vendredi 14 décembre 2012

Le meurtre de Château-Garnier (1881)

Souvenez-vous. Il y a quelques temps, j'avais pris la plume (ou plutôt le clavier) pour reprendre l'histoire du sieur Clément, coupable d'un double meurtre (sa femme et sa domestique) à Usson-du-Poitou en 1892. On évoquait son oncle, condamné pour le meurtre de son fils 12 ans auparavant.


Voilà cette histoire.


Le 18 février 1881, inquiets d'être sans nouvelle de Louis Clément, 30 ans, parti à la Foire de Joussé le 14 précédent et n'étant pas réapparu depuis, ses parents et amis entreprennent des recherches. Celui-ci habite au Grand Pin, sur la commune de Château-Garnier. Il n'a pas très bonne réputation : maraudage, braconnage, ses moeurs laissent à désirer, les voisins le redoutent.  Comme la Clain passe en-dessous du hameau, on décide de sonder la rivière. On ne tarde pas à découvrir le corps sans vie du jeune homme dans une fosse. L'autopsie révèle rapidement que la mort est d'origine criminel : le crâne est fracturé et broyé à plusieurs endroits, les coups ont été d'une extrême violence, porté avec des objets tranchants et contondants. Ses blessures auraient du le faire mourir rapidement, mais il est prouvé que, mourant, Clément a été jeté dans le Clain et est mort noyé.
Le corps est sorti de l'eau. Lourd, il doit être porté en civière. Louis Pradeau, l'un de ceux qui le portent, aura de grande peine à le poser sur son lit.

Rapidement, on comprend qu'un dénommé Pierre Fleurant, 24 ans, camarade habituel du mort et habitant le hameau de Lallier, n'est pas étranger à l'affaire. Il ne tarde pas à passer aux aveux :
Dans la soirée du 14 courant, en revenant de la Foire de Joussé, il rentre chez lui et y trouve sa mère, Marie Aucher, en train de lui confectionner une blouse. Marie Aucher n'a pas une réputation des plus enviables. Âgée de 48 ans, elle est veuve de son premier mari, François Fleurant, et s'est remariée en 1863 avec François Marchadier. Quelques instants après, arrive à son domicile Pierre Clément, père de la futur victime. Ivre comme à son habitude, celui-ci entretenait autrefois une relation avec sa mère, mais ce soir-là, Pierre Fleurant engage le bonhomme à se retirer, allant même jusqu'à l'accompagner au Grand Pin. De retour, il se couche et s'endort.
Il est réveillé par un grand cri et découvre Louis Clément, étendu par terre et n'apparaissant plus en vie. Sa mère tient dans ses mains une grande serpe, avec laquelle, semble-t-il, elle a frappé le jeune homme. Dans un premier temps, le fils cherche à prévenir les gendarmes et le maire, mais, menacé par sa mère, il consent à porter le corps à la rivière.
Ces circonstances seront confirmées par la femme Marchadier : Louis Clément, également son ancien amant, serait venu la voir peu de temps après que son fils se soit endormi. Voulant reprendre cette relation, Louis Clément insiste et une dispute s'engage entre le jeune homme et la femme. De colère, elle le frappe avec une serpe posée à côté d'elle. Elle dira que le jeune homme la menaçait avec un couteau, la blessant même sur le crâne.

Antoine Bellaud, 50 ans, rentier à Joussé, fait parti de ceux qui ont porté le corps de Louis Clément de la maison à l'endroit où le docteur Guillaud-Vallée voulait procéder à l'autopsie. « Nous étions quatre, dit-il, mais comme je ne soutenais que la tête, je ne peux pas vous dire approximativement ce qu'il pesait. Cependant, j'ai reconnu qu'il était assez lourd, lorsqu'il a fallu le déshabiller.
— Admettez-vous possible à un homme et à une femme seuls de porter le corps de Clément de Lallier à la rivière, soit pendant 593 mètres ?
— La chose me paraît difficile à moins cependant qu'ils ne se soient servis d'une civière et encore, aurait-il fallu qu'ils se reposassent plusieurs fois. »

Lors de la reconstitution du 10 mars, le maréchal des logis Bertrand mène les deux escortes qui conduisent Fleurant et sa mère sur les lieux du crime. Il s'assure que les deux inculpés ne  se voient pas, en les maintenant à deux km de distance l'un de l'autre. Dans la maison de Fleurant, Bertrand questionne la femme Marchadier sur les circonstances du crime. Puis la troupe parcourt le chemin qui mène à la rivière : Bertrand est persuadé que Fleurant et sa mère n'ont pu porté seuls le cadavre de Louis Clément sur une si grande distance. Il pose la question au jeune homme, mais celui-ci ne dit rien et déclare qu'il ne sera pas puni car il n'est pas coupable.
Toujours préoccupé, Bertrand, revenu à Lallier, s'apprête à quitter les lieux lorsque la femme Marchadier lui demande d'intervenir auprès de son mari pour qu'il lui prête de l'argent. Le pauvre hère avait jusque là refusé. Bertrand rétorque que François Marchadier est déjà bien fatigué des dépenses qu'il a déjà faites pour elle, alors elle répond : « dites-lui de m'envoyer deux cents francs, il ne risquera rien, car plus tard, j'en aurai et je les lui remettrai. »

Bertrand ne fait pas particulièrement à cette remarque. Toutefois, les circonstances vont lui faire se rappeler cette petite phrase. Il apparaît évident pour les enquêteurs que Fleurant et sa mère cachent une partie de la vérité. 

Harcelé, Pierre Fleurant finit par avouer : en se réveillant, durant cette nuit du 14 février, il aperçoit sa mère, Louis Clément mais surtout Pierre Clément, le père de la jeune victime. Celui-ci s'engage à lui donner 20.000 francs s'il consent à garder le silence. De nouveau, ces nouvelles circonstances seront confirmées par le femme Marchadier.

Voilà ce qui se passe le jour du drame :
Le 14 février, Clément père dîne à Joussé avec Joseph Augry, Jules Vriet et l'aubergiste Pierre-François Sorton.   Étrangement, aucun ne relève que Clément père parle de son fils en mauvais termes, qu'il lui causait beaucoup de soucis et « qu'il voudrait le savoir mort là où il était. »
Ils partent ensemble mais à peine avaient-ils fait 50 m que Clément s'arrête. Les 3 autres ne l'ont plus revu. Ils ont rencontré Fleurant, après avoir traversé Moiseau, qu'ils ont accompagnés jusqu'à Lallier. Il est 11 heures environ.
Peu après, Clément père arrive chez la mère Marchadier, l'engageant à sortir dehors. Celle-ci refuse, et son fils, à peine rentré, éconduit l'individu. Il l'accompagne même jusqu'au Bois-à-Bourreau. Fleurant rentre se coucher.
Clément revient malgré tout, et, profitant de l'absence du fils, s'impose chez la vieille femme. Peu de temps après, un bruit se fait entendre dehors. Clément ne veut pas qu'on le voit, il cherche à se dissimuler dans un coin.
Aussitôt, c'est Clément fils qui apparaît. Il s'assoit à une chaise - celle-là même que son père venait de quitter - puis entreprend d'arranger une sa montre avec un couteau.
C'est en levant les yeux qu'il aperçoit son père.
Il se lève soudainement et s'adresse à la femme, le couteau levé : « Je t'avais bien dit que nous ferions une mauvaise fin si je te trouvais avec mon père ! »
A ce moment-là, la femme Marchadier prend une serpe et lui assène un coup sur la tête. Il chancèle. Son père s'approche et attrape la serpe des mains de la femme pour asséner plusieurs coups à son propre fils. Puis il le frappe encore et encore avec une bûche de bois, jusqu'à ce que le jeune homme ne donne plus signe de vie.
Avec tout ce bruit, Fleurant s'est réveillé. Découvrant la scène, il veut prévenir les gendarmes. Clément l'en empêche et lui promet même 20.000 francs s'il se tait. Fleurant consent à aider sa mère et son amant pour porter le corps à la rivière. La femme Marchadier en profite pour s'emparer du porte-monnaie et de la montre de la victime : ils seront retrouvés plus tard par la gendarmerie dans son armoire.

Clément s'indigne et nie ces aveux. Mais l'homme avait cherché à tromper son monde. Le jour du meurtre, il avait cherché à suborner de nombreux témoins. On notera, pour l'exemple, sa visite chez ses métayers les Soumillat, à qui il aurait dit : « Tant que je ne ferai pas plus de mal, je n'ai pas peur d'être arrêté ! » A eux et à son autre métayer Dudognon, il leur aurait fait certifier qu'il était rentré chez lui vers minuit ou minuit et demi, ce qui était indubitablement faux.
L'homme s'adonnait à la boisson et était fréquemment ivre. Il faisait mauvais ménage avec sa femme, qui, 5 ans auparavant, avait été contrainte d'abandonner le domicile conjugal. Son ancien domestique, Louis Deschamps, rapporte qu'une fois son maître avait pris le fusil et avait entrepris de tuer sa femme et son fils : grâce à ce domestique et à son fils, le père finit par se calmer. 
Sa liaison avec la femme Marchadier était connue, bien qu'il la nie farouchement. Si cet homme était trouble, la femme Marchadier et son fils n'étaient pas en reste : on raconte qu'ils entretenaient même une relation incestueuse...

Le procès se tient les 23, 24 et 25 mai 1881. La foule envahit le tribunal. La chaleur est étouffante, mais malgré tout, l'auditoire reste compact et serré. Le crime est sérieux et la moralité douteuse des accusés font la curiosité du peuple.
Au terme d'un procès intense, le jugement tombe :
  1. la femme Marchadier est condamnée au travaux forcés à perpétuité,
  2. Clément père à vingt ans de la même peine, sans surveillance,
  3. Fleurant fils, à deux ans de prison et à 100 francs d'amende.
En entendant son jugement, la femme Marchadier se penche vers son avocat et demande : « Monsieur, est-ce que j'aurai le cou copé ? »
On emmène les condamnés. Le public se précipite dans la salle des Pas-Perdus où attend déjà une foule immense, près de 3000 personnes, qui débordent jusqu'à la place Saint-Didier. Les autorités ont du mal à se frayer un passage, tandis que des huées des sifflets accueillent les trois sinistres individus à leur arrivée sur la place. Suivis par une bande compacte, ils arrivent enfin en prison, enfin en sécurité, sous les invectives et les menaces.

Fleurant fils s'en sort plutôt bien. Il est établi par la Cour qu'il n'est coupable que de recel de cadavre et on lui accorde les circonstances atténuantes. Il s'installe à Angoulême comme manoeuvre, où il épouse Marie Desvergnes, papetière, en 1885.

Sa mère n'échappera pas à sa fin. Elle mourra en 1902 dans la prison de Rennes :

AD en ligne, Rennes, D - 1902, v.184/286

Pierre Clément est déporté en Nouvelle-Calédonie, où il arrive le 11 août 1881. Il ne survivra pas longtemps, il mourra le 28 décembre 1882, à Nouméa, sur l'île Nou.
  • Archives en ligne,
  • L'avenir de la Vienne, 25, 26 et 27 mai,
  • Journal de la Vienne, des Deux-Sèvres et de la Vendée des 25, 26, 27 et 28.

dimanche 18 novembre 2012

Lettres d'un Curé des environs de Civrai (11)


AdP 02/04-25/06/1789, v.15
Du 21 mai 1789

Lettre d’un Curé des environs de Civrai, à l’Auteur des Affiches

Monsieur, M. le Marquis de Fayolle vient d’établir auprès de son moulin économique, une nouvelle boulangerie pour les pauvres des paroisses voisines. Les indigens, sur le certificat de leur Curé, recevront du pain à sept liards la livre. Ce noble & généreux établissement est digne de la reconnoissance publique, puisqu’il présente une économie qui réunit l’intérêt général à l’intérêt particulier. Car, quoique le pain soit l’objet le plus essentiel de la vie, il n’y a cependant rien de plus négligé & de plus mal entendu, tant pour la mouture que pour la fabrication. 1.° On ne sauroit apprécier la valeur des farines qui se perdent dans les fons. 2.° On ne peut expliquer combien le dégré de chauffage mal observé, la manipulation, les fours mal construits, mal couverts, font perdre de pain & de bois dans les campagnes. Il est prouvé que dans les villes, où les fours sont moins communs, mais mieux faits & chauffés souvent, il est prouvé, dis-je, qu’il en coûte pour la cuisson du pain, six fois moins que dans les campagnes. J’ai vu des Laboureurs acheter un boisseau de blé, le faire moudre, cuire & manger dans un jour, & dépenser plus d’argent pour le bois que pour le blé. Je leur ai montré souvent que du pain n’auroit coûté que deux sous chez le boulanger, revenoit souvent à trois, par la dépense qu’exigent les fours mal faits. Ce qui fait une consommation absolument perdue : car, si le Meunier & le Boulanger trompent, ils en profitent ; mais, si on brûle du bois mal à propos, si par un mauvais apprêt il se perd beaucoup de pain, c’est une perte qui ne profite à personne.
Enfin, en examinant l’ignorance des Meuniers, l’imperfection des moulins, la mouture des blés, la fabrication du pain, le degré de chauffage mal observé, les embarras, l’emploi du temps & le bois qui renchérit le prix du pain, & affaiblit nos ressources, je désire, en bon citoyen, de voir substituer le commerce des farines à celui du blé ; je désire encore plus de voir dans les campagnes des Boulangers fournis aux municipalités, qui, instruits par des essais, veilleroient au prix & à la qualité du pain.
Oui, M., je ne cesse de la dire & de le répéter, si les Boulangers par leurs soins pouvoient seulement gagner la valeur des farines qui se perdent dans le son, s’ils gagnoient l’argent du bois que les fours mal faits consument ; si les Boulangers, enfin, gagnoient ce qui se perd par la mauvaise fabrication du pain qui se fait dans les campagnes, ils deviendroient des millionnaires, & leur richesse seroit même un avantage pour le public, puisqu’ils profiteroient d’une perte qui, bien loin d’être utile à quelqu’un, ne sert qu’à affoiblir nos resources & renchérir le blé.
D’après mille résultats, qu’il seroit trop long de déduire, on peut voir combien l’établissement de M. le Marquis de Fayolle devroit être imité, puisque dans la spéculation & la pratique, il concilie avec la charité une économie essentielle, dans laquelle l’intérêt général est réuni à l’intérêt particulier.
Il y a plusieurs années qu’il arriva dans ce pays un évènement malheureux, qui montre la nécessité de placer dans un lieu sain le pain sortant du four.
Deux bœufs, morts d’une maladie contagieuse, furent dépouillés ; on en plaça les peaux dans une boulangerie : la chaleur du pain attira tellement le poison de ces peaux, que tous ceux qui mangèrent de ce pain, furent empoisonnés.
L’on m’a assuré qu’ayant fait fondre de l’arsenic dans l’eau, & ayant laissé ce poison auprès d’une livre de pain sortant du four, on donna ce pain à un chien, qui en mourut. Hélas ! combien d’accidens & de maladies se communiquent par le défaut de précaution !
D’après une expérience de trois ans, je puis assurer que la farine se conserve très bien en sacs isolés, placés & disposés au milieu des greniers. Ceux qui pratiquent cette méthode peuvent faire l’expérience que j’ai réitérée souvent. Qu’ils prennent de la farine de chaque sac isolé, qu’ils l’exposent au grand air, ils verront qu’en huit jours les mites en dévoreront la faine, tandis que celle de trois ans n’aura éprouvé aucune altération quelconque. L’air & les masses en font la différence, dont tout le monde peut s’instruire, ainsi que des nombreux avantages des farines en sacs isolés.
J’ai l’honneur d’être, &c.

mardi 16 octobre 2012

C'est ce qu'on appelait dans le temps "avoir la Foi"

La recherche d'une ancêtre, Jeanne Delafond, m'a fait découvrir cet acte de sépulture un peu insolite. L'insistance du curé pour prouver la Foi du défunt est bien inhabituelle :

AD en ligne, Blanzay, BMS - 1742-1752, v.37/92
AD en ligne, Blanzay, BMS - 1742-1752, v.38/92

"le treize juillet 1745 après que françois pelain du village de chez bouton paroisse de st-romain, et jeanne delafond son épouse, ont affirmé que défunt pierre brun avoit fait son devoir paschal à champniers et que mr le curé étoit content de luy et que jeanne texereau sa cousine antoinette brun sa soeur andré condac son cousin demeurant au village des champs jean dyon aussi son cousin ont affirmé la mesme chose et qu'il faisoit son devoir paschal et nommement cette dernière année nous avons donné la sépulture chrestienne a défunt pierre brun fils légitime de défunt pierre brun et de jeanne delafond en premières noces lequel est décédé le douze du présent en cette paroisse de blanzay estant tombé du haut d'un cerisier sans avoir pu parler avant d'expirer on lui a trouvé un chapelet dans sa poche qui avec les témoins ci-dessus est une preuve de sa catholicité fait à blanzay le treize du présent mille sept cent quarante cinq"

Cet acte étrange m'apporte - quand à moi - de nombreux détails à exploiter pour remonter la piste du couple Pierre Brun/Jeanne Delafond. La soeur du défunt, Antoinette, citée dans l'acte, est mon ancêtre.

PS : c'est mon deuxième tué par un cerisier (pour Gloria)... Ah, l'attaque des cerisiers tueurs du Poitou !

mercredi 12 septembre 2012

Fourrier de feue Madame la Dauphine

Lors de recherches sur la famille Guitteau, de Poitiers (86), je suis tombé sur cet acte concernant l'un d'eux. Il fut — et cette expression apparaissait déjà à son second mariage en 1724 — fourrier de feue Madame la Dauphine.
Son père, François Guitteau (un grand merci au ge86 pour cette info, le mariage n'étant pas filiatif), fut maître pâtissier dans la paroisse de Saint-Didier.

AD en ligne, Poitiers-Saint-Didier, BMS - 1741-1748, v.38/111
Qui était donc cette Dauphine ? Peut-être la dernière à être décédée avant 1724, c'est-à-dire Marie-Adélaïde de Savoie, épouse de Louis de France, petit-fils de feu Louis XIV et défunt père de Louis XV.
D'après Wikipédia, un fourrier était le sous-officier chargé de l'intendance. Ce terme vient de fourrage, à l'origine, donc, il s'agissait d'un sous-officier de cavalerie chargé spécialement des écuries.

lundi 10 septembre 2012

Jacques Petit, sieur de la Bougonnière (2)

Lors de mon précédent bulletin, je n'avais pas pensé à mes deux ascendances qui apparaissaient également dans le Beauchet-Filleau. L'une, celle des Brothier, sieur de Chambe, s'établit à Voulême (86) : mes ancêtres les plus anciens que je retrouve dans les registres paroissiaux apparaissent dans le tome 2 (page 21 et plus) : Charlotte Brothier, épouse de René Marteau le 2 novembre 1661. Cette filiation n'est pas issue de mes recherches, je n'ai fait que prendre un train en marche.
La seconde entrée dans le Beauchet-Filleau est une découverte récente qui méritera peut-être un article. On trouve, dans le même tome du BF, page 370, une Marie Chein, épouse de  Pierre Guilloteau, qui habitait Payré (86). La date du mariage est fausse, celui-ci ayant lieu en 1655.
Reprenons donc le fil de mon enquête sur le sieur Tribot, le notaire, et ses aïeuls. Merci pour vos encouragements, bonne lecture...

Avant d'entrer dans les détails, essayons de décrypter ce mariage Tribot-Petit. Côté Tribot, on a les deux parents, François Tribot et Marie Blanchard. On a un oncle paternel, Pierre, et un cousin germain, Antoine Tribot. Il n'est pas sûr que ce dernier soit le fils de Pierre, mais c'est une possibilité. Celui que je pense faire correspondre est Antoine Tribot, que j'ai trouvé à Savigné. Il épouse Magdeleine Allain le 7 octobre 1704 (AD en ligne, Savigné, BMS - 1700-1708, v.60/112). Mariage non filiatif, absence de signature, mis à part la présence d'un Jean Tribot, témoin du mariage, le cheminement de cette filiation m'a mené nulle part. Idem pour le Pierre, qui peut être n'importe qui.
J'ajoute que les registres paroissiaux (outre les baptêmes de 1640 à 1644) ne commencent qu'en 1700. Dur, dur, alors, de trouver quelque filiation par ces registres.
J'identifie Pierre Delafond, simple cousin de l'époux (donc peut-être au 3ème, 4ème degré, voir cousin par alliance, etc...) comme étant celui qui fut l'époux de Jeanne Brun puis de Suzanne Boesme, le 26 août 1705 à Savigné (AD en ligne, Savigné, BMS - 1700-1708, v.76/112). Sa signature est significative. Mais là aussi, à part la présence d'un Antoine Tribot, témoin, la piste mène à un cul-de-sac.

Grâce au dictionnaire topographique de la France, tome 27 (dictionnaire topographique du département de la Vienne), rédigé par monsieur Redet (1881), je localisai facilement l'origine du domaine de Laspière. Situé sur l'actuelle commune de Saint-Romain, ce village changea de nom et passa de La Cepère (1494) à La Spière (Cassini), puis Laspière (1841). Actuellement, ce village porte le nom de la Sepière.


Extrait de la carte de Cassini
Laissons les Tribot de côté, alors.

Voyons voir du côté de la mariée. Outre les parents, nous avons Benjamin Dunoyer, sieur de la Pigerie, son oncle, et Pierre Robert, sieur de la Nougeraye, son cousin germain.

Les Dunoyer

Grâce au ge86, je trouvai ce Benjamin Dunoyer sur les registres de Saint-Gaudent (86). En effet, ce joyeux bourgeois, qui paraissait être assez important, se marie en 1693 avec Marthe Bertrand. Son domaine (La Pigerie) est signalé, et Jacques Petit est même donné comme beau-frère. Tout colle, j'ai bien le bon :


AD en ligne, Saint-Gaudent, BMS - 1692-1710, v.10/101
AD en ligne, Saint-Gaudent, BMS - 1692-1710, v.10/101
A propos de la Pigerie, deux villages ont porté ce nom sur la commune de Savigné : La Pigerie et Les Pigeries. Seul ce dernier hameau existe encore actuellement.


Extrait de la carte de Cassini
Isaac Pierre Dunoyer, sieur des Broues, frère de Benjamin et de ma sosa Catherine, est retrouvé grâce à 3 baptêmes à Saint-Gaudent (il est l'époux de Catherine Vaugelade, qui signe également sur ce mariage). Je n'ai cependant pas trouvé d'autre postérité pour ces deux hommes.


Beauchet-Filleau,
tombe 3, page 217 
A ce moment-là, je contactai Jean-Claude, qui, par ses connaissances sur les familles notables de la région, aurait peut-être des éléments me permettant d'avancer. Il en avait, et ce fut particulièrement probant. Je reçus des extraits de deux ouvrages : le Beauchet-Filleau (tome 3, à partir de la page 217), et la Commune de Surin, par Surreaux.

Le Beauchet-Filleau donnait une indication très explicite :


Beauchet-Filleau, tombe 3, page 218
Sauf que quelque chose ne collait pas, car un peu plus loin dans l'ouvrage, on trouve la note suivante :


Beauchet-Filleau, tombe 3, page 218
Il n'est pas possible que les Beauchet-Filleau et de Chergé, ou leurs collaborateurs, n'aient pas vu cette indication dans le mariage de Benjamin Dunoyer : frère d'Isaac Pierre ! Et de toute façon, Marthe Bertrand (prénommée Marie dans le BF) n'est pas la fille de Samuel Bertrand, sieur de la Pommeraye, mais sa soeur. Le Beauchet-Filleau peut être un Saint-Graal comme une lame à double tranchant. Je reçus une bonne leçon ce jour-là : toujours vérifier ses sources, analyser, interpréter ! Ma manière d'étudier les filiations changea du jour au lendemain.
Cette erreur, toutefois, est relevée partiellement dans le livre de Surreaux. Celui-ci, étudiant l'histoire de son petit village de Surin (86), retrace une partie de la famille Dunoyer qui s'y établit au début du XVIIIème siècle. Il reprend les notes de Monsieur Bobe, auteur de l'Histoire de Civray, et surtout cette famille Dunoyer qui semble incohérente dans le BF.
C'est grâce à l'inventaire après décès d'Antoine Dunoyer, époux de Marie Crozé (indiqué comme fils de Pierre Dunoyer et de N. Vaugelade dans le BF), du 2 août 1666, que Monsieur Bobe a réussi à reconstituer la filiation qui m'intéresse : Antoine Dunoyer (époux de Marie Crozé) est le fils de Pierre Dunoyer et de Françoise de la Dugue (noms isolés dans le BF). Ce dernier est le fils d'un sieur du Bois-Bertrand et a comme frère Benjamin l'assesseur, placé en mauvaise filiation dans le BF.
Ce qui donne :

DUNOYER N., sieur de Bois Bertrand, paroisse de Saint-Pierre-d'Exideuil, qui eut comme enfants :

  1. Pierre Dunoyer, qui suit,
  2. Benjamin Dunoyer, sieur de la Chastre, avocat au Parlement, puis conseiller du roi, assesseur en la maréchaussée de Civray, juge à Saint-Maixent, fait plusieurs acquisitions en 1645 et 1650. Il épousa, vers 1620, Jeanne Duboys. Il paraît agir souvent de concert avec son frère Pierre, sieur de la Grange. C'est ainsi que celui-ci, demeurant au Brouhes à Saint-Gaudent, afferme le 15 juin 1639, au nom de Benjamin Dunoyer, absent, une maison, jardin et ousche appartenant à ce dernier, appelée la Touche, touchant le chemin allant du dit lieu de la Tousche au cimetière à senestre (aujourd'hui l'hôtel du Cygne à Civray).
DUNOYER Pierre, sieur de la Grange, avocat à Civray, décédé avant le 23 avril 1660, date du testament de Françoise de la Dugue, sa veuve, en faveur de Catherine Dunoyer, sa fille, épouse de Paul Chein, sieur de Périssac. De cette union, naquirent au moins deux enfants :
  1. Catherine Dunoyer, épouse de Paul Chein, sieur de Périssac, à Limalonges (79). J'ai poursuivi les recherche de Bobe, en trouvant le mariage de leur fille Catherine Chein, née vers 1664, avec David Le Mareschal, sieur de Belle-Plaine, né vers 1659, le 23 octobre 1684 à Chef-Boutonne (mariage protestant). Ces derniers auront au moins deux fils : Gédéon Le Mareschal, né en 1685, et Jean Le Mareschal, écuyer, sieur de Chambelle et de Belle-Plaine, époux de Claude Thérèse de Massougne (~1688-1753). La filiation se continue avec deux fils du dernier couple : Jean et Charles Le Mareschal.
  2. Antoine Dunoyer, sieur des Brouhes de Saint-Gaudent, protestant militant, marié à Marie Crozé, également de famille protestante (donné même comme fille du ministre de la Roche Crozé), avec laquelle il habite aux Pigeries, paroisse de Savigné.
Antoine Dunoyer fait une vente le 25 février 1665 et est mort bien sûr avant son inventaire après décès. De son mariage avec Marie Crozé, Antoine Dunoyer a eu une fille, Catherine, d'après un acte de 1691. Elle est remariée à ce moment-là à Jean Petit. Catherine, son époux Jacques Petit, sieur de la Bougonnière, vivent ensemble aux Pigeries de Savigné, avec Marie Crozé en 1701, lorsque la vieille dame est inhumée. Benjamin, son fils, et Jacques Petit, son gendre, sont indiqués :

AD en ligne, Savigné, BMS - 1700-1708, v.45/112
Après la découverte de cet acte, j'ai pensé que feu Jean Petit, second mari de Marie Crozé, est le père de Jacques Petit. Je situe le mariage Petit-Dunoyer vers 1680/1685, il a très bien pu y avoir également un deuxième mariage (celui de parents survivants des deux époux). Mais cela n'engage que moi.


Les Robert

Croyez-moi ou non, mais lorsque je rentrai Pierre Robert dans mon fichier Heredis, une autre occurrence de ce nom m'est apparu : Pierre Robert, né le 23 avril 1680 à Champniers (86), fils d'Alexandre Robert et de Françoise Petit. Comprenez mon étonnement ! Ça collait parfaitement, en considérant que Jacques Petit et Françoise Petit étaient frère et soeur. Quel retournement de situation, quel suspense !


AD en ligne, Champniers, BMS - 1688-1690, v.102/110
Dans mon arbre généalogique, coincés quelque part, j'avais Perrette Robert, sosa n°7399, épouse de Louis Girardière, et Gaspard Robert, son frère, sosa n°7192, époux de Perrette Bot. Cette fratrie est issu du couple Jean Robert (~1600/1672) et Antoinette Garnier (~1602/1677), et, je ne sais pour quelle raison, la recherche de leur descendance me passionne depuis de nombreuses années. De temps en temps, je prends un petit moment pour suivre l'évolution d'un couple, pour trouver leurs enfants, etc... Cette recherche, si elle vous intéresse, est accessible sur Geneanet par ici.

Alexandre Robert est un frère de Perrette et Gaspard, et donc un fils de Jean et d'Antoinette Garnier. Cependant, je ne pus remonter plus loin. Et Françoise Petit demeura orpheline.

(A suivre)



dimanche 9 septembre 2012

Lettre d’un Curé des environs de Civrai (10)


AdP 01/01-26/03/1789, v.24
Du 19 mars 1789

Lettre d’un Curé des environs de Civrai, à l’Auteur des Affiches

Par votre Affiche du 19 février, n°8 [1], il paroît que l’Administration désire depuis longtemps trouver des moyens de marquer les moutons, de manière qu’on puisse les reconnoître facilement, sans endommager les toisons, &c.
Je dois vous observer que tous mes laboureurs, qui ne laissent rien perdre, pratiquent un moyen digne d’être inséré dans vos Feuilles.
Quand ils déboîtent leurs chariots ou charrettes, ils ont un très grand soin d’amasser l’oing qui se trouve sur les essieux ; c’est une couleur noirâtre formée par le bois et le fer : le frottement & roulement continuels liment les courbes & boîtes, de façon que cet oing, bien délayé & frotté, prend une couleur que l’air & l’eau effacent très difficilement.
J’ai lu cet avis à notre Chambre littéraire de Civrai : tous les Membres ont regardé mes observations & ces moyens éprouvés, comme une découverte essentielle pour les Propriétaires.
Je n’ai pas besoin d’expliquer combien l’Economie rurale y trouve son compte, surtout quand l’on saura que ces empreintes graisseuses appliquées sur la tête & les jambes des moutons, adhèrent assez pour durer deux ans au moins.
Un de mes laboureurs m’a montré tout-à-l’heure la vérité de ce trait. Il existe dans les toîts des moutons marqués depuis deux ans ; cette couleur économique & à la portée de tout le monde, n’a souffert aucune altération ni de la part de l’air ni de l’eau.
Je travaillerai à de nouvelles épreuves, & il pourroit se faire que quelque nouveau mélange avec cet oing peint par le bois et le fer, pût former une couleur encore plus sûr & plus utile à ceux qui font un emploi des laines.
J’ai l’honneur d’être, &c.

[1] Article mentionné par le Curé :

AdP 01/01-26/03/1789, v.16
Du 19 février 1789

Avis pour marquer les Moutons

L’Administration désire depuis longtemps, trouver des moyens de marquer les moutons, de manière qu’on puisse les reconnoître facilement, sans endommager leurs toisons. Dans le nombre des empreintes dont on fait usage, les une s’effacent par l’action de l’air & celle de l’eau ; les autres ne peuvent être détruites par les opérations qu’on fait subir aux laines pour leur dégraissage. Ce sont les deux inconvéniens qu’il faut principalement éviter. Il faut encore exclure tous les moyens qui tendent à mutiler les moutons, ou qui pourroient nuire à leur santé, & il paroît que les empreintes qu’on applique sur la partie de la tête, qui est dénuée de laine, n’y adhèrent point assez.
Les ingrédients dont va donner la description, ont paru jusqu’à présent les plus propres à remplir l’objet qu’on se propose. Cependant on ne les annonce pas comme suffisamment éprouvés ; mais l’on croit qu’il feroit important d’en faire faire des essais dans les différents parties du royaume exposées à des climats différens.
On propose donc à Messieurs les intendans d’en faire faire des épreuves dans leurs généralités, ainsi que des autres moyens qu’on pourroit leur proposer, même de ceux connus & usités, afin que la réunion des observations qui doivent résulter de ces épreuves, on puisse faire une instruction utile aux propriétaires des troupeaux & aux manufacturiers qui font un emploi des laines.

Première composition
C’est un simple mélange de suif fondu, & d’une quantité suffisante de charbon réduit en poudre fine, pour lui donner une couleur noire.

Seconde composition
On peut donner plus de souplesse au mélange précédent, en y ajoutant un huitième de son poids de goudron ; mais celui qu’on retire du charbon de terre, n’a pas paru convenir, parce qu’il est trop dessicatif.

samedi 8 septembre 2012

Jacques Petit, sieur de la Bougonnière (1)

Voilà le début d'une petite histoire qui me trotte dans la tête depuis un certain temps. Je pose par écrit ces quelques mots. Mis bout à bout, les indices me permettront peut-être d'avancer. Et qui sait ? Un lecteur aura peut-être la pièce qui me manque.  Bonne lecture.



Il était une fois un couple - Jean Tribot le notaire et Marie-Anne Gayet, mariés à Payroux (86) en 1734 - qui me posa un certain souci... en fait, le mariage n'était pas filiatif concernant Jean Tribot :

AD en ligne, Payroux,
BMS - 1717-1738, v.70/98
Maître Jean Tribot de la paroisse de Savigny et demoiselle Marie Anne Gayette fille de Antoine Gayette et de Marie Pascaut ont reçu la bénédiction nuptiale par moy soussigné avec la dispense de deux bans cy attachée et le certificat de mr le curé de Savigné. Les dites cérémonies de nostre sainte église catholique apostolique et romaine gardées et observées, le vingt-quatre novembre mil sept cent trente quatre, en présence de Maître Jean Tribot, père de l'épousé et de maître Antoine Gayette, père de l'épousée, et de damoiselle Adrienne Bomier et de Monsieur Jean Bertran, témoins qui se sont soussignés avec nous, excepté maître Antoine Gayette, père de l'épousée, qui a déclaré ne savoir signer.

AD en ligne, Payroux,
BMS - 1717-1738, v.70/98
Ce mariage est même accompagné d'une notice en latin, je suis preneur d'une traduction (merci !).
Ce cul-de-sac généalogique m'arrêta donc dans ma lancée, Jean Tribot, fils d'un Jean Tribot, il doit y en avoir des milliers dans le sud de la Vienne et ailleurs, surtout si on doit compter sur les lacunes des registres.
C'était sans compter la fièvre qui vous prend à une heure du mat', avec cette idée qui vous trotte dans la tête : c'est pas possible ! On doit bien y retrouver leurs parents !
Bon, c'est vrai, quelques temps plus tard, je découvre que Jean Tribot, veuf de Marie-Anne Gayet, se remarie avec une certaine Anne-Marie Doussain, à Saint-Martin-L'Ars (86), paroisse voisine de Payroux. Bien, et, de plus, ce second mariage déroge à plusieurs règles des registres paroissiaux, car il est filiatif pour Jean Tribot :

Archives en ligne, Saint-Martin-L'Ars,
BMS - 1737-1752, v.92/102
"Le sept janvier 1751, après les publications requises au bessoin et ainsi qu'il paraît par le certificat de Mr de Lauradons, prieur curé de Payroux en date du deux du présent mois et après la levée de l'opposition formée par Antoine Gayet, a nous signifiée avec sommation de publier les bans en date du dix neuf décembre dernier par Benjamin Bruneau, huissier soussignés, ont été épousés à la face de notre mère la Ste église catholique, apostolique et romaine, M. Jean Tribot de Laspière, notaire royal, veuf de damoiselle Marie-Anne Gayet, de la paroisse de Payroux, fils de M. Jean Tribot de Laspière et de dame Françoise Petit, et damoiselle Marie-Anne Doussain, fille légitime et majeure de feu Simon Doussain et dame Marie-Anne de cette paroisse, et après avoir célébré la Ste messe nous leur avons donné la bénédiction nuptiale selon les cérémonies de notre susdite mère."


J'avais enfin le nom de la mère de Jean Tribot, qui était devenu soit dit en passant "sieur de Laspière" : Françoise Petit. Du coup, ses parents portaient deux des patronymes les plus courants dans le sud de la Vienne : j'étais bien mal barré...


C'est grâce au groupe du ge86, et à ses précieux dépouillements, que je découvrais le mariage de Jean Tribot et de Françoise Petit. Non pas à Saint-Martin-l'Ars (86), non pas à Payroux (86), ni même à Savigné (86), d'où venait Jean Tribot le notaire. Je tiens donc à remercier particulièrement le dépouilleur anonyme de cette petite paroisse nichée au Sud des Deux-Sèvres, bien loin de mes pensées du moment : Ardilleux (79). Tout petit village à proximité de Chef-Boutonne (79), Ardilleux fut le lieu d'un mariage particulier qui allait bien vite me passionner :


AD en ligne, Ardilleux,
BMS - 1680-1710, v.39/66
"Jean Tribot, sieur de Laspière, âgé de vingt et un ans, fils de défunts François Tribot et Marie Blanchard de la paroisse de Savigné, a aujourd(hui dix-neuvième jour de février mil sept cent trois solennellement épousé honnête fille dame Françoise Petit âgée d'environ dix-sept ans, fille de Jacques Petit, sieur de la Bougonnière, et de dame Catherine Dunoyer de cette paroisse ; et je, soussigné, ai béni et célébré leur mariage après en avoir publié les trois bans et avoir aussi obtenu le consentement et certificat de publication de trois autres bans par Monsieur l'archiprêtre et curé de Savigné, le tout bien et dûment contrôlé à Chef-Boutonne le dit jour ; et y ont assisté de la part dudit époux : Pierre Tribot, son curateur aux causes, Antoine Tribot, son cousin germain, et Pierre Delafond, son cousin ; et de la part de ladite épouse Mr Jacques Petit, son père, Benjamin Dunoyer, sieur de la Pigerie, lieutenant de la compagnie milice, bourgeois de Civray, son oncle maternel, Pierre Robert, sieur de la Nougeray, son cousin germain, et autres qui ont déclaré ne savoir signer, outre les soussignés."

Ainsi donc, grâce à cet acte, je parvenais à prendre une génération de plus. La suite promet d'être difficile. Je ne le savais pas encore à l'époque : l'un de mes ascendants venaient de faire son entrée dans le Beauchet-Filleau.



(A suivre)