jeudi 22 mars 2012

Chronique des Coulonnier

Une famille des Mauges

Julien Gracq
Ma filiation Coulonnier est issue d'une famille de laboureurs et de cultivateurs s'étant établie dans le petit village de Saint-Philbert-enMauges, depuis mon aïeul Nicolas Coulonnier (°1668/+1745), métayer, né à Villedieu-la-Blouère. Il est le fils de Julien Coulonnier (°1639/+1722), laboureur originaire de Gesté, et de Jacquine Coulonnier (°1646/+1727), née à Villedieu-la-Blouère.

Pour l'anecdote, Julien Coulonnier est le fils de Jean Coulonnier et de Michelle Terrien (+1672) ; ces derniers sont également les ancêtres directs de Louis Poirier(°1910/+2007), alias "Julien Gracq", auteur surréaliste proche d'André Breton, qui fit sensation à l'époque en refusant le prix Goncourt (pour son ouvrage Le Rivage des Syrtes, 1951).

Ce patronyme est typiquement apparu dans la région des Mauges, et semble lui appartenir (on en trouve pas ou peu en dehors de ce périmètre au XVIIème siècle). Coulonnier est un nom qui a plusieurs origines probables, d'après le site Geneanet :
  • une possible variante de Colombier (pigeonnier),
  • ou peut-être issu de l'ancien français colongeor (paysan exploitant une colonge, une terre mise en culture par des colons), avec le patronyme voisin Colonnier,
  • voire aussi de celui qui fabriquait des quenouilles (ancien français coloigne)

Le nom de famille de notre filiation a subit au cours des générations des modifications assez particulières : Colonnier, Collonier, voir Collonié... J'ai conservé par souci d'homogénéisation l'orthographe à la fois la plus ancienne et la plus contemporaine.
Nicolas Coulonnier fut un père prolifique. De son premier mariage célébré en 1696 avec Michelle Gautier (°1668/+1705), il eut 6 enfants, qui, hélas, moururent dès la naissance ou très jeunes, comme c'était souvent le cas en cette période à la campagne. Son épouse décéda des suites de sa dernière couche. Veuf, il épousa Renée Raimbault (°1683/+1756) en 1706, qui conçut 7 enfants. Seuls trois de leurs enfants (deux garçons et une fille) eurent une postérité.

Ma lignée se poursuivit ainsi avec les trois René :
  • René Coulonnier (°1708/+1768), époux de Louise Gautier (°1717/+1786) (une parente éloignée de Michelle Gautier) ;
  • puis un de leur fils, René Coulonnier (°1738/+1802), époux de Jeanne Ripoche (°1752/+1841) ;
  • et enfin un fils de ces derniers, René Coulonnier (°1780/+1865), époux de Marie Terrien (°1790/+1840).

La cousinade proprement dite

Trois générations de René Coulonnier plus tard donc, naquit Jean (°1819/+1895), toujours à Saint-Philbert-en-Mauges. Laboureur, il épouse en 1846 Marie Sécher, fille de Jean Sécher et de Julienne Martin, originaire de la Remaudière, en Loire-Inférieure (ce nom fut substitué par Loire-Atlantique en 1957).
Il s'agit du couple dont je tente de retrouver l'ensemble des descendants. Les époux s'installent dans un premier temps à Yzernay, où naîtront deux filles. Jean est métayer au lieu-dit "La Denison" (1847/1848). Puis on les retrouve à Saint-Macaire-en-Mauges, où suivront une fille et trois garçons. Jean y sera cultivateur, domestique puis journalier, d'abord à la Moncellière (1850/1858), puis à "la Terreguilbert" (1876), et enfin au bourg (1886). Leurs enfants sont :
  1. Marie-Joséphine Coulonnier (°1847/+1895),
  2. Jeanne Coulonnier (°1848/+1880),
  3. Joséphine Renée  Coulonnier (°1850),
  4. Jean Henri  Coulonnier (°1853/+1930),
  5. Pierre Marie  Coulonnier (°1855),
  6. et Jean-Baptiste  Coulonnier (°1858/+1949).

Migration

C'est un phénomène bien connu des généalogistes amateurs. Lorsqu'une famille est casanière dans les campagnes, bien souvent, on observe vers la fin du XIXème siècle un déplacement migratoire parfois casse-tête dans la reconstitution des familles. D'aucuns diront qu'il s'agit d'un effet de l'Ère Industrielle en France, avec l'apparition des Chemins de Fer qui permirent le déplacement de familles sur de grandes distances. Ma famille Coulonnier connut ainsi un grand déplacement.
C'est le benjamin de la famille, Jean-Baptiste Coulonnier, qui marque le pas. Ayant servi dans le 2ème Régiment des Chasseurs (octobre 1879- septembre 1883), d'abord en tant que chasseur de 2ème classe, puis de 1ère classe (janvier 1881), il est résident à Lavoux, dans la Vienne, dès sa libération du service actif. On le retrouve employé à la ferme-école de Montlouis, sur la commune de Jardres en 1885. Créée en 1875 par Joseph de Larclause, issu d'une riche famille originaire de Ceaux-en-Couhé, l'école formera des élèves sur le site du manoir de Montlouis jusqu'à sa fermeture en 1914.

Manoir de Montlouis, à Jardres

En 1876, Léonie Mergeot (°1860/+1941) y est domestique. Celle-ci est également originaire de Ceaux-en-Couhé. Elle se marie en premières noces en 1882 avec Eugène Vesque (°1856/+1883). Veuve, mère d'un petit Eugène Vesque (°1883/+1968) (qui émigrera par la suite en Argentine - notre Oncle d'Amérique !), épouse Jean-Baptiste en 1885, qu'elle a probablement rencontré à Montlouis. Le couple s'installera au village de Mézachard, à Ceaux-en-Couhé (Jean-Baptiste y domicilié à partir de juillet 1886), où naîtront deux enfants : Jean-Baptiste Coulonnier (°1886/+1886), décédé en bas âge, et Maria Coulonnier  (°1887/+1965).

Du côté des Mauges, les soeurs aînées de Jean-Baptiste se sont mariées :
  • Marie-Joséphine Coulonnier a épousé Pierre Papin (°1841) en 1871 à Bégrolles. Je leur connais 6 enfants : Pierre Papin (°1872), Marie-Joséphine Papin (°1875), Jean-Louis Papin (°1877/+1959), Angèle Papin (°1881/+1955), Joséphine Papin (°1884/+1958) et Alexis Papin (°1890/+1890) ;
  • Joséphine-Renée Coulonnier épouse, en 1876, à Saint-Macaire, Pierre Coiffard (°1841/+1928), qui auront deux enfants : Pierre Coiffard (°1877/+1962) et Joséphine Coiffard (°1879/+1966) ;
  • Jeanne Coulonnier épouse en 1876 Jean Brebion (°1845/+1901), également à Bégrolles-en-Mauges. Je leur connais 3 enfants : Jeanne Brebion (°1876/+1958), Marie-Olive Brebion (°1878/+1878) et Jean-Louis Brebion (°1878). Jeanne mourra très jeune (31 ans).

Mis à part Pierre Papin, l'aîné de Pierre et de Marie-Joséphine, que j'évoque plus loin, tous restèrent dans les Mauges, ainsi que Pierre-Marie Coulonnier, qui épouse en 1886 à Saint-Macaire Rosalie-Joséphine Bourcier (°1855). Je connais de ce couple 3 enfants : Pierre-Jean Coulonnier (°1889), Georges Coulonnier (°1892/+1967) et Louis Coulonnier (°1897).

De ceux restés dans les Mauges, on remarque :
  • Marie-Joséphine Papin, épouse en 1897, à Bégrolles, Auguste Héas(°1873), qui reconnaît Augustine Héas (°1892/+1976). Cette dernière épouse, en 1918 à Saint-Macaire, Félix Rivereau (°1890) ;
  • Jean-Louis Papin épouse, en 1904 à Bégrolles, Marie Lemesle (°1881), puis Clémentine Gobert en 1913 à Saint-Macaire ;
  • Angèle Papin épouse, en 1904 à Bégrolles, Jean-Marie Éas (°1877/+1957) ;
  • Joséphine Papin épouse, en 1920, à Saint-Macaire, Charles Pohu (°1883), puis en 1947, René Lorry ;
  • Jeanne Brebion épouse, en 1901 à Saint-Macaire, Joseph Huteau (°1863).

Jean Henri Coulonnier est l'époux de Valentine Chalet (°1861/+1954). Trois enfants sont nés à Saint-Macaire : Jean-Marie Coulonnier (°1885), Pierre-Marie Coulonnier (°1886/+1957) et Marie-Joséphine Coulonnier (°1889/+1962). C'est à partir de 1891 que l'on retrouve ce couple à Saint-Martin-l'Ars, dans le Sud de la Vienne. Jean Coulonnier et son épouse Marie Sécher ont suivis leur fils, ainsi que la famille de Joséphine-Renée Coulonnier, et leur petit-fils Pierre Papin : ils rejoignaient probablement leur benjamin Jean-Baptiste, que l'on retrouvera en 1893 sur cette dernière commune.
L'arrivée des Maugeois à Saint-Martin-l'Ars date probablement de 1891. Le dossier militaire de Jean Henri y signale son installation en février. Marie Sécher y décèdera la même année (décembre 1891).


La famille contemporaine - Saint-Martin-l'Ars

Jean-Baptiste Coulonnier, Joséphine-Renée Coulonnier et Jean-Henri Coulonnier, et leurs familles, ainsi que Pierre Papin, sont donc installés à Saint-Martin-l'Ars à la fin du 19ème siècle.

Pierre Papin épouse en 1899 Marie-Aimée Cohier (°1873), et auront trois enfants :
  • Pierre (°1902) ;
  • Angèle (°1903/+1989), qui épouse, à Taizé-Aizie (16), en 1924, Paul Eugène Bouchet (°1899) ; ils ont au moins un fils, Gilbert Paul Papin (°1925/+1985), époux de Jacqueline Yvette Valérie Bonnet. Cette famille s'installe à Ruffec, probablement après la naissance de leur premier enfant (né à Taizé). Ma grand-mère se souviendra d'une vieille cousine, la veuve Papin, il s'agit donc de Marie-Aimée ;
  • et Damien (°1909/+1998), né à Paizay-Naudoin (16). Celui-ci épouse Renée Cherprenet (°1911) et aura au moins un fils, Raymond Gabriel Pierre Papin (°1933/+2008). Cette famille s'installe à Vierzon (18).

Joséphine Coiffard épouse en 1896 Jean Lasnier (°1872/+1957) et aura une fille, Joséphine-Marie Lasnier (°1899/+1934). Cette dernière épouse en 1920, à Payroux (86), Pierre Mautret (1895/1984). Ils auront 3 enfants :
  • Louis (°1923/+1928) ;
  • Edgard (°1926/+1933) ;
  • et Ginette (°1929/+1997), épouse d'André René Thibaud en 1953, sans postérité.
Pierre Coiffard épouse en 1902, Eugénie Poupard (1882/1971). Ils auront trois enfants :
  • Pierre (°1903-1984) qui épouse, en 1925, Eugénie Deverrière (°1907). De leur union naquit Albert Coiffard (°1926/+2007), qui épouse, en 1949 à Saint-Paul, en Gironde, Ginette Vaury. Cette famille semble s'être installée par la suite dans la région de Blaye.
  • Julien (°1904/+1990), qui épouse, en 1926, Marie Courtois (°1908). Un fils naîtra à Saint-Martin-l'Ars : Henri (°1927/+2005), qui épouse, en 1950 à Joussé (86), Jeanne Rachel Delage. Cette famille s'est installée par la suite à Joussé où elle semble être propriétaire d'une ferme et d'importantes terres sur la commune. Julien aura deux autres enfants, Guy et Michel.
  • Marie Julienne (°1904/+1995), qui épouse, en 1923, Henri Gaildrat (°1899/+1978). Ils auront une fille : Henriette (°1924), qui se marie en 1945 avec Robert Deverrière (°1921). Ce dernier était originaire d'Aslonnes et j'ignore où ont pu se déplacer les membres de cette famille, dont aucune trace n'a été retrouvé à Saint-Martin-l'Ars ultérieurement.
Pierre Coiffard, rappelé à l'activité militaire en 1914, est porté disparu le 27 mai 1918 au Chemin des Dames. Prisonnier de guerre, interné en Allemagne, il est rapatrié le 6 décembre 1918, puis est envoyé en congé illimité dans ses foyers le 22 janvier suivant.

Jean-Baptiste Coulonnier et Léonie Mergeot eurent deux autres enfants à Saint-Martin-l'Ars : Eugénie (°1893/+1957) et Jean-Baptiste (°1895/+1981).

Jean-Henri Coulonnier et Valentine Chalet, quant à eux, y eurent 6 autres enfants : Céline (°1892/+1953), Jean-Baptiste (°1894), Florence (°1898/+1898) et Victorine (°1899/+1899), décédées très jeunes, Valentine (°1901/+1979) et Martine (°1904/+1976).


La famille contemporaine - Taizé-Aizie et Condac

Situé à l'extrême Nord-Ouest de la Charente, Ruffec est une ville étape de la Nationale 10, entre Poitiers et Angoulême.

Nos Coulonnier se déplacent donc de nouveau, à Taizé-Aizie et à Condac, à proximité de Ruffec. Jean-Baptiste Coulonnier et Léonie Mergeot auront leur dernier enfant à Taizé, plus précisément au village de Chauffour : mon arrière-grand-mère Berthe-Yvonne (°1902/+1983). Ils y resteront jusqu'à leur disparition, en 1941 pour Léonie et en 1949 pour Jean-Baptiste.

En 1908, leur fille Maria Coulonnier épouse Jean-Auguste Moreau (°1884/+1954). Ils auront deux filles et un fils :
  • Marie (1910/1980), épouse de Pierre Château (1903/1994). Ils eurent deux enfants :
  • Yvonne (1914/?), épouse de Marcel Vriet (1913/1994). Ils eurent ensemble 6 enfants :
  • et Henri, décédé en 1940 à la guerre (brûlé dans un char). 
En 1911, à Condac, Eugénie Coulonnier épouse Louis Pelgrin (°1882/+1953), originaire d'Usson-du-Poitou. Ils auront un fils prénommé Louis (°1914/+1983), époux de Rachel François (°1916).

Jean-Baptiste Coulonnier fils, quant à lui, est employé aux Chemins de Fer d'Orléans. Il épouse à Bègles, Marguerite Dallas (1897/1972) et aura deux enfants :
  • Yvette (°1918/+2009), née à Bègles, qui épouse Roger Dubourg à Coutras en 1936, avec lequel elle aura un fils, Jean-Claude (°1938/+1950), décédé jeune, puis se remarie avec Victor Pouillon (°1909/+1993) ;
  • Robert (°1920/+1998), né à Brive, qui épouse Fernande Pigot (°1921) en 1941.

Berthe Coulonnier épouse, à Taizé en 1925, Eugène Theulière (°1888/+1970), originaire de Saint-Coutant. Ils auront comme enfants, qui naitront dans la ferme de la Grande Barbate, à Lizant, dominant la vallée de la Charente, au-dessus de Taizé : Jeannine (°1932), ma grand-mère, qui épouse Roger Pissard (°1926/+1990) et Jean (°1935), époux de Blanche Bertrand (°1939/+2010). Le couple a également eu un premier fils, Jean-Baptiste (né et décédé en 1933), et deux jumeaux (nés sans vie en 1937).
Une anecdote me vient à l'esprit : c'était pendant la guerre, en février 1942. Eugène apprend le décès de sa mère, toujours habitant la commune de Saint-Coutant. Malheureusement, la ligne de démarcation séparait les deux villages. Eugène prit une bicyclette et partit comme ça du jour au lendemain, sans papier, en laissant sa femme et ses enfants à Lizant. Durant les jours qui marquèrent son absence, le plus dur pour sa femme fut de ne pas savoir s'il avait été tué ou fait prisonnier.
A la suite du décès de Jean-Baptiste, en 1949, la famille Theulière s'installe à Chauffour.

Jean-Henri Coulonnier et son épouse Valentine Chalet s'installe à Condac. Trois de leurs filles se marient à Paris (75) :
  • Marie-Joséphine Coulonnier, en 1916, à Paris 15e, avec Octave Sourigues (°1888/+1982). Ils sont tous les deux inhumés à Condac.
  • Valentine Coulonnier, en 1922, également à Paris 15e, avec Léon Véchambe (°1899/+1980).
  • Martine Coulonnier, également en 1922 (un mois après sa soeur), toujours dans le même arrondissement parisien, avec Edouard Orient.
Leurs trois autres enfants se marient dans la région. Céline Coulonnier épouse en 1912, à Condac, Louis Honoré Bévin (1885/1945). Ils eurent au moins 5 enfants :
  • Marie Bévin (°1912) ;
  • Louis Honoré Bévin (°1914/+1981), époux de Marie Anna Malin (°1912), mécanicien à Paris 15ème en 1935 ;
  • Édith Bévin (°1917/+1967), épouse de Georges Gaston Gracieux (°1913/+1970) ;
  • Raymonde (°1919) ;
  • Serge Gérard Bévin (°1930/+1932).

Jean-Marie Pierre Emmanuel Coulonnier épouse en 1912 à Aizecq, ancienne commune rattachée à Champagne-Mouton, Albertine Léonie Bouchet (°1890/+1919). Ils auront au moins un fils : Pierre Paul André Coulonnier (°1914/+1963), époux d'Adrienne Asset.
Rappelé à l'activité militaire par le décret du 1er août 1914, dans la réserve du 107e Régiment d'Infanterie (le 307e), il part aux armées le 8 août. Il est blessé par balles aux pieds, ce qui lui vaudra une amputation de la jambe gauche (1/3 inférieur) et est fait prisonnier à l'issue de la terrible bataille de Moislains le 28 août 1914. Rapatrié le 5 mars 1915, il est renvoyé dans son foyer le 13 mars suivant. Veuf en 1919, Jean-Marie épouse en secondes noces, à Paris 17e (75) en 1920, Marie-Sidonie Guégan (°1887/+1975), et de cette union naîtra Jean-Yves (°1923/+2001). Jean-Yves Coulonnier épouse Geneviève Bouillet (°1926).

Pierre Marie Coulonnier épouse en 1919, également à Condac, Marie-Germaine Raffoux (°1892). Ils eurent au moins un fils : Marcel.

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