dimanche 20 juillet 2014

Légionnaires de génération en génération

Voici un extrait d'une série publiée dans le Figaro, supplément littéraire du dimanche, édition du 4 juillet 1914, intitulée "À travers les Revues" — Soldats :

Voici Jabouille ; Antoine Jabouille, né en 1764; fils de Jacques Jabouille, chirurgien-major et procureur de la commune à Pionsat. Jabouille Antoine fera une carrière ; il deviendra chef d'escadrons de gendarmerie et sera chevalier de la Légion d'honneur. Provisoirement, il n'est pas très content. Il a été promu lieutenant de gendarmerie et envoyé à Maubeuge, dans de mauvaises conditions. Le 20 octobre 1793, il cherche «des souliers et des chemises pour la division». Des souliers et des chemises, il en trouve. Ce qu'il ne trouve pas, c'est, pour lui, de la nourriture. Il s'est procuré du vin mais pas de pain ! Maubeuge, tous ces derniers temps, était entourée d'ennemis ; on l'a débloquée mais elle est dépourvue de tout. Il faut payer dix sols une once de tabac.
Jugez d'après cela s'il fait bon dans les auberges.
Lieutenant de gendarmerie, c'est « un fort joli poste ». L'on y a, de la tranquillité, peu de comptabilité, peu de responsabilité. Rien à faire, en somme. Mais on a chargé Antoine Jabouille d'une autre besogne : il fait fonctions de quartier-maître trésorier. Marque de confiance, et flatteuse, dit Jabouille, mais onéreuse. Le quartier-maître qu'il remplace, et qui est malade, continue à jouir de ses appointements. Jabouille n'a que la solde de son grade ; et des dépenses !...
A ma réception, j'ai fait des dépenses qui sont d'usage à la troupe. Je suis obligé de faire des emplettes. J'ai acheté un cheval de six cents livres, je ne l'ai pas encore payé il est vieux, mais ils sont si chers qu'il m'est impossible de choisir. Je le fatigue beaucoup, mais il est fort et pourra me faire de l'usage. Il me faudra bientôt un manteau ciré. Je vous assure que j'ai besoin de me ménager, surtout si je ne veux pas toucher à la somme que j'ai à Paris. 
Ce que Jabouille supporte le plus mal, c'est l'ennui d'un poste où il n'a plus «l'avantage de voir l'ennemi». Toujours au trésor : «cette place convient parfaitement à un capon !»
Ce qui le, tourmente aussi, c'est un grand chagrin c'est un grand chagrin d'amour malheureux. 
J'ai un reproche terrible à vous faire, mon cher père. Vous savez que, dans mon dernier séjour à Paris, je vous parlai mariage. Vous me le portâtes bien loin. Mon frère cadet ne disait pas tout à fait de même. Il me disait seulement que ma prétendue était encore trop jeune elle avait quinze ans. 
Et puis, la prétendue est morte. 
J'ai considérablement perdu. Figurez-vous une femme pleine de talents, de douceur, de beauté, parlant trois différentes langues et les écrivant de même, enfin dont l'éducation a plus coûté que n'ont vaillant toutes les filles de Pionsat. Je pleure pas facilement ; mais, si vous l'eussiez connue, vous sentiriez ma douleur...
Seulement, voilà le père Jabouille ne connaissait pas la prétendue de son fils. Et il s'est figuré — comment ? pourquoi ? — et il s'est figuré que son fils allait épouser une fille de peu. 
Ces sortes de filles, répond le fils de Jabouille, peuvent être parfois pour mes plaisirs mais je n'en ferai jamais ma femme. 
Jabouille a beaucoup de chagrin. Mais, plus tard, après la guerre, il se consola tel est l'effet du temps il se maria et il eut un fils, Edme-Thomas, qui fut officier dans la Jeune-Garde.

Connaissez-vous l'Ordonnance royale du 8 octobre 1814 ? D'après ce qu'en dit Wikipedia, la "troisième génération successive de titulaires de la Légion d’honneur pouvait bénéficier de la noblesse héréditaire. Cette disposition, tombée en désuétude mais jamais abolie, provenait de l'ordonnance royale du 8 octobre 1814 qui dispose que lorsque l'aïeul, le fils et le petit-fils auront été successivement membres de la Légion d'honneur et auront obtenu des lettres patentes, le petit-fils sera noble de droit et transmettra sa noblesse à toute sa descendance". Je n'avais jamais rencontré le cas de distinctions sur trois générations, voilà donc celui que je trouve. Tout commence par une famille de notables établies sur les rive du lac de Vassivière, qui s'étendit vers Évaux (et Montluçon) et Pionsat.
François Jabouille, notaire royal de Pallier (1686-1728), lieutenant de la justice de la Nouaille
Jean-Baptiste
Jabouille
(~1686-1759),
bourgeois de Royère, notaire royal (1729-1739), succédant à son père par lettre de provision du 8 juillet 1729, époux de Thérèse Darfeuille
(au moins 11 enfants, dont)
Antoine Jabouille
(~1691-1771),
bourgeois (1739) puis marchand d’Évaux (1740), fermier des seigries d’Évaux, Reterre et Fontannière (1751-1762), greffier au baillaige de Combraille (1767), époux de Paule Lasalle
(au moins 9 enfants, dont)
Toussaint Jabouille
(~1701-1781),
notaire royal de Gentioux (1739-1781), succédant à son  frère par lettre de provision du 30 décembre 1739
François Jabouille
(1729-1803),
huissier, époux de Marie Bourzat
Jacques Jabouille
(1731-1807),
chirurgien juré, époux de Marie Pradon
Jean-Baptiste Jabouille
(1733-1792),
procureur en l’élection d’Évaux, époux de Marguerite Camus
Jean-Baptiste Gérard Jabouille
(1749-1824),
contrôleur des contributions directes du 1er arrondissement de l’Allier (1814), époux d’Anne Chabot

Antoine Jabouille, comme il est mentionné dans le texte précédent, était le fils de Jacques, chirurgien juré, et de Marie Pradon. Il fut baptisé le 19 mai 1764 à Pionsat. Après sa campagne à Maubeuge, il épousa Marie-Joséphine Élisabeth de Louvrex, native de Liège. Il fut, comme capitaine de gendarmerie, décoré de la Légion d'Honneur vers 1815. Il mourut le 21 mai 1834 à Rive-de-Gier (Loire).

Son fils, Edme Thomas Jabouille, naquit le 15 octobre 1797 à Liège. Il fut, en 1813, élève du Prytanée de la Flèche (Sarthe), puis de Saint-Cyr, avant d'intégrer l'année suivante le 9e régiment des voltigeurs de la garde impériale (sous le grade de sous-lieutenant). Dans le 40e de ligne, il fut en non-activité par suite d'un licenciement, en 1815, puis démissionnaire en 1817. Le 2 novembre 1824, il intégra le 2e régiment des dragons, dont il devint l'un des brigadiers en décembre, puis fourrier (mars 1825), maréchal des logis (décembre 1825) puis en chef (mai 1828), sous-lieutenant (septembre 1830) et enfin lieutenant (mai 1832). C'est à ce titre qu'il fut reçu chevalier de la Légion d'Honneur, par décret du 16 juin 1832. Il était alors lieutenant de gendarmerie en résidence à Ruffec (Charente), lorsqu'il épousa, le 27 mai 1839, à Poitiers, Rose Petit, fille de Louis et de Rose Brault (celle-ci était une descendante directe de mon ancêtre Jacques Petit, v. PETIT de la Bougonnière). Il mourut à Poitiers, le 14 juillet 1860.

Leur fils, Louis Arthur Jabouille, naquit le 23 octobre 1842 à Ruffec. Il était étudiant en droit, en 1863, puis avocat en 1865 à Poitiers. Le 4 septembre 1870, il était secrétaire particulier du préfet de la Vendée, et le 1er novembre suivant, lieutenant d'un corps franc formé par ledit préfet. Le 1er novembre de la même année, il fut nommé substitut du procureur de la république de Saintes, mais en raison de la campagne à laquelle il prenait part, il ne put rejoindre son poste que le 1er mars 1871. Ce fut à Saintes, qu'il épousa, le 16 septembre 1873, Emma Jenny Lejeune, fille de Charles Émile, chef d'exploitation au chemin de fer des Charentes, et de Victorine Henriette Brunet. Il quitta son poste le 13 avril 1876, lorsqu'il fut nommé sous-préfet de Dôle (Jura). Le 17 mai 1877, il était révoqué de ses fonctions (suite à la crise de la veille), mais y fut réintégré le 30 décembre suivant. Le 15 mars 1879, il fut nommé préfet du Jura. C'est à ce titre qu'il fut reçu Chevalier de la Légion d'Honneur, par décret du ministère de l'intérieur du 12 juillet 1880. Le 17 novembre suivant, il fut nommé préfet de l'Oise, puis préfet du Maine-et-Loire (au 1er mai 1882). Alors en qualité de préfet du Doubs, en poste depuis le décret du 23 avril 1885, il mourut le 25 février 1887 à Paris-8e, des suites d'une opération d'un cancer de la gorge.

Si j'en crois l'ordonnance, ce dernier Jabouille a dû être anobli automatiquement, mais son acte de décès ne fait aucune mention d'un anoblissement. Son fils aîné, Pierre Charles Edmond Jabouille, naquit le 25 novembre 1875 à Saintes. A ma grande surprise, je découvrais que celui-ci possède une fiche wikipedia : il fut un ornithologue ayant travaillé en Indochine. Il mourut le 14 mai 1947 à Paris-16e. J'ignore si sa lignée se poursuit. Il avait un frère, Paul Louis Edmond Jabouille, né le 6 février 1884 à Angers, qui fut marié, le 4 juin 1917 à Soleure (Suisse), à Simone Gabrielle Lasalle.

lundi 26 mai 2014

Curés de génération en génération

Une curiosité tout à fait annexe à mes recherches m'ont conduit à une surprenante succession. Tout commence dans le Beauchet-Filleau, tome 1, p. 180, alors que je regardai l'article sur les Augry de Laudonnière (originaires de Moussac, sud-est de la Vienne). La dernière personne citée, qui doit faire partie de cette famille, était Jean Augry, dernier curé de Civray avant la révolution, qui « comparaît à l'assemblée du clergé pour nommer des députés aux États généraux, prêta le serment constitutionnel, ce qui ne l'empêcha pas d'être poursuivi, arrêté et détenu à Poitiers pendant quelques mois ; réintégré dans ses fonctions, il y fut maintenu lors du concordat, et mourut curé de Civray le 21 juillet 1806. »
L'acte de décès est ainsi écrit : « L'an mil huit cent six et le vingt deuxième jour du mois de juillet pardevant nous Jacques Pierre Pontenier adjoint de la mairie de la commune de civray faisant les fonctions d'officier public de l'état civil de la commune dudit Civray département de la Vienne, canton et municipalité du même lieu, le maire absent, sont comparus monsieur Pierre Delabarre, prestre curé desservant de la commune de Champagné le Sec, département de la Vienne, domicilié en laditte commune agé de cinquante un ans, neveu du deffunt, monsieur Denis Delabarre prestre curé desservant de la commune de Savigné département de la Vienne, domicilié en la ditte commune, agé de quarante sept ans, neveu du deffunt, lesquels nous ont déclaré que le vingt un du présent mois de juillet dix heures du matin, monsieur Jean Augry, prestre archiprêtre de la cure de Civray et de Saint-Pierre-d'Exideuil, annexe, domicilié en cette ditte commune, agé de soixante huit ans, né en la commune de Darnac, département de la Haute-Vienne, fils de feu monsieur Jean Augry et de feue Marie Desgenelt, oncle desdits déclarans, est décédé le vingt un du présent mois de juillet à dix heures du matin en sa maison presbytéralle dudit Civray, n°115, et les déclarans ont signé avec nous le présent act, après que lecture en a été faicte en leur présence1. » 
Quelques renseignements pris plus tard, je trouvai l'acte de décès du premier neveu pré-cité, Pierre Delabarre : « L'an mil huit cent dix et le vingt sixième jour du mois d'octobre sur les neuf heures du matin, pardevant nous Louis Daveaux maire de la commune de Champagné le Sec, arrondissement de Civray, département de la Vienne, faisant les fonctions d'officier public de l'état civil de la ditte commune, monsieur Denis Delabarre, prestre desservant de la commune de Savigné, y demeurant, frère du deffunt cy après nommé, et monsieur Henry Lacombe, officier de santé demeurant au chef-lieu de la commune de Chaunay, tesmoins lesquels mont déclarés que le vingt quatre de ce mois sur les sept heures du soir, monsieur Pierre Delabarre, prestre desservant de la cure dudit Champagné le Sec, âgé de cinquante six ans, est décédé en sa maison sur la ditte geure de sept heures du soir, fils de feus monsieur Jean Delabarre en son vivant propriétaire, et de demoiselle Marie Augris, de la commune de Darnac, département de la Haute-Vienne ; lequel dit sieur Pierre Delabarre est né à Rénulat, commune dudit Darnac ; et ont les dits tesmoins avec moy signé ; d'après que lecture dudit acte leur a été faitte2. »
Enfin, ceci étant, le second neveu, Denis Delabarre, mourait dans la commune qu'il desservait : « L'an mil huit cent vingt sept et le vingt six mai, pardevant moi, Joseph Albert, officier public de l'état civil de la commune de Savigné, canton et arrondissement de Civray, département de la Vienne, c'est présenté monsieur Jean Marcoux, âgé de cinquante-et-un ans, demeurant à Latus, et monsieur Huzèbe Roussel, prêtre desservant la succursale de Romagne, âgé de vingt-neuf ans, demeurant en sa mn au ditt Romagne, lesquels mont déclarés que monsieur Denis Delabarre, prêtre curé desservant de cette commune était décédé ce jour sur les cinq heures du soir en la maison curiale de cette commune à l'âge de soixante-huit ans ; d'après la déclaration qui ma été faite des tesmoins susse dénomés ; étant tous deux neveux du défunt, j'ai rédigé le présent acte qu'il se sont avec nous soussignés de ce interpellé, suivant la loi, lecture leur ayant été donnée du présent acte. A la mairie de Savigné, le jours, mois et ans que dessus3. »
Ce dernier acte nous permet de nommer un autre membre du clergé appartenant à la génération suivante, dont je perds la trace (sur le recensement de 1851, ce n'est plus lui qui dessert la paroisse).
Les renseignements que j'ai pu trouver sur le premier témoin, Jean Marcoux, indiquent qu'il était le fils de Jean Marcoux, cultivateur, et de Marie Delabarre, du village de Thiel, commune de Darnac4. Grâce à cette indication, j'ai pu mettre la main sur le dernier membre que je cherchais : la soeur de Jean Marcoux, Jeanne Julie Maroux, avait épousé, le 15 frimaire de l'an V, à Lussac-les-Châteaux, Pierre Roussel, marchand. Les registres de l'état civil de cette dernière commune m'apprirent la naissance d'Eusèbe Joseph Roussel, fils de ce couple, en date du 27 thermidor de l'an V.
Tout ceci nous donne bien plusieurs générations successives de curés au sein d'une même famille.
Jean Augry, époux de Marie de Genesteix5
Marie Augry, épouse de Jean Delabarre
Jean Augry (~1738-1806), curé de Civray
Marie-Anne Delabarre (~1752-?), épouse de Jean Marcoux, marchand
Pierre Delabarre (~1754-1810), curé de Champagné-le-Sec
Denis Delabarre (~1759-1827), curé de Savigné
Jeanne Julie Marcoux
(1773-?),
épouse de Pierre Roussel, marchand
Jean Marcoux (~1775-1833), époux de Françoise Bernard
Eusèbe Joseph Roussel
(1797-?),
curé de Romagne



1Archives départementales de la Vienne, Civray, D - 1802 (an XI-1806), v.67/74.
2Archives départementales de la Vienne, Champagné-le-Sec, D - 1793-1812, v.95 et 96/109.
3Archives départementales de la Vienne, Savigné, D - 1823-1830, v.75/123.
4 — en particulier son mariage, le 2 octobre 1793, à Lathus, avec Françoise Bernard, fille de feu François et de Sylvine Vergniaud. Lorsqu'il mourut, le 18 juin 1833, il était alors adjoint au maire de sa commune.
5 — ben tiens, savez-vous quand les archives de la Haute-Vienne seront en ligne, histoire qu'on puisse faire quelques recherches plus approfondies ? Les informations concernant la commune de Darnac font suite aux recherches de Laurence Brac (Geneanet).

samedi 22 mars 2014

Les mémoires du tilleul de Montalembert (J.-P. Groussaud)

Une ordonnance de 1605 signé Maximilien de Béthune, duc de Sully, surintendant des finances d'Henri IV, encourageait les paroisses à planter symboliquement un arbre sur la place publique.

Et c'est donc devant l'église Saint-Sylvestre de Montalembert, que le narrateur, un tilleul de Sully, fut planté.

De son piédestal, c'est quatre siècles d'histoire et d'amour de son village qu'il raconte.

Un livre à conseiller. Doublement.



Les mémoires du tilleul de Montalembertpar Jean-Pierre Groussaud, avec la collaboration d'Alain Texier, COPY-MEDIA, février 2014.

dimanche 2 mars 2014

Le document du mois

Dans le cadre du Geneatheme du mois proposé par Sophie (bon, je triche un peu, on est déjà au mois de mars), et pour fêter mes deux ans, je vous propose le document du mois.

Bon, quel document ?

Il y en a tellement que je ne saurais dire :
  • les registres paroissiaux...
  • les actes notariés...
  • les vieilles photos...
  • les plans...
  • les vieux livres poussiéreux, parfois numérisés (la même chose sans le papier et la poussière)...
  • les livres régionaux...
  • etc.
Il y en a tellement que je ne saurais dire...

J'ai choisi de vous présenter, tada, le plan de cadastre ancien de Savigné, dans le sud de la Vienne, porte ouverte de mes réflexions, qu'on trouve ici.

Archives départementales de la Vienne en ligne

Aussi, trouve-t'on quelques éléments portant sur l'histoire du village.

Ainsi, Section G, 3ème feuille, on trouve le village de Loing, scène d'un dramatique incident au XVIIIe siècle.

Archives départementales de la Vienne en ligne,
cadastre relevé sur le terrain le 1er décembre 1829

Ou alors la ferme de Fayolle, où est née ma mère, Section C, 2ème feuille. Les lieux ont bien changé.

Archives départementales de la Vienne en ligne

Dans cette même feuille, on trouve également le village de la Gilardière, dont les terres ont longtemps appartenu à l'une des branches de la famille Pontenier, mes recherches du moment. A l'heure actuelle, la Gilardière a disparu, englobé dans l'allongement de Vergné. Seul le manoir nous donne une idée de son existence.

Archives départementales de la Vienne en ligne

Etc. Il y en aurait tant à dire. Rendez-vous ici.

dimanche 19 janvier 2014

Y'a du mieux, mais c'est pas encore ça

Il y a un peu plus de deux ans, Alain Texier proposait, dans le forum du groupe d'entraide ge86, une énigme concernant un acte de sépulture peu ordinaire : l'inhumation d'un nombre importants de personnes, femmes et enfants, morts noyés à Saint-Saviol. Cette aventure culmina avec la découverte des greffes de la sénéchaussée de Civray, conservés aux archives départementales de la Vienne, dans lesquels on retrouva les minutes de la procédure judiciaire qui s'ensuivit. Ce travail fut accompli grâce à l'étude de Gloria, alias Lulu Sorcière, qui publia sur son blog les résultats de l'enquête.

Suite à ça, je m'intéressai à le meurtre, commis à Savigné, relevés dans l'index de ce greffe, par Adrien Buchey sur son frère Jean-Nicolas. Gloria et Alain m'apportèrent toute l'aide nécessaire. L'affaire Buchey vit le jour.

Il y a un peu plus d'un an, l'association des Amis du Pays Civraisien, garante de la sauvegarde du patrimoine historique et culturelle de la région, proposait à Alain de tenir une conférence sur la noyade. Celui-ci, de peur de ne pas proposer une conférence suffisamment longue, avait alors suggérer d'évoquer l'affaire Buchey en deuxième partie. Cependant, il ne le put, car, premièrement, il sut magistralement tenir la conférence sur la noyade, et deuxièmement, l'homicide de Savigné pouvait à lui seul faire l'objet d'une conférence.

C'est ce qui s'est produit en fin d'année dernière. On proposa à Alain cette conférence sur l'affaire Buchey, et il s'est retourné vers moi pour me proposer de la tenir, ce que j'ai accepté. A partir de là, quelques contacts peuvent en témoigner, j'ai subi une sorte de trac bizarre, c'était la première fois que je devais parler de généalogie devant un grand nombre de personne.

Finalement, une fois lancé, on oublie ce qu'on fait et les mots fusent pratiquement de façon naturelle. Je n'ai pas vu le temps passer et j'espère avoir bien rendu l'histoire (pas évident d'avoir un ressenti post-opératoire, on ne va pas venir me voir pour me dire que ce n'était pas terrible...). J'ai toutefois eu de bons échos, merci, donc, d'être venu m'écouter, et merci aux Amis du Pays Civraisien et à Mlle Rougier pour avoir organiser cette conférence. Et bien sûr, un grand merci à Alain pour le coup de main.

Cette conférence fit l'objet d'un article dans le journal local, article dont j'ai déjà évoqué les petites erreurs dans une note précédente :

Le Journal de Civray, édition du 19 décembre 2013

Dans un premier temps déçu, je m'étais fait à l'idée : pas grave ! Au moins, j'ai une belle photo de moi... C'est-y pas que des proches sont venus se plaindre et un second article parut il y a moins de deux semaines :

Le Journal de Civray, édition du 9 janvier 2014

Y'a du mieux, mais c'est pas encore ça ! Je crois qu'on a du mal avec mon patronyme, pourtant extrêmement local et pratiquement inchangé depuis 400 ans (variations avec Pisard, Puisard, Pissart, etc.). Pour info, je vous joins ci-dessous l'un des plus anciens baptêmes concernant mon nom, trouvé dans les registres paroissiaux de Civray (le plus ancien date de 1612, les registres commençant en 1611, on peut pas faire plus ancien) :

Archives en ligne de la Vienne, Civray, B - 1611-1615, v.88/104

Le troisième jour du mois d'avril mil six cent et quinze, en l'église Saint-Nicolas de Civray, par moi soussigné vicaire dudit Saint-Nicolas et de Saint-Pierre d'Exideuil son annexe, a été baptisée Suzanne Pissard, fille de Colas Pissard et de Marie Quaquette du village de Marigné, paroisse dudit Saint-Pierre d'Exideuil, et furent ses parrains Guillaume Texereau dudit Marigné et Suzanne Eymard du Moulin Minot susdite paroisse, en foi de quoi j'ai signé, les jours, mois et an...

A moins qu'on nous la fasse à la manière de Ligault, curé de la Charrière (Deux-Sèvres), concernant une famille Pissard (non connectée à ce jour aux familles civraisiennes), dont le patronyme était jugé tellement vulgaire que ce fameux curé le signalait dans les actes (tant et si bien qu'il donnait le patronyme de Charrière, la paroisse, au lieu et place de Pissard), comme par exemple :

Archives en ligne des Deux-Sèvres, BMS - 1700-1750, v.215/264

Le vingt deux mars mil sept cent quarante deux a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps d'Aimé Charrière vulgairement appelé Pissard décédé du jour précédent fils d'Alexis Charriere et de Jeanne Laidin, ont été présents Alexis Charriere, Louis Charrière, Jeanne Charrière, Laurent Charrière et autres qui ont déclaré ne savoir signer, le défunt âgé de vingt trois ans...

Après, je ne vais pas changer ce présent site en la Picarderie, désolé, mon patronyme, j'y tiens un peu.

jeudi 16 janvier 2014

Implexus

Lorsque j'ai commencé à travailler sérieusement ma généalogie, je me suis fixé quelques objectifs, comme des quêtes secondaires d'un bon jeu vidéo. Certains objectifs viennent s'ajouter aux autres, dont quelques-unes passent à la trappe faute de temps. En voici un échantillon :
  1. Remonter ma branche des Pissard (paternelle) le plus loin possible, ceci étant fortement perturbé par un mariage non filiatif en 1716.
  2. Trouver un couple en commun entre mon père et ma mère.
  3. Faire des études sur le patelin de Savigné, voire en faire un ouvrage sous une forme ou une autre (dans 105 ans je pense).
  4. Décortiquer la famille Buchey jusqu'à le connaître par coeur, et pourquoi pas, en faire un ouvrage.
  5. etc.
Le point n°5 reste à débattre.


Je suis heureux de vous indiquer que le point n°2 vient d'arriver à son terme. Enfin ! Mes parents sont nés à quelques km d'écart l'un de l'autre, j'ai eu grande peine pourtant à  leur trouver un ancêtre en commun (malgré quelques patronymes communs aux mêmes lieux).




Ainsi, voilà ma trouvaille (du côté maternel, il y a même deux chemins) :

Honoré Granger (~1611-1693)
& Marie Guyon












Jean Granger (~1640-1712)
& Marie Rogeon (1655-?)
Pierre Granger (~1640-1716)
& Marie Teillier (?-?)












Marguerite Granger (1679-?)
& Charles Garet
Pierre Granger (1687-1766) &
Marie Debenest (~1697-1729)
Marie Granger (~1688-1747) &
Pierre Goursaud (~1682-1742)






Pierre Garet (?-?), texier
& Jeanne Meunier (~1702-1777)
Jean Granger (1720-?) &
Marie Bernardeau (~1731-1771)
Michelle Goursaud (~1710-1761)
Jean Festy (1715-?)






Marie Garet (1737-1794),
& Pierre Roy (1737-1795)


Françoise Festy (1744-?) &
Jean Blanchard (~1738-1792)






Jeanne Roy (1766-1825),
& Jean Chevaux (1767-1848)
Marie Granger (1767-?), 
Louis Blanchard (1766-1808)












Jeanne Chevaux (1811-1882) &
Jean-Baptiste Guillaud (1808-1868)
Louise Blanchard (1797-1836)
& Pierre Sylvain René Deblais (1783-1835)






Marie-Hélène Guillaud (1837-1875),
& Pierre-Jacques Bardeau (1836-?)
Jean Deblais (1827-1891) &
Marie Dubois (1829-1910)






Marie-Léontine Bardeau (1863-1956)
& Charles Pissard (1859-1923)
Marie-Magdeleine Deblais (1854-1923)
& Pierre Rousseau (1847-1900)






Louis Pissard (1885-1932) &
Marcelline-Georgine Lebeau (1888-1981)
Jules Pierre Rousseau (1880-1964)
& Léontine Denis (1885-1981)






Roger Pissard (1926-1990) &
Jeanne Theulière (1932)
Marcel Rousseau (1907-1979) &
Raymonde Deverge (1913-1984)






mon père
Raymonde Rousseau (1933-2009)
& Michel Vallade (1932-2011)








ma mère












et bien sûr votre serviteur, moi



dimanche 12 janvier 2014

Les écueils de la généalogie de ma femme

Lorsque j'ai ouvert ce blog, j'envisageai d'évoquer particulièrement le Poitou, principalement la Vienne. Ceci venant essentiellement parce que mes propres ascendants sont centrés sur cette région, comme je vous l'avais montré il y a quelques temps.

Comme j'apprécie les défis en tout genre quand il s'agit de chercher des filiations, j'ai tout naturellement entrepris de rechercher les ascendants de ma femme.



Les écueils de la généalogie de ma femme.

Sophie propose ce mois d'évoquer une épine généalogique. Terme amusant : j'ai toujours considéré que le mot "arbre" généalogique ne reflétait pas correctement la vision que l'on peut avoir de ses ancêtres. Je lui préfère le terme de "buisson" généalogique, constitué de branches qui se croisent, qui montent et qui descendent. Et dans les buissons, ben, il y a des épines. Dans le buisson de Camille et Mathilde (mes filles), il n'y a pas qu'une épine : c'est un sac de ronces.

Laissez-moi vous présenter les choses :











Ali
Grouci
?
Marcelle
Yvonne
Schmitter
1924
















mon
beau-
père
ma
belle-
maman












ma
femme

Première épine. Ma femme a la particularité d'avoir deux pères : l'un est biologique, l'autre est légal. D'un point de vue généalogique, je suis partagé entre ces deux filiations. Je n'ai toujours pas tranché. J'ai du mal à établir un contact avec le premier, le second m'a emmené de Rouen (Seine-Maritime) jusque dans l'Yonne et dans le Calvados. Cependant, je reste sur ma faim.

Deuxième épine. Le grand-père maternel de ma femme, Ali Grouci, était algérien. Lui et Marcelle Schmitter ne se sont jamais mariés, je n'ai donc aucun acte, aucun livret de famille. J'ignore où il est né, je sais cependant qu'il est décédé à Oran en mai 2007.



Reste donc l'ascendance de la grand-mère maternelle de ma femme.

François
Antoine
Schmitter
1825-
1902
Joséphine
Münch
1831-
1908
Jacques
Vanlierde
?-
?
Pélagie
Vanhaelter
~1834-
?
François
Teissèdre
1828-
1889
Élisabeth
Bergognon
1832-
?
Guillaume
Brunel
1839-
?
Marguerite
Lamy
1850-
?



Eugène
Gustave
Schmitter
1859-
1929
Berlinde
"Pauline"
Vanlierde
1875-
?
Jean-
François
Teissèdre
1862-
1948
Jeannette
Virginie
Brunel
1876-
?




Maurice
Eugène
Schmitter
1900-
1985
Clémentine
Félicie
Teissèdre
1901-
?












Marcelle
Yvonne
Schmitter
1924




Née à Paris, la grand-mère de ma femme avait l'opportunité d'être issu de personnes multi-régionales. Et c'est le cas. Et ça me change d'effectuer des recherches sur plusieurs régions, étant personnellement habitué au seul Poitou pour mon ascendance.



Ma femme, auvergnate.

L'acte de naissance de Marcelle, née hors mariage à Paris-20e, me donnait sa mère et l'origine de cette dernière, particulièrement précis : Clémentine Félicie Teissèdre naquit le 24 avril 1901 à Neuvéglise, dans le Cantal. Lorsque les archives du 15 furent en ligne, je me fis une joie d'entreprendre des recherches sur cette aïeule.

Le père, Jean-François Teissèdre, marchand de vins en 1891, habita à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne) en 1894, fut charretier rue Bichat puis rue Lally-Tollendal (Paris) en 1900, électricien en 1901, et enfin employé de la ville de Bondy en 1927. Il était natif de Nasbinals, en Lozère, et son ascendance est la plus complète en ce qui concerne ma femme : non seulement ses aïeuls sont tous natifs de cette ville (ou de Marchastel, commune voisine), mais de plus, sa généalogie est la plus représentée sur les sites généalogiques en ligne (Geneanet, etc.), qui me servirent lorsque je calais. Je tiens à en remercier chaque intervenant, qui par nos échanges, m'ont permis de compléter cette famille.

Jacques
Teissèdre
1758-
1834
Catherine
Vaissade
1765-
1830
Jacques
Veyron
1762-
1804
Jeanne
Charbonnier
1765-
1834
Jean
Bergognon
1730-
1807
Marie-
Anne
~1734-
1822
Jean-
Pierre
Disdaret
1772-
1818
Antoinette
Brioude
~1768-
1834



Antoine
Marcel
Teissèdre
1799-
1873
Marie-
Jeanne
Veyron
1793-
1864
Jean-
Pierre
Bergognon
1780-
?
Catherine
Disdaret
1799-
1878





François
Teissèdre
1828-
1889
Élisabeth
Bergognon
1832-
?












Jean-
François
Teissèdre
1862-
1948




Marc Antoine Charrier
La généalogie de cet aïeul est bien trop vaste pour être précisé dans cet article que je veux plus général. Toutefois, je me tiens à disposition si vous vouliez des précisions supplémentaires.
Par ces ancêtres de Nasbinals, ma femme a deux personnalités locales comme cousin généalogique. Le premier, Marc Antoine Charrier, baptisé le 25 juillet 1755 à Nasbinals, était le fils d'Antoine Charrier et de Marie Valette. Notaire, il fut élu représentant du tiers-état au États généraux de 1789 (voir le site de l'Assemblée Nationale). Fervent royaliste, il fut à l'origine d'une fronde contre la révolution, ce qui le mena à la guillotine, exécuté à Rodez le 17 juillet 1793. Son histoire a été précisé par Marie Luxembourg, dont vous pouvez retrouver l'article ici.
Pierrounet de Nasbinals
Le second personnage, plus pittoresque, s'appelait Pierre Brioude (1832-1907). Connu sous le sobriquet de Pierrounet, son portrait est dressé par Félix Buffière et repris ici. Il était connu pour être un fameux rebouteux, particulièrement efficace. Accusé de pratiquer la médecine illégalement, il soigna, devant le juge, un agneau qui marchait sur trois pattes, et fut blanchi par la suite. Il acquit une réputation internationale, soignant même des américains et des canadiens de passage. A sa mort, les habitants de Nasbinals, atterrés, dirent : "De que faroù lou monde, aro que Pierrounet est mort ?" (Que feront les gens, maintenant que Pierrounet est mort ?" (voir à ce propos ce site très bien fait).



Dans l'ascendance purement auvergnate de ma femme, mes recherches m'ont conduit de Neuvéglise à Chaudes-Aigues, Alleuze et Anterrieux :

Durand
Brunel
~1753-
1828
Catherine
Vigouroux
?-
?
Jean
Teissèdre
1764-
?
Antoinette
Chassang
1772-
1815
Jean
Lamy
1785-
?
Monique
Hermain
1786-
1822
Étienne
Murat
1787-
?
Marguerite
Vacheresse
1792-
1832



Géraud
Brunel
1797-
1868
Marie-
Jeanne
Teissèdre
1800-
1866
Jean
Lamy
1812-
?
Marguerite
Murat
1824-
?





Guillaume
Brunel
1839-
?
Marguerite
Lamy
1850-
?












Jeannette
Virginie
Brunel
1876-
?




Mes recherches ne vont guère plus loin. Je n'ai pas trouvé le mariage de Durand Brunel et de Catherine Vigouroux, dont les enfants naissent entre 1792 et 1807 à Chaudes-Aigues.
Les Teissèdre, originaires d'Anterrieux, ne se rattachent pas à ceux de Nasbinals. Jean Teissèdre, fils de Guillaume et d'Agnès Pouget, et Antoinette Chassang, fille de Pierre et d'Antoinette Daniot, se marièrent le 16 février 1791 à Neuvéglise. Je coince au niveau de la génération antérieure :
  • Guillaume Teissèdre et Agnès Pouget eurent des enfants baptisés entre 1754 et 1764 à Anterrieux, et je n'ai pas trouvé leur mariage. Le premier, né vers 1736, mourut le 13 floréal de l'an IX à Anterrieux, la seconde, née vers 1728, fut inhumé le 15 novembre 1788 au même lieu.
  • Pierre Chassang, né vers 1738 et époux d'Antoinette Daniot, fit baptiser ses enfants, en 1769 et 1772, à Neuvéglise, où il mourut le 2 février 1813.
Concernant l'ascendance de Jean Lamy, mes recherches à Neuvéglise s'arrêtent ainsi :

Pierre
Lamy
Catherine
Vigier


Jean
Hermain
Marie
Mijoule
Jean
Géraldon
Hélis
Coulomb



Jean
Lamy
Jeanne MagotGuillaume
Hermain
Jeanne
Géraldon





Jean LamyMonique Hermain












Jean Lamy



Et celle de Marguerite Murat, également à Neuvéglise :



Jean
Roulliac
Isabelle
Gaillard


Géraud
Trousselier
Florette
Albert



Pierre
Murat
Antoinette
Roulliac
Robert
Vacheresse
Agnès
Trousselier





Étienne
Murat
Marguerite
Vacheresse












Marguerite
Murat




Clémentine Teissèdre laissa sa fille à son père biologique, Maurice Eugène Schmitter, et se maria, en 1927, à Louis Georges Burton, conducteur de bestiaux, natif de Paris-19e, puis, en 1939, Hector Joseph Vercoulie. Ce qui m'amène à parler de l'ascendance paternelle de la grand-mère de ma femme.



Ma femme, alsacienne, allemande.

L'arrière-grand-père de ma femme, Maurice Eugène Schmitter, était plombier en 1927 et aide-cuiseur en 1947. Il naquit le 14 septembre 1900 à Paris-10e, hors mariage d'Eugène Gustave et de Pauline Vanlierde.
J'avoue avoir longtemps calé sur sa filiation, jusqu'à ce que j'adresse un courrier à la mairie de Bondy, où la réponse d'une sympathique employée m'apporta une réponse tant attendue : Eugène Gustave, décédé le 25 février 1929 à Bondy, était originaire de Strasbourg, étant né le 4 décembre 1859. À partir de là, la recherche fut facile, la mise en ligne des archives du 67 ayant été réalisée.

Une autre épine. La mère d'Eugène Gustave, Joséphine Münch, naquit le 5 janvier 1831 à Strasbourg, de père inconnu. Sa mère, Caroline Münch, était née le 20 brumaire de l'an XII en la même ville, et était la fille de Marie-Anne Münch, également de père inconnu. Heureusement, à chaque acte, la mention de l'origine de la mère me permettait de passer de génération en génération. Finalement, Marie-Anne Münch était la fille de Jean-Baptiste, militaire et capitaine de vaisseau, et de Marie-Anne Haessler. Elle fut baptisée le 23 juin 1780, à Voegtlinshoffen, dans le Haut-Rhin. Mes recherches s'arrêtent là, les registres paroissiaux du 68 n'étant pas encore en ligne.

François Antoine, qui avait épousé Joséphine Münch le 9 octobre 1852, était le fils d'André et de Catherine Marguerite Beÿblé. Sa filiation s'établit comme suit :

Jean-
Georges
Schmitter
Suzanne
Brendler
?-
1784
François-
Michel
Widemer
?-
1774
Barbe
Eisenschmidt
~1718-
1798
Jean
Beÿblé
~1702-
1772
Magdeleine
Garreau
~1706-
1776
Jacques
Schmitter
?-
1788
Marguerite
Hoffherr
1718-
1761



André
Schmitter
1748-
1809
Marie-
Élisabeth
Widemer
1754-
1814
Paul
Antoine
Beÿblé
1736-
?
Catherine
Schmitter
1749-
?





André
Schmitter
1779-
1826
Catherine
Marguerite
Beÿblé
1781-
?












François
Antoine
Schmitter
1825-
1902




Je m'aperçus que les recherches dans ce secteur présentait une difficulté majeure par rapport aux recherches dans le Poitou ou autres lieux : les actes paroissiaux étaient en latin ! Une fois passé ce premier écueil, et grâce aux tables des actes (très précis !), on finit par établir ces filiations. Et Strasbourg, lieu d'échange entre la France et l'Allemagne, confère alors une dimension internationale au buisson de Camille et de Mathilde.

Voici mes bouts de branche :
  • Jean-Georges Schmitter était le fils de Mathieu et d'Appoline Gerber. Il avait épousé, le 27 janvier 1738, en la paroisse Saint-Marc de Strasbourg, Suzanne Brendler, fille de Jean et de Marie Lindernämer. Mathieu était mercier de Suntswir, identifiée par Roseline Skott (que je remercie !) comme étant la paroisse de Zunsweier, près d'Offenbourg. Jean Brendler était tailleur de Major Stuningua, ou Stuningem, paroisse restée non identifiée à ce jour. Si vous avez des idées, je suis tout ouï.
  • François Michel Widemer, inhumé le 13 août 1774 à Saint-Marc de Strasbourg, était le fils de Jean et de Marie Brichler, et était originaire de Windschläg (Offenbourg). Il avait épousé, le 8 janvier 1742, à Saint-Marc de Strasbourg, Barbe Eisenschmidt, née vers 1718 et morte le 28 frimaire de l'an VII, au n°28 rue des Bouchers de la dite ville, celle-ci étant la fille de Jean et d'Anne-Marie Abbach. Elle était originaire de Bavière.
  • Jean Beÿblé, né vers 1702 et inhumé le 10 août 1772 à Saint-Pierre-le-Vieux de Strasbourg, avait épousé, le 10 mai 1732, audit lieu, Magdeleine Garreau, née vers 1706 et inhumée le 17 août 1776 en la même paroisse ;
Vous l'avez remarqué, on retrouve le patronyme Schmitter dans cette branche maternelle de François Antoine Schmitter. C'est la seule de ses aïeuls à venir d'un autre lieu que Strasbourg. Paul Antoine Beÿblé avait épousé, le 30 juin 1772, à Saint-Marc de Strasbourg, Catherine Schmitter, fille de Jacques et de Marguerite Hoffherr : ceux-ci venaient de la paroisse de Dingsheim, au nord-ouest de Strasbourg. Catherine y fut baptisée le 26 août 1749, ses parents s'étant mariés le 2 juin précédent. Marguerite Hoffherr, baptisée le 19 septembre 1718 et inhumée le 24 avril 1761, était la fille Jean et de Christine Erb, qui eurent des filles entre 1716 et 1722, toutes baptisées à Dingsheim. Jacques Schmitter, inhumé le 21 décembre 1788 à Dingsheim, avait épousé, en secondes noces, Magdeleine Schmitt, le 9 janvier 1764. Il était le fils de Jean-Georges et d'Anne Ursule Eschbach et natif d'Ichenheim. Y-a-t'il un implexe quelque part ? J'en suis sûr, mais on passe de l'autre côté de la frontière,  en Allemagne, où je suis totalement aveugle.



J'interromps un instant l'évocation des ronces pour vous décrire cette famille Schmitter de Paris. François Antoine, qui fut agent de police puis employé au chemins de fer (chef d'équipe à Epernay dans la Marne en 1874), puis migrant à Paris, avait épousé Joséphine Münch le 9 octobre 1852 à Strasbourg, où tous leurs enfants sont nés. Ils sont morts tous les deux en cette ville, le premier le 28 juin 1902 et la seconde le 18 septembre 1908, ayant eu de leur union :
  1. Julie Joséphine, blanchisseuse, naquit le 1er avril 1854, était blanchisseuse lorsqu'elle épousa, le 9 février 1878, à Paris-19e, Joseph Suss, menuisier, fils de Léopold et de Catherine Haffner, son compatriote alsacien. C'est la seule branche dans lequel j'ai établi un contact avec un descendant.
  2. François Antoine, lieutenant au 9e régiment d'infanterie puis au 113e, fut reçu Chevalier de la Légion d'Honneur. Il avait épousé, le 2 octobre 1893, à Paris-16e, Élise Gabrielle Deflubé, fille d'Émile Emmanuel et d'Adeline Euphémie Defèvre.
  3. Caroline Bertha, repasseuse, née le 7 novembre 1856, épousa, le 10 janvier 1874 à Épernay, Joseph Edmond Blanchard. Leur petite-fille, Jeanne Marie, biscuitière, sera la première épouse de Maurice Schmitter, l'arrière-grand-père de ma femme.
  4. Eugénie Louise, née le 16 juillet 1858 et décédée le 28 mars 1859.
  5. Eugène Gustave, donc. Il avait épousé, en premières noces, le 27 juin 1891, à Paris-10e, Marie Élisa Schmidt, veuve de Philippe Ritter.
  6. Edmond Jules, aiguilleur aux chemins de fer, né le 19 novembre 1861, épousa, le 19 janvier 1886, à Paris-19e, Catherine Biven, doreuse et blanchisseuse originaire de Montenach (Moselle).
  7. Émile, comptable, né le 21 janvier 1866, fut le seul à se marier dans sa région d'origine : le 20 janvier 1893 à Illkirch-Graffenstaden, Émilie Erb, fille de Jean-Michel et d'Anne Marie Walter.
  8. Eugénie, née le 4 novembre 1867, dont je n'ai pas retrouvé la trace.



Ma femme, belge.

Si vous trouvez qu'il y a assez d'écueil comme ça, je vais encore vous décevoir en vous parlant de la dernière filiation : celle de Pauline Vanlierde, mère de Maurice Eugène Schmitter.
Lorsqu'il naquit, Pauline et Eugène Gustave n'étaient pas mariés, mais l'étaient en 1927. Une aide précieuse me vint d'une bénévole du fil d'Ariane du 93, que je remercie grandement. Elle me donnait le recensement de 1911 du n°37, Grande-Rue, au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis), où la famille Schmitter avait vécu :
  • Eugène Schmitter, né vers 1860 à Strasbourg, chef de famille, charretier chez "Le Béarnais" ;
  • Pauline Schmitter, née vers 1875 à Saint-Gilles, épouse, lingère, patronne ;
  • Pélagie Vanlierde, née vers 1834 à Saint-Gilles, belge, belle-mère, sans profession ;
  • René Pappens, né vers 1897 à Paris, beau-fils, employé chez "Gladiator" ;
  • Yvonne Pappens, née vers 1895 à Paris, belle-fille, cloueuse chez "Colin" ;
  • Marcelle Schmitter, née vers 1903, au Pré-Saint-Gervais, fille, sans profession ;
  • Maurice, né vers 1900 à Paris, sans profession ;
On retrouve Maurice Schmitter, l'arrière-grand-père de ma femme. Sa soeur, Marcelle, portant le même prénom de sa fille, fut l'épouse d'un Laverny, et témoignait sur l'acte de décès d'Eugène en 1929.
Les 3 autres personnes me posaient alors un grave problème : les deux Pappens ne m'étaient pas inconnus. Lorsque je cherchais des Schmitter et des Vanlierde en faisceaux larges dans les tables décennales de Paris (il y en a beaucoup, de tables !), j'avais relevé le mariage suivant :
  • Paul Augustin Léonard Pappens, mécanicien au 58, rue du Faubourg Saint-Martin, épousa, le 14 octobre 1893, à Paris-19e, Berlinde Vanlierde, née le 12 octobre 1875 à Bruxelles, fille de Jacques, journalier à Bruxelles, et de Pélagie Vanhaelter, blanchisseuse à Paris.
Quelle surprise étonnante et pardonnez-moi le pléonasme ! J'avais également relevé les enfants du couple Pappens/Vanlierde :
  1. un garçon né sans vie le 10 avril 1894 à Paris-10e.
  2. Yvonne Jeanne Léontine, née le 5 novembre 1895 à Paris-10e et morte le 30 décembre 1986 à Limeil-Brévannes (Hauts-de-Seine), épousa, son cousin germain, Gustave Paul Guyot, fils d'Eugène Nicolas et de Marie-Louise Vanlierde (soeur de Berlinde).
  3. René Paul Léonard, né le 27 juin 1897 à Paris-10e et décédé le 31 janvier 1994 à Boissy-Saint-Léger (Hauts-de-Seine), était mécanicien lorsqu'il épousa, le 20 avril 1921, aux Pavillons-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Lucienne Constance Vaternelle, fille d'Eugène Albert et de Julie Jeanne Chastang.
Pour faire court, Pauline = Berlinde !

Comment passer d'un prénom à l'autre, quand on manque d'éléments. Ma chance — elle a beaucoup servi à ce moment-là — a été d'avoir trouvé le mariage de Berlinde avant d'avoir les informations du recensement de 1911. Ça, ce fut une épine qui fut retiré du pouce assez rapidement !

Nouvelle épine toutefois. Mes recherches s'arrêtent au couple Vanlierde/Vanhaelter. S'ils ont une autre fille, Marie-Louise, née le 20 août 1872 à Bruxelles et décédée le 18 avril 1945 à Limeil-Brévannes, qui avait épousé, le 21 juillet 1889, à Paris-19e, Eugène Nicolas Guyot, j'ai appris, d'après l'acte de naissance de Berlinde, grâce au fil d'Ariane, que Jacques Vanlierde était natif de Michelbelke (en Flandre Orientale), et Pélagie Vanhaelter, née vers 1834 à Velzeke-Ruddershove (également en Flandre Orientale). J'ai visionné, depuis qu'elles sont en ligne, les archives de Bruxelles, et je n'ai pas découvert leur mariage, qui a pu avoir lieu n'importe où.