dimanche 19 janvier 2014

Y'a du mieux, mais c'est pas encore ça

Il y a un peu plus de deux ans, Alain Texier proposait, dans le forum du groupe d'entraide ge86, une énigme concernant un acte de sépulture peu ordinaire : l'inhumation d'un nombre importants de personnes, femmes et enfants, morts noyés à Saint-Saviol. Cette aventure culmina avec la découverte des greffes de la sénéchaussée de Civray, conservés aux archives départementales de la Vienne, dans lesquels on retrouva les minutes de la procédure judiciaire qui s'ensuivit. Ce travail fut accompli grâce à l'étude de Gloria, alias Lulu Sorcière, qui publia sur son blog les résultats de l'enquête.

Suite à ça, je m'intéressai à le meurtre, commis à Savigné, relevés dans l'index de ce greffe, par Adrien Buchey sur son frère Jean-Nicolas. Gloria et Alain m'apportèrent toute l'aide nécessaire. L'affaire Buchey vit le jour.

Il y a un peu plus d'un an, l'association des Amis du Pays Civraisien, garante de la sauvegarde du patrimoine historique et culturelle de la région, proposait à Alain de tenir une conférence sur la noyade. Celui-ci, de peur de ne pas proposer une conférence suffisamment longue, avait alors suggérer d'évoquer l'affaire Buchey en deuxième partie. Cependant, il ne le put, car, premièrement, il sut magistralement tenir la conférence sur la noyade, et deuxièmement, l'homicide de Savigné pouvait à lui seul faire l'objet d'une conférence.

C'est ce qui s'est produit en fin d'année dernière. On proposa à Alain cette conférence sur l'affaire Buchey, et il s'est retourné vers moi pour me proposer de la tenir, ce que j'ai accepté. A partir de là, quelques contacts peuvent en témoigner, j'ai subi une sorte de trac bizarre, c'était la première fois que je devais parler de généalogie devant un grand nombre de personne.

Finalement, une fois lancé, on oublie ce qu'on fait et les mots fusent pratiquement de façon naturelle. Je n'ai pas vu le temps passer et j'espère avoir bien rendu l'histoire (pas évident d'avoir un ressenti post-opératoire, on ne va pas venir me voir pour me dire que ce n'était pas terrible...). J'ai toutefois eu de bons échos, merci, donc, d'être venu m'écouter, et merci aux Amis du Pays Civraisien et à Mlle Rougier pour avoir organiser cette conférence. Et bien sûr, un grand merci à Alain pour le coup de main.

Cette conférence fit l'objet d'un article dans le journal local, article dont j'ai déjà évoqué les petites erreurs dans une note précédente :

Le Journal de Civray, édition du 19 décembre 2013

Dans un premier temps déçu, je m'étais fait à l'idée : pas grave ! Au moins, j'ai une belle photo de moi... C'est-y pas que des proches sont venus se plaindre et un second article parut il y a moins de deux semaines :

Le Journal de Civray, édition du 9 janvier 2014

Y'a du mieux, mais c'est pas encore ça ! Je crois qu'on a du mal avec mon patronyme, pourtant extrêmement local et pratiquement inchangé depuis 400 ans (variations avec Pisard, Puisard, Pissart, etc.). Pour info, je vous joins ci-dessous l'un des plus anciens baptêmes concernant mon nom, trouvé dans les registres paroissiaux de Civray (le plus ancien date de 1612, les registres commençant en 1611, on peut pas faire plus ancien) :

Archives en ligne de la Vienne, Civray, B - 1611-1615, v.88/104

Le troisième jour du mois d'avril mil six cent et quinze, en l'église Saint-Nicolas de Civray, par moi soussigné vicaire dudit Saint-Nicolas et de Saint-Pierre d'Exideuil son annexe, a été baptisée Suzanne Pissard, fille de Colas Pissard et de Marie Quaquette du village de Marigné, paroisse dudit Saint-Pierre d'Exideuil, et furent ses parrains Guillaume Texereau dudit Marigné et Suzanne Eymard du Moulin Minot susdite paroisse, en foi de quoi j'ai signé, les jours, mois et an...

A moins qu'on nous la fasse à la manière de Ligault, curé de la Charrière (Deux-Sèvres), concernant une famille Pissard (non connectée à ce jour aux familles civraisiennes), dont le patronyme était jugé tellement vulgaire que ce fameux curé le signalait dans les actes (tant et si bien qu'il donnait le patronyme de Charrière, la paroisse, au lieu et place de Pissard), comme par exemple :

Archives en ligne des Deux-Sèvres, BMS - 1700-1750, v.215/264

Le vingt deux mars mil sept cent quarante deux a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps d'Aimé Charrière vulgairement appelé Pissard décédé du jour précédent fils d'Alexis Charriere et de Jeanne Laidin, ont été présents Alexis Charriere, Louis Charrière, Jeanne Charrière, Laurent Charrière et autres qui ont déclaré ne savoir signer, le défunt âgé de vingt trois ans...

Après, je ne vais pas changer ce présent site en la Picarderie, désolé, mon patronyme, j'y tiens un peu.

4 commentaires:

  1. J'ai déjà eut une coquille, mon prénom transformé en ... Elodée !

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  2. Et moi dont ! Yann, Yan, Ian et même une fois Yannick... Mais bon y a le plaisir d'avoir la photo... Deux fois !

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  3. Bonjour,

    Concernant l'attribution du patronyme Charrière au lieu et place de celui de Pissard, j'attire votre attention sur l'acte de naissance d'Alexis, fils de Jean et Marie Margorie et père d'Aimé dont vous relevez l'acte de décès en 1742. Il est né à la Charrière le 22 Juin 1673, en tant qu'Alexis Charrière (BMS 1624-1673, vue 84/242). Il s'agit pourtant bien du même Alexis Pissard, comme en témoigne son décès en octobre 1746, ainsi que de nombreux autres actes. Mais comme quoi le curé Ligault n'avait rien inventé.

    Cordialement,
    André

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    1. Bonjour, André. Bien vu, je vous joins l'étude que j'avais faite il y a quelques années sur cette famille Pissard qui n'était certainement pas originaire de la Charrière :
      http://nomsdupoitoudelapissarderie.blogspot.fr/2013/12/pissard-la-charriere.html.
      Si vous trouvez le contrat de mariage de Jean Pissard et de Marie Marjerie, je suis preneur. Cordialement, Séb

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