lundi 20 juin 2016

tomber en Quenouille

Plusieurs fois, j'ai aperçu l'expression un peu vieillotte "tomber en quenouille" en consultant le Beauchet-Filleau.
A l'origine, il s'agissait d'une crainte des Francs de voir la couronne "tomber aux mains des femmes", par défaut d'héritier masculin. La quenouille est un élément en forme de fuseau où s'enroulait les fibres brutes destinées à être filées (pensez à la Belle au Bois Dormant, qui se pique le doigt sur une quenouille). v. wiktionnaire.
Ce travail de filage était réalisé par les femmes, d'où l'expression qui en dérive. On peut également imaginer un arbre patronymique descendant, en forme de fuseau.
C'est un phénomène qui se produit à l'heure actuelle avec mon nom de famille, du moins en remontant jusqu'à Charles Pissard, que j'ai évoqué précédemment. Voilà un arbre pour vous expliquer la descendance de mon bisaïeul :


En rouge, sont indiqués les enfants, petits-enfants et descendants de Charles Pissard, ayant transmis le nom de famille à leurs enfants.
Si Charles, avec 8 enfants, a eu trois fils (en omettant Henri, mort à l'âge d'un an), chacun de ses fils eurent un seul garçon.
Chaque garçon de cette génération n'eut qu'un garçon ; deux se marièrent et le troisième est décédé sans postérité. L'un, mon père, eut deux fils, le second eut une fille.
À ma génération, seul les garçons de mon frère peuvent transmettre à leur tour le patronyme (à moins que l'une des filles ne donne son nom à leurs enfants).
D'où je peux dire que les Pissard, mes Pissard, à tout le moins, sont en train de "tomber en quenouille".

samedi 18 juin 2016

Permis de conduire les automobiles des Pissard

Il y a quatre ans déjà, oui, quatre... Je publiais l'un de mes premiers articles sur mon insaisissable aïeul Louis Pissard, dont je présentais l'une des deux photos connus de lui (et l'autre photo est celle extraite du mariage de Léon et Léonie décrite il y a quelques jours) :


J'ai retrouvé le permis de mon grand-père, passé près de 24 ans plus tard :


Le format n'avait guère changé.

vendredi 17 juin 2016

On vous emballe aussi les Œufs ?

Mon aïeul Louis Pissard, lorsqu'il se marie, en 1919, vit au Breuil d'Haleine de Saint-Macoux. Le 28 septembre 1920, il dépose une déclaration aux fins d'immatriculation, au registre de commerce de Civray, pour exercer le commerce d'épicerie et de mercerie, audit village. En 1924, il achète une maison et des terrains au Breuil d 'Haleine, côté Saint-Saviol, et y installe sa nouvelle épicerie. 8 ans plus tard, il décède, laissant veuve et 4 enfants.
Immatriculation
d'épicerie en 1920
Marcelline-Georgine Lebeau, dite Georgette, continue l'activité. Je sais qu'elle vit, pendant la guerre, avec sa belle-sœur Léontine Pissard et l'époux de celle-ci, René Léon Joyeux. Celui-ci va avoir la douleur de perdre sa femme, le 2 avril 1943. Par déclaration du même registre du commerce du 17 février 1953, Georgette dépose la cessation de son activité, depuis le 1er décembre 1952, par vente à René Joyeux. Ce dernier va s'installer au bourg de Saint-Macoux, et exercer pendant de nombreuses années. Sa fille et son gendre reprendront l'activité. Peut-être les avez-vous connus, avec le fameux camion d'épicier, faisant le tour des petits villages ?
Georgette dépose, de nouveau, devant ce même tribunal de commerce, une déclaration aux fins d'immatriculation, le 21 juillet 1953, pour exercer un commerce de débit de boissons, café et restaurant.
J'ai encore un autre formulaire de demande de modification de l'immatriculation, concernant l'activité d'épicerie tenue par mon aïeul : le 28 avril 1941, pendant la guerre, Georgette déclare que son mari décédé avait ajouté à son commerce d'épicerie et mercerie le commerce des œufs, en l'année 1921. Après tout, vous reprendrez bien un dernier œuf pour la route ?

Modification de 1941

jeudi 16 juin 2016

Nommer les invités d'un mariage ancien en 1922

Qui n'a jamais essayé de retrouver tous les invités sur une photo de groupe d'un mariage ancien ?

Charles Pissard
(1859-1923)
époux de
Marie-Léontine
Bardeau











Louis Alexandre Pissard (1885-1932), époux de Marcelline-Georgine Lebeau
Paul
Pissard
(1887-
1965),
époux d'Eugénie Martin
Marie Pissard (1890-
1979)
Léonie Pissard (1893-
1980), épouse d'Henri Gourdon
Léon
Pissard
(1896-
1965),
époux de Léonie Rousseau
Valentine Pissard (1900-
1984),
épouse de René Boutreau
Léontine Pissard (1902-
1943), épouse de René
Joyeux
Henri Émile
Pissard (1905-1906)

Je propose celle du mariage de Léon Pissard et de Léonie Rousseau, le 27 septembre 1922, à Saint-Gaudent.


Au premier rang :

1 —

Louis Alexandre PISSARD, mon arrière-grand-père, né le 31 mars 1885 à Saint-Macoux et mort le 23 février 1932 à Saint-Saviol. Époux de Marcelline-Georgine Lebeau. Il porte probablement dans ses bras sa fille Simone, née en 1920.
2 —

Raymond GOURDON, né en 1920 à Moncoutant et mort le 11 octobre 1985, fils de Louis Henri Paul et de Léonie Pissard, dans les bras de son grand-père, qui suit.
3 —

Charles PISSARD, né le 10 février 1859 à Saint-Gaudent et mort le 11 décembre 1923 à Saint-Macoux, époux de Marie-Léontine Bardeau et père du marié.
4 —

Camille GOURDON, né le 12 juillet 1918 à Saint-Macoux et mort le 4 août 1944 à Lussac-les-Châteaux, fils de Louis Henri Paul et de Léonie Pissard, dans les bras de sa grand-mère, qui suit.
5 —

Marie-Léontine BARDEAU, née le 3 décembre 1863 à Saint-Saviol et décédée le 17 septembre 1956 à Saint-Macoux, épouse de Charles Pissard, mère du marié.
6 —

Léon PISSARD, né le 21 octobre 1896 à Saint-Gaudent et décédé le 24 octobre 1965 à Poitiers, le marié, fils de Charles et de Marie-Léontine Bardeau.
7 —

Léonie ROUSSEAU, née le 4 janvier 1900 à Saint-Gaudent et décédée le 13 septembre 1960 à Poitiers, la mariée, fille de Jean et de feue Juliette Pelladeau.
8 —

probablement Jean ROUSSEAU, né le 29 août 1865 à Saint-Gaudent, veuf de Juliette Pelladeau, père de l'épouse.
9 —


10 —


11 —


12 —


13 —


14 —


15 —



Rang intermédiaire :

16 —

Marcelline-Georgine LEBEAU, née le 31 août 1888 à Paizay-le-Sec et décédée le 17 novembre 1981 à Poitiers, épouse de Louis Alexandre Pissard.
17 —

Louis Henri Paul GOURDON, né le 25 août 1891 à Cirières et décédé le 18 août 1979 à Bressuire, époux de Léonie Pissard, qui suit.
18 —

Léonie PISSARD, née le 2 octobre 1893 à Saint-Gaudent et décédée le 9 mai 1980 à Charleville-Mézières, épouse de Louis Henri Paul Gourdon, sœur du marié.
19 —


20 —


21 —

peut-être Eugénie MARTIN, née le 9 août 1900 à Taizé-Aizie et décédée le 23 juin 1997 à Ruffec, épouse de Paul Pissard, qui suit.
22 —

Paul PISSARD, né le 27 septembre 1887 à Saint-Macoux et décédé le 8 juin 1965 à Ruffec, frère du marié.
23 —

Marie PISSARD, née le 21 avril 1890 à Saint-Macoux et décédée le 26 septembre 1979, sœur du marié.
24 —

Madeleine Henriette PISSARD, née le 8 février 1912 à Paizay-le-Sec et décédée le 21 novembre 1997 à Poitiers, fille de Marcelline-Georgine Lebeau, adoptée par Louis Alexandre Pissard.
25 —



Dernier rang :

26 —


27 —


28 —


29 —


30 —


31 —


32 —


33 —

Valentine PISSARD, née le 2 avril 1900 à Valence et décédée le 9 avril 1984 à Châtellerault, sœur de l'époux.
34 —

Il me semble reconnaître le futur époux de celle-ci, Benjamin-René BOUTREAU, né le 4 décembre 1898 à Civray et décédé le 4 avril 1973 à Châtellerault.
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mercredi 15 juin 2016

Médecin des pauvres : Ernest Pissard (1871-1929)

L'homme que j'évoque aujourd'hui, Ernest Pissard, est l'un des descendants de Jean Pissard et de Marie Robin, couple cité dans l'article d'il y a quelques jours (frère ou demi-frère de mon ancêtre Jacques Pissard) :

Jean Pissard,
né vers 1673 et inhumé le 12 janvier 1749 à Saint-Macoux, second époux de Françoise Magnan

Jean Pissard,
né vers 1691, inhumé le 12 janvier 1749, époux de Marie Robin

Pierre Pissard,
marchand fermier, cabaretier, sargetier, baptisé le 30 avril 1738 à Saint-Saviol et mort le 17 nivôse de l'an XIII, époux de Marie-Anne Pichereau

Antoine Pissard,
tailleur d'habits, baptisé le 26 décembre 1763 à Lizant et mort le 19 avril 1810 à Ruffec, époux de Marie-Anne Merle

Antoine Germain Pissard,
limonadier et cafetier, né le 4 novembre 1797 à Ruffec et mort le 9 septembre 1869 audit lieu, époux de Julie Texier

Germain Antoine Pissard,
commerçant et grainetier, né le 6 janvier 1832 à Ruffec et décédé le 14 décembre 1896 audit lieu, époux de Marie-Josephine Angélina Galland




Ernest Germain François Joseph Ambroise Pissard,
docteur en médecine, né le 7 décembre 1871 à Ruffec et décédé le 19 août 1929 audit lieu, époux de Marguerite Madeleine Ghirardi
Auguste Marie Joseph Jean Pissard,
imprimeur, né le 16 février 1877 à Ruffec, époux de Noémie Marie-Anne Eugénie Jonquet

Le docteur Ernest Pissard, par ses soins donnés gratuitement aux indigents, est l'une des personnalités les plus connues de la région de Ruffec.
Son père, Germain, tient un commerce de graineterie, en relation avec les parents de son épouse, Angélina Galland, qui sont minotiers à Condac.
Il fait des études médicales à Paris, où il est diplômé de l'École Supérieure de Pharmacie en 1897. Il est reçu docteur en médecine à la Faculté de Paris deux ans plus tard et revient dans sa région natale pour s'y installer, rue du Général Leclerc, à côté de la Toque Blanche, où il exercera jusqu'à sa mort. Pendant ce temps, son frère, Auguste, installe une imprimerie dans le magasin de ses parents et assure la publication du "Journal de Ruffec".

Mobilisé en 1914, Ernest est appelé dans les ambulances du front où son dévouement est mis au service des blessés. Rapatrié sanitaire à la fin 1916, il est nommé à l'hôpital d'Angoulême, puis à Saint-Junien, où il soigne tant les civils que les militaires. Il est nommé Chevalier de la Légion d'Honneur, par décret du 11 janvier 1919.

Médecin-chef de l'hôpital de Ruffec, il est en même temps docteur du Paris-Orléans, de la société de secours mutuels et des sapeurs-pompiers. Le ministère de la Guerre le décore des médailles d'or, d'argent et de bronze, pour avoir soigné gratuitement la gendarmerie.
"Médecin des pauvres". Tel est le titre qu'on lui décerne. Chaque jour, il part pour ses visites en habit et chapeau haut de forme. Le matin est consacré au quartier du Pontereau. Là, il ne fait pas payer sa consultation? Mieux, il donne les médicaments, et parfois des vivres.
Il meurt le 19 août 1929, à l'âge de 58 ans, épuisé par le travail.  Une foule immense assiste à ses obsèques pour rendre un dernier hommage à celui que les anciens appellent "Monsieur Ernest".

Une anecdote, rapporté à l'homme : conseiller municipal en 1912, sur une liste de droit, il voit son mandat renouvelé jusqu'aux élections de 1925, où il est battu. Il a droit aux joyeux défilés des gagnants qui crient :"À bas la calote !". Tout-à-coup, on sonne chez lui : c'est l'un des manifestants. Le bon docteur descend et ouvre la porte. L'homme se découvre et lui dit : "Bonjour, docteur, ma femme est malade au Pontereau. Mais vous savez, si j'ai pas voté pour vous, c'est parce que le syndicat me l'a défendu". Ernest Pissard lui répond :"Qu'est-ce que ça peut faire ! Je soignerai ta femme tout pareil".

Mme Massia, la fille du docteur, demande qu'on donne son nom à une rue de Ruffec. Elle est inaugurée le 14 septembre 1990, par le préfet de Charente.

Ernest Pissard, en compagnie de son épouse, Marguerite
et de sa fille Germaine dans la première automobile
(une de Dion-Bouton) que l'on vit à Ruffec en 1910-1911

Sources et remerciement : Jean-Claude Vrillac.

lundi 13 juin 2016

Kaléidoscope

"La totalité est plus que la somme des parties", dit Aristote.

Il s'agit de l'extrait d'un cliché daté de 1923 de mes ancêtres Pissard, les plus anciens dont le visage m'est connu. Tel un kaléidoscope, ce ne sont pas les éléments de cette photo qui font le tout, mais la forme que prend leur interprétation : le tout n'est pas réductible à la somme de ses parties ("dans la mesure où il possède à la fois un nombre fini d'éléments dans un espace fini (clos) et où il autorise pourtant un nombre indéfini de combinaisons", v. Wikipedia). À partir d'un nombre fini d'éléments (deux aïeux), on peut créer un grand nombre d'interprétations différentes (vécu, profession, liens de parenté, etc.).

 Charles Pissard, mon arrière-arrière-grand-père, et Marie-Léontine Bardeau,
son épouse, accompagnés de Camille Gourdon,
leur petit-fils aîné (que nous évoquerons dans quelques jours)

Charles Pissard,
cultivateur, né le 10 février 1859 à Saint-Gaudent, décédé le 11 décembre 1923 à  Saint-Macoux,
Marie-Léontine Bardeau,
née le 3 décembre 1863 à Saint-Saviol et décédée le 17 septembre 1956 à Saint-Macoux



Louis Pissard,
épicier, né le 31 mars 1885 à Saint-
Macoux, mort le 23 février 1932 à Saint-
Saviol, marié le 4 octobre 1919 à
Saint-Macoux à Marcelline-Georgine Lebeau

mon grand-père

mon père

moi

Les recherches généalogiques prennent alors une toute autre dimension. Le passé n'est pas mouvant, mais figé, et pourtant je le vois évoluer, au fur et à mesure de mes recherches. Comme me l'avait si bien dit Valérie un jour, "ce n'est le passé qui change, mais c'est notre vision du passé qui s'ajuste" — enfin, ce n'était peut-être pas ses mots exacts, mais c'était l'idée.

samedi 11 juin 2016

Jumeaux

Dans mon ascendance, les seules naissances multiples connues sont celles de mon ancêtre Jacques Pissard et de son frère François, fils de Jean et de Jeanne Tribot, venus au monde le 9 avril 1816 à Saint-Macoux. Le premier à être inscrit au registre est François, né sur les coups de deux heures du matin :

AD86, Saint-Macoux, N - 1813-1822, v. 40/97

Suivi par l'acte de naissance de mon ancêtre, né à 3 heures du matin :

AD86, Saint-Macoux, N - 1813-1822, v. 41/97

Du coup, j'ai toujours pensé que mon ancêtre était l'aîné, vu qu'il est arrivé bon dernier. Enfin, c'est ce que je pensais. Sans doute une idée reçue... D'un point de vue juridique, a priori, le premier sorti est le premier servi.
Je me suis penché sur les listes des conscrits, mises en ligne par les AD86 il y a peu, qui remontent jusqu'en l'an IX. J'ai cherché mon ancêtre et son frère, et j'ai découvert que c'était bien François, né une heure avant son jumeau, qui était bien l'aîné, du moins, considéré comme tel pour être exempté de service (aîné de veuve).

AD86, Liste des Conscrits, 1836, Civray, v. 13/20

AD86, Liste des Conscrits, 1836, Civray, v. 14/20