnier.



1612. Charles Rougier, conseiller au Présidial. Nommé échevin le 18 février 1611 au lieu de Jouslard. Il mourut le 27 mars 1628.



1613. Pierre Peyraud, conseiller. Maire en 1612, il fut nommé échevin le 24 avril 1613 au lieu d'Adam Blackwood. Il mourut le 21 juillet 1644.



1614. Nicolas de Sainte-Marthe, lieutenant général au présidial. Maire en 1613, il remplaça le 11 mars 1614 Banchereau. Il mourut le 6 février 1645.



1615. Pierre de Brilhac, sieur de Nouzières et de Bernay, fils de Pierre et de Catherine Thubert. Il fut installé, le 13 mars 1598, dans la charge de lieutenant criminel, dont son père s'était démis en sa faveur ; mais comme il n'avait pas encore les 30 ans révolus exigés par l'ordonnance de Blois, il est dit qu'il ne pourra siéger que lorsqu'il aura atteint l'âge requis ; pourtant l'année suivante il obtint du Roi des lettres de dispense d'âge. Il fut élu maire de Poitiers en 1614, à la place de Nicolas de Sainte-Marthe, obligé de quitter la ville à la suite du duc de Roannez. Par la suite, il fut nommé échevin le 13 juillet 1615 au lieu de Maurice Roatin. Lors du passage de Louis XIV à Poitiers en 1614 et 1615, il eut l'honneur de recevoir ce prince eu sa maison. Le portrait de Pierre de Brilhac existe au musée de la ville. Il avait épousé, le 29 avril 1600, Geneviève Duphé, fille de Claude, trésorier de France en Saintonge, et de Catherine Razin. Il mourut le 26 décembre 1649 (Beauchet-Filleau, tome 1, p.779).



1616. Jean Thubert, conseiller au Présidial. Il fut nommé le 19 février 1616 en remplacement de François Dreux. Il mourut le 2 mars 1625.



1617. Pierre Lambert, sieur de La Grange. Maire en 1616, il remplaça le 12 juin 1617 Regnault. Il mourut le 22 août 1647.



1618. Isaïe Brochard, sieur de la Clielle, conseiller du roi en ses conseils d'état et privé, fils de Pierre et de N. Rosny. Il fit aveu du fief de la Clielle (Andillé, Vienne), le 4 septembre 1623, venu de ses père et aïeul). Il fut chevalier de l'ordre de Saint-Michel, conseiller d'Etat et maître d'hôtel du Roi, ambassadeur à Florence et à Venise, et fut chargé de porter au pape une lettre de Henri IV, le 9 août 1594.
Maire en 1617, il fut nommé échevin au lieu de Fortuné Nivelet le 19 mars 1618. Il épousa, par contrat du 2 février 1599, Charlotte de Moulins, veuve de Claude Brochard et mourut le 8 septembre 1634.
Nous avons dû à feu M. Bonsergent les deux lettres suivantes adressées par Louis XIII à Isaïe Brochard ; elles témoignent de l'estime de ce prince pour notre Poitevin :
« Mons. de la Clielle. J'ai eu à plaisir d'entendre que vous ayez esté admis à la charge de maire de ma ville de Poictiers, et que vostre élection ait esté faicte avec le gré et applaudissement de tous mes subjects d'icelle. Je me l'estois bien ainsi promis, soit pour le désir que j'avois faict paroistre d'estre servy de vous en ladicte charge, soit pour la considération de votre personne que je sçay avoir grand'créance et auctorité en ma ditte ville, dont j'espère aussi recueillir le fruict et tirer le service que je me suis proposé, et que vous en useriez selon vostre prudence pour y maintenir mes diets subjects en repos et tranquilité soubs mon observance, à quoi je vous exhorte encore de travailler et de contribuer tout ce qui sera de votre soing et vigillence pour les faire vivre ensemble en union, concorde et amitié comme bons concitoyens, vous asseurant que me rendrez en ce subject service très-agréable que j'auroy en singulière recommandation pour vous en reconnoistre en toutes occasions qui se présenteront. Sur ce, je prie Dieu, Mons. de la Clielle, vous avoir en sa sainte garde. Escript à St-Germain-en-Laye, le VII juillet 1617. Signé Louis ; plus bas, Phelypeaux. » Au dos est écrit : « A Mons. de la Clielle, conseiller en mon conseil d'Estat. »
« Mons. de la Clielle, j'ay esté bien aise d'aprendre l'élection qui a esté faicte du chanoine l'Esguillon pour tenir la charge de capitaine ecclésiastique qui estoit vaccante en ma ville de Poictiers, suivant la recommandation que j'en avois faicte au corps dicelle, et que, en suite de ce, tous l'ayés installe et estably en la fonction et exercice de laditte charge. A quoi j'ai sceu que vous avez contribué ce qui pouvoit déppendre de vous, dont j'ay tout contentement ; mais je suis bien informé qu'il y a eu aucuns particuliers habitants de laditte ville qui n'ont pas aporté le respect qu'ils debvoient rendre à ce qu'ils ont peu reconnoistre en cela de mes volontés et intentions. Je veux néantmoins croire qu'ils en useront mieux à l'avenir et avec plus de considération qu'ils n'ont fait, et ne doutte point que vous ne les disposiez toujours autant que vous pourrez pour les en rendre capables. Je vous prie an reste de continuer à prendre soing du bien et repos de ma dicte ville ainsy que vous avez fait jusques icy, vous asseurant que je ne perdray aucune occasion de reconnoistre les services que vous me rendrez par de là. Sur ce, je prie Dieu, Mons. de la Clielle, vous avoir en sa sainte garde. Escript à Paris, le XI d'aoust 1617. Signé Louis, et plus bas, Phelypeaux. » Au dos est écrit : « A Mons. de la Clielle, conseiller en mon conseil d'Estat et maire de ma ville de Poitiers. »
Il portait : "d'or à l'aigle éployé de sable, patté et becqué de gueules, chargé en coeur d'un écusson d'or à trois fraises ou brocs de gueules feuillés de sinople, posés en pal". Devise : Pascunt sic dulcia fortes (Beauchet-Filleau, tome 2, p.6, 7 & 8).



1620. Jean Pidoux, écuyer, sieur du Malaguet, fils de Pierre et de Marguerite Duvel. Le 29 décembre 1599, son père acheta pour lui, moyennant 1500 écus, la charge de conseiller au parlement de Bretagne de Philippe Rousseau, écuyer, sieur de la Cave. Le 31 décembre 1601, il épousa Françoise Bouhier, nièce de Vincent Bouhier de Beaumarchais, capitaine des tentes et pavillons du roi, trésorier de l'épargne et conseiller au conseil privé. Maire en 1618, il devint échevin en remplacement de Jean Chevalier, le 9 mars 1620. Il devint le doyen des échevins et mourut le 28 janvier 1656 (Notice historique et généalogique sur la famille Pidoux, Oscar de Poli, 1901).



1623. François de Brilhac, sieur du Parc et de Boisvert, fils de René et de Catherine Arembert. Maire en 1619, il succéda à la charge d'échevin de son père le 30 mars 1623. On dit qu'il fut maître d'hôtel du Roi. Marié, le 30 janvier 1611, par contrat reçu par Busseau et Chauvet) à Marie Alexandre, il mourut le 17 octobre 1647 (Beauchet-Filleau, tome 1, p.781).



1623. Charles Boynet, sieur du Plessis-Fressinet et du Palais, fils d'Étienne et de Renée d'Elbenne (fille de Guillaume, sieur du Fressinet). Il fut conseiller au grand conseil en 1594, puis en 1618 président du Présidial et conseiller honoraire du grand conseil. Maire en 1620, il devint échevin le 4 avril 1623 en remplacement de Gaucher de Sainte-Marthe. Époux de Virgile Rat, morte en 1628, il mourut le 22 septembre 1632 et est inhumé à notre Dame-la-Grande.
Blason : "d'argent au taureau de gueules, au chef d'azur", substitué par "d'argent au lion de gueules et au chef d'azur" par les successeurs de Pierre Boynet, échevin en 1530. La devise fut : "Oculis vigilantibus erit" (Beauchet-Filleau, tome 1, p.716).



1623. Jacques Mayaud, sieur du Poiron, procureur du roi au Présidial. Maire en 1622, il remplaça Barbarin le 3 septembre 1623. Il mourut le 14 juin 1659 et fut inhumé en la paroisse Saint-Michel le lendemain.



1625. René Thoreau, sieur de la Grimaudière, trésorier de France. Maire en 1621, il remplaça Jean Thubert le 26 mars 1625. Il mourut le 17 octobre 1638.



1625. Jean Poussineau, trésorier de France. Maire en 1623, il succéda le 2 décembre 1625 à Gilles Le Tillier. Il mourut le 7 septembre 1651 et est inhumé le lendemain dans l'église des Augustins.



1626. René Beugnon, sieur de la Tousche, était conseiller au Présidial de Poitiers en 1614, et l'un des bourgeois de la maison commune de Poitiers. Maire en 1624, il fut nommé échevin au lieu et place de François Fumé le 12 novembre 1626. Il fut nommé, le 16 février 1645, capitaine de la compagnie de milice bourgeoise, dite de la Chaussée, place vacante par le décès du sieur de Sainte-Marthe, et fut l'un des députés du corps de ville chargée, le 30 avril 1637, d'aller à Richelieu saluer la duchesse d'Aiguillon. Il mourut le 28 septembre 1658 (Beauchet-Filleau, tome 2, p. 66).



1627. Pierre Roatin, sieur du Temple et de la Cigogne, conseiller au Présidial. Maire en 1625, il succéda à Marc Jarno en février 1627. Il mourut le 17 février 1645.



1628. Charles Irland, sieur de Beaumont, lieutenant criminel. Maire en 1626, il fut nommé échevin le 4 avril 1628 au lieu de Charles Rougier. Il mourut le 3 mars 1643.




1628. Jean Gabriau, écuyer, sieur de Riparfont, fils de Jean et de Jeanne Viète. Il fut pourvu par résignation de son père de l'office de conseiller au parlement de Bretagne et de commissaire aux requêtes du palais, le 6 juin 1617, mais résigna cet office et acheta la charge de lieutenant particulier assesseur criminel à Poitiers en 1622. Il succéda à la charge d'échevin à Joseph Maisonnier le 10 août 1628. Il partagea avec son frère et sa soeur la succession de leur père le 4 avril 1632 et fut maintenu noble par M. Barentin le 9 septembre 1667. Il fut maire en 1627, puis en 1671, 1672, 1674 et 1675. Il y eut sur la fin de sa seconde mairie une sédition à Poitiers pour l'établissement du sol par livre qu'on voulait imposer ax portes. On le crut, sans doute, compromis dans cette sédition, car il reçut du roi l'ordre de se rendre en exil en Bretagne en 1676. Comme il était en route, il reçut contre-ordre et fut envoyé à Châtellerault, où il fut tué.
Blason : "d'azur au cerf courant d'or". Devise : Velociter iste sagitta (Beauchet-Filleau, tome 3, p.655 & 658).



1629. René Richeteau, sieur de la Fresnaie, trésorier de l'extraordinaire des guerres. Maire de Poitiers en 1628, il remplaça Mathieu Vidard le 2 août 1629.



1631. Jacques de Gennes, sieur du Courtiou, conseiller puis président du Présidial. Il remplaça Laiguillier le 6 février 1631. Il mourut le 22 mai 1655.



1632. Julien Serizier, sieur de Lespine, assesseur criminel. Maire en 1630, il succéda à Boynet le 29 septembre 1932. Il mourut le 13 janvier 1643.




1634. François Pidoux, sieur de Pouillé, médecin, fils de Pierre et de Marguerite Duvel. Maire en 1631, il remplaça Nicolas Sochet le 23 août 1634. Il mourut le 14 septembre 1662.




1634. François Massard, contrôleur des finances. Maire en 1632, il succéda à IsaIe Brochard le 8 septembre 1634. Il mourut le 13 février 1649.




1636. René de la Coussaye, écuyer, sieur de Fougeray, de Cantet, de la Grande et d'Ablet, fut baptisé à Saint-Cybard le 1er juin 1597, fils de Louis et de Anne Tondreau. Il succéda à son père dans sa charge de conseiller et de garde des sceaux du Présidial de Poitiers en 1624. Élu maire en 1633, il succéda à Pierre Pidoux le 13 mars 1636. Il assista en 1657 à la vérification des reliques de Saint-Hilaire, qui avaient été transportées au Puy-en-Velay pendant les ravages des Normands, et que les chanoines de Saint-Hilaire de Poitiers y étaient allés chercher, il était à cette époque sous-doyen des conseillers au Présidial. Il avait épousé à Saint-Opportune, le 29 septembre 1629, Marguerite Dreux, fille de François et de Marguerite Gobin (voir ci-dessus). Il mourut en 1669.
Blason : "de gueules au lion d'or, et un chef d'argent chargé de 3 étoiles d'azur". Devise : "Patrix subsidient astra leonis" (Beauchet-Filleau, tome 2, p.702 & 703).




1636. Jean Robion, sieur de la Nerbonnière, trésorier de France. Maire en 1634, il remplaça le 25 octobre 1636. Il mourut le 16 novembre 1644.




1638. François Citoys, sieur de Fief-Vaillant, fils puîné de Pierre. Il naquit en 1572. Il étudia la médecine à Poitiers et fut reçu docteur à 26 ans, puis se rendit à Paris où son intelligence et ses talents le firent distinguer par le cardinal de Richelieu qui le fit médecin du roi Louis XIII. Mais la haute position à laquelle il était parvenu ne lui avait point fait oublier son pays natal, et le corps de la ville de Poitiers, tout autant pour flatter cet éminent compatriote que pour reconnaître des services rendus, le nomma en 1608 l'un des 75 bourgeois. Il remplaça, le 12 août 1638, Jean Maignen au poste d'échevin. Il fut l'époux de Madeleine Joulain et mourut en septembre 1651, doyen de la Faculté de médecine de Poitiers.
C'est lui qui donna, en 1616, dans son traité "De novo et populari apud Pictones doloro colico bilioso diatriba", le nom de la "colica pictonum" (colique du Poitou) qui caractérisait les empoisonnements au plomb (maladie connue maintenant sous le nom de Saturnisme) des consommateurs de vins du Poitou. En effet, d'après l'expert en vins Hugh Johnson, tous les vins du Poitou étaient traités au plomb afin d'adoucir et de masquer leur acidité (voir l'article du vin Haut-Poitou).
Blason : "d'argent au chevron de gueules accompagné de trois pommes de pin d'azur" ou "3 fraises de gueules, tigées, feuillées de sinople, renversées". Devise : Coeli presaga ferent (Beauchet-Filleau, tome 2, p.498).




1638. Estienne Macquenon, sieur des Forges, conseiller assesseur du conservateur, né vers 1606. Maire en 1635, il remplaça le 17 octobre 1638 René Thoreau. Il mourut en novembre 1656.



1639. Pierre Guyon, sieur de Vâtre, avocat. Maire en 1636, il succéda le 19 novembre 1639 à Jean Rougier. Il mourut le 14 novembre 1661.



1640. Antoine de Montion, conseiller. Maire en 1637, il remplaça de la Lande le 19 mars 1640 et mourut le 7 janvier 1660.




1643. Estienne La Maye, sieur de Moiseaux, conseiller. Maire en 1638, il succéda à Serizier le 22 janvier 1643. Il mourut le 1er février 1664.




1643. François Carré, sieur de Buxerolles et de la Pinotière, docteur en médecine à Poitiers, doyen de cette faculté en 1626. Maire, capitaine et gouverneur de Poitiers en 1639, il remplaça Charles Irland le 22 janvier 1643. Il fut l'époux de Florence de Sauzay et mourut le 13 juin 1663.
Blason : "d'azur à 2 étoiles d'or en chef et une rose de même en pointe". Devise : "Superis gratum spirabit honorem" (Beauchet-Filleau, tome 2, p.124).




1644. Jacques Audebert, sieur de la Rouille, fils de Jacques et de Jeanne Rougier. Baptisé le 23 septembre 1607 à Saint-Jean-Baptiste, il fut conseiller au Présidial et était, en 1630, garde des sceaux de la chancellerie de cette cour. Époux de Marie Guet, il fut maire en 1640 et fut nommé échevin au lieu de Peyraud. En 1651, il fit partie des nobles du Poitou réunis pour nommer des députés aux États Généraux convoqués à Tours. Réélu maire en 1673, il mourut le 7 janvier 1674, pendant son mandat, et fut inhumé à Saint-Michel avec les honneurs accoutumés.
Blason : "d'azur à 3 croix pattés d'argent" (Beauchet-Filleau, tome 1, p.164).




1644. Jacques Carlouet, écuyer, sieur de la Milière, receveur des décimes en Poitou, Saintonge et Angoumois de 1627 à 1649. Il fut aussi greffier en chef du bureau des finances de Poitiers en 1633. Maire en 1641, il fut nommé échevin au lieu de Robion le 18 novembre 1644. Il épousa Marie Chenu le 12 mai 1624 et mourut le 25 février 1649.
Blason : "d'or à la fasce de gueules chargée d'un lévrier courant d'argent, au collier de sable, et accompagnée de 3 rose de gueules, 2 et 1". Devise : "Famam renatur odorem" (Beauchet-Filleau, tome 3, p.121).




1645. Martin Reveau de Sirière, lieutenant particulier civil au Présidial. Maire en 1642, il succéda le 13 février 1645 à Nicolas de Sainte-Marthe.




1645. René Rougier, sieur de Recroux et de l'Isle Bertin, avocat du roi au bureau du Trésorier. Maire en 1643, nommé échevin à la place  de Roatin.




1647. Jacques Beugnon, écuyer, sieur de Vousnes, fils de René, sieur de la Tousche.  Conseiller en 1634, il versa, le 30 avril 1641, 400 livres pour jouir des privilèges de la noblesse. Maire en 1641, il succéda à la charge d'échevin de Lambert le 26 août 1647.




1647. Isaac Barbarin, sieur du Bost, conseiller au Présidial de Poitiers. Il rendait aveu du Roi me 5 septembre 1629 de ses terres de Joussé et de Payroux. Maire en 1645, il fut nommé échevin au lieu de François de Brilhac le 21 octobre 1647. IIl fut envoyé, le 31 octobre 1651, avec deux autres échevins de Poitiers (dont Coulard, voir ci-dessous) à Chauvigny, pour y saluer le Roi à son passage, de la part du corps de la ville. Il avait épousé, le 27 février 1620, Catherine de Razes et mourut le 26 septembre 1662 (Beauchet-Filleau, tome 1, p.260).




1648. François de Razes, sieur de Ché et de Verneuil, conseiller. Maire en 1646. Il succéda à René Brochard le 14 août 1648. Il mourut le 27 juillet 1662.




1649. Jean Pavin, sieur de Beaumont. Il fut nommé échevin au lieu de François Massard. Il mourut le 1er avril 1665.




1649. Jean Richeteau, sieur de Lespinay. Maire de 1648, il fut nommé échevin le 3 mars 1649 au lieu de Jacques Carlouet.




1649. Jean Coulard, sieur du Soucy, fils de René et de Florence Citoys. Il succéda à son père comme conseiller en l'élection et fut élu maire de Poitiers en 1649. Il prit le suite de Pierre de Brilhac le 28 décembre 1649, et fut l'un des quatre échevins qui portaient les coins du drap mortuaire aux funérailles du maire de Poitiers, Antoine Rabault, le 9 février 1651, et alla la même année avec deux autres échevins (dont Barbarin, voir ci-dessus) jusqu'à Chauvigny pour saluer le Roi et prendre ses ordres. Il avait épousé le 7 août 1634, Catherine Ogeron, puis, veuf, il fut marié le 28 octobre 1660, à Anne le Godelier.
Blason : "d'or au coeur de gueules, au chef d'azur chargé d'un croissant d'argent, accosté de deux étoiles d'or" (Beauchet-Filleau, tome 2, p.667).




1650. Jean Le Tillier, conservateur. Nommé échevin le 2 février 1650 au lieu de Jean Constant.




1651. Jean Reveau de la Cour Chauveau. Il fut maire en 1651 et nommé échevin le 8 septembre 1651 au lieu de Jean Poussineau. Il fut le frère de Martin Reveau de Sirière (voir ci-dessus).




1651. Pierre Leliepvre de Vernelle, conseiller. Il fut nommé échevin en septembre 1651 en remplacement de François Citoys. Il mourut en 1668.




1655. René de la Fontaine, sieur de Lespinay, trésorier de France. Il fut maire en 1652 et nommé échevin le 24 mai 1655 au lieu de Jacques de Gennes. Il mourut le 23 septembre 1669.




1655. Jacques Augron, sieur de la Seizinière, conseiller au Présidial de Poitiers. Il fit partie de la députation du corps de ville de Poitiers chargée d'aller saluer Leurs Majestés à Tours en 1650. Maire en 1653, il succéda à Jean Pidoux le 27 janvier 1655. Époux d'Anne Vexiau, il vivait encore en 1682.
Blason : "d'argent au chevron d'azur accompagné de trois hermines de sable, posées 2, 1" (Beauchet-Filleau, tome 1, p.179).




1656. Pierre Pelisson, sieur de Mary, conseiller et garde des sceaux. Maire en 1654, il remplaça Estienne Macquenon le 21 décembre 1656. Il mourut le 14 avril 1665.




1658. Antoine Clabat de la Maisonneuve, avocat, fils d'Antoine et de Radégonde Guivrat, fut baptisé le 18 janvier 1586 à Poitiers, par. Saint-Didier. Il fut, en 1630, sénéchal et juge ordinaire de la duché-pairie de Thouars. Constant en parle avec éloge en 1635 et le qualifie de doctissimus. Il était avocat à Poitiers en 1648 et se rendit suspect aux partisans des troubles qui eurent lieu cette année, par son attachement au Roi. Il fut élu maire de Poitiers le 23 juin 1655 dans la salle des Grandes-Écoles par 69 voix contre 70, puis, il devait devenir échevin en succédant à Beugnon le 28 septembre 1658, mais mourut avant lui.




1658. René Dupont, sieur de Charzay (Sainte-Verge, Deux-Sèvres), Moulins (Deux-Sèvres) et Frozes (Vienne). Fils de Nicolas, sieur de Lespinasse, et de Jeanne Guget, il fut baptisé le 31 août 1623 à Poitiers, par. Sainte-Opportune. Il fut maire en 1656, puis il devint échevin au lieu de Clabat le 28 septembre 1658. Ayant hérité de la seigneurie de Frozes, ce fief fut saisi sur lui en 1665. Marié le 23 mars 1650 à Françoise Rougier, il fut inhumé le 2 mai 1677 à Saint-Cybard.




1659. Pierre Baron, sieur de Vaujalais, procureur du roi aux Eaux et Forêts. Nommé maire le 17 juin 1657, il succéda le 17 juin 1659 à Jacques Mayaud. Lors de l'enquête dirigée par Barentin, intendant du Poitou, sur l'administration des forêts domaniales, il fut condmané en l'amende de 1000 livres et à aumoner la somme de 500 livres. Il lui fut enjoint, de plus, de se défaire de son office de procureur du Roi dans le délai de six mois, pour le prix être employé en restitution, dommages et intérêts qui seront jugés contre lui, par arrêt de la chambre de réformtion séant à Fontenay, le 23 mai 1667. Il mourut en 1669, marié à Susanne de la Salle, qui était encore en vie le 20 février 1700 (Beauchet-Filleau, tome 1, p. 292).




1660. Louis Richeteau, sieur de la Coindrie. Maire en 1658, il succéda le 7 janvier 1660.



1661. André Divé, sieur de la Maisonneuve, fut pourvu de l'office de trésorier de France à Poitiers en 1649, et grand voyer et juge directeur des domaines du Roi en Poitou, Saintonge et la Rochelle. Il fut nommé maire et capitaine de la ville de Poitiers le 14 novembre 1659 et succéda à Guyon de Vâtre le 14 novembre 1661. Époux d'Hilaire Gabriau, puis de Marie Charlet, il mourut en 1666.
Blason : "d'azur au chevron brisé d'or chargé de 2 merlettes affrontées de gueules". Devise : Rupta junget amice (Beauchet-Filleau, tome 3, p.140 & 141).



1662. Paul Ogeron de Moyré. Maire en 1660, il remplaça de Razes le 27 juillet 1662.



1662. Jean Roy, docteur régent ès lois. Maire en 1662, il fut nommé échevin au lieu de François Pidoux le 14 septembre 1662.



1662. Claude Légier de Fougeré, conseiller au Présidial. Il succéda à Barbarin le 26 septembre 1662. Il fut fait maire le 14 juillet 1676, par lettres du petit cachet, étant absent.



1663. Jean Falloux, sieur de Villejasme (Voultegon, Deux-Sèvres) et de Messemé, fils de d'Uriel et de Florence Richeteau. Il était conseiller au Présidial de Poitiers en 1660, puis succéda le 22 juin 1663 à Carré à la charge d'échevin. Marié vers 1664 à Marie Frère, il mourut le 12 décembre 1678.
Blason : "d'azur au chevron d'argent, accompagné de 2 étoiles d'or rangées en chef et d'une rose d'argent en pointe" (Beauchet-Filleau, tome 3, p.341).




1664. René Citoys, élu, fils de Mathieu et de Radégonde Clabat, neveu de François Citoys (voir ci-dessus). Maire en 1663, il fit construire la porte de la sacristie de l'église de Notre-Dame-la-Grande, au-dessus de laquelle on avait gravé ses armoiries, qui furent martelées pendant la Révolution, et réparer la fontaine du Pont-Joubert, sur l'arcade de laquelle on lisait cette courte inscription : « Messire René Citoys, maire, 1663 ». Il devint échevin le 1er février 1664 au lieu de le Maye. Il fut l'époux de Marthe Constant, par contrat du 24 mars 1645 (Marot, notaire à Poitiers).
Le 5 mai 1666, il fut confirmé dans sa noblesse par ordonnance de M. Barentin (Beauchet-Filleau, tome 2, p.501).



1665. Florentin Poussineau, sieur de la Mothe de Croutelle. Maire en 1664, il remplaça Jean Pavin le 4 avril 1665.



1665. François Augron, écuyer, sieur de Gastebourse, frère de Jacques Augron (voir ci-dessus). Époux de Jeanne Boignon, il fut nommé au lieu de Pelisson le 22 avril 1665.



1666. Charles Pasquier, écuyer, seigneur de la Vergne. Maire en 1665, il fut nommé échevin au lieu de Divé en 1666.



1668. Louis Chappot, sieur de la Brossardière et de la Jozinière (paroisse de Saint-André d'Ornay, Vendée), fils de Pierre, sénéchal de la Roche-sur-Yon, et de Jacquette Arnaud. Il fut élu maire de Poitiers le 1er juin 1667 et fut installé le 14 juillet suivant. Il fut, avec sa soeur, maintenu dans sa noblesse par M. Barentin en 1667. Il avait été sous-brigadier des gendarmes de la garde du Roi et fut marié le 1er décembre 1663, à Marigny-Brizay, à Catherine de Signy. Il succéda à la charge d'échevin de Leliepvre en 1668 (Beauchet-Filleau, tome 3, p.245).



1669. François Tranchet, sieur de la Réjasse. Maire en 1666, il fut nommé échevin le 23 septembre 1669 au lieu de René de la Fontaine.



1669. Pierre Thomas, sieur de la Caillerie et de Sarzecq. Maire en 1668, il succéda à René de la Coussaye en 1669.



1669. Jacques Olivier, sieur de la Chauvetière. Maire en 1669, il succéda à Pierre Baron en 1669.



1675. Jacques de Gennes, conseiller. Il fut nommé échevin au lieu de Rougier le 5 septembre 1675.



1675. Jean Texier, sieur de Seneuil, conseiller. Il fut nommé au lieu de René Richeteau le 5 septembre 1675.



1675. Jérôme Orré, sieur de la Sicaudière. Il remplaça Louis Richeteau le 5 septembre 1675.



1675. Étienne Le Roy, docteur médecin. Il fut nommé échevin au lieu de Jacques Audebert le 5 septembre