vendredi 3 juin 2016

Compagnon de La Fayette : Pierre Durousseau de Fayolle (1741-1780)

La Pissarderie y était.
mercredi 11 mai
Salle annexe de la mairie de Civray — Les Amis du Pays Civraisien

Centre-Presse, édition du 13 mai 2016

Pendant la guerre de l'indépendance américaine, un poitevin, Pierre Durousseau, dit le "Chevalier de Fayolle", accompagne La Fayette.
Fils de Charles Louis Jacques, sieur de Fayolle, et de Marie-Marguerite Duquesne, il est baptisé le 9 avril 1741 à Saint-Saviol. La famille Durousseau possède la seigneurie de Fayolle (Saint-Saviol), depuis le mariage de Jacques Durousseau, écuyer, seigneur de la Forêt-Marandat, et de Jeanne Sapinault, dame de Fayolle, fille et héritière de Jean et de Jeanne de Saint-Astier, le 18 février 1634. Cette famille possédait également Comporté (Saint-Macoux).
Si Fayolle possède son château, Comporté a failli avoir le sien. La construction est entreprise à la fin du XVIIIe siècle, mais l'émigration de la famille ou leur infortune n'a pas permis d'en achever l'œuvre. Le bâtiment en cours fut démantelé : les pierres servirent à construire l'actuel hôtel de ville de Civray (merci pour l'anecdote, Mme Rougier) !
Un chemin avait été tracé et permettait de relier les deux domaines : c'était le "Chemin du Carosse".

mon tracé du Chemin du Carosse
d'après un croquis d'Henri Dechambe


Cadet de la famille, Pierre embrasse la carrière des armes : enseigne le 9 août 1760, il est une première fois lieutenant le 24 septembre de la même année. Remis sous-lieutenant à la suite d'une nouvelle organisation, il est de nouveau lieutenant en 1763, puis capitaine le 28 octobre 1774, au régiment de Brie-Infanterie. "Il est décrit comme un fort bon officier, très instruit, ferme, très zélé et honnête".
En novembre 1776, il prend un congé de deux ans et part comme volontaire aux États-Unis, ayant obtenu le grade de lieutenant-colonel. Il débarque à Charlestown le 16 juin, puis revient en France au printemps 1779.
La Fayette, qui plaide la cause des Américains, obtient l'envoi d'une troupe, la division Rochambeau. Pierre Durousseau, qui avait repris du service au rang de capitaine au régiment de Brie-Infanterie, quitte à nouveau son unité pour suivre La Fayette le 13 mars 1780, à bord de l'Hermione, la célèbre frégate (qui finit par sombrer au large du Croisic en 1793). A-t-il obtenu son grade de lieutenant-colonel ou part-il comme volontaire ? Il meurt peu après, le 26 juin 1780 à Newport (et non Boston comme c'est souvent dit), suite à un accident aussi bête que tragique : embarqué dans un canot, il est en train d'accoster sur la frégate lorsque sa tête heurte une encoignure de la fenêtre à l'arrière du bateau (la légende par de la fenêtre des toilettes, qui, pour des raisons évidentes, dépassaient de la coque). Il est amené inconscient à bord de l'Hermione, mais est déjà mort lorsqu'on le dépose sur le ponton.
Plus tard, La Fayette devait obtenir la capitulation de Cornwails à Yorktown le 17 octobre 1781, mettant fin à la guerre d'indépendance.
Pour la petite anecdote, d'après Jean-Claude Vrillac, Pierre Durousseau de Fayolle, lieutenant-colonel, et André Durousseau de Fayolle, capitaine, demeurant au château de Comporté, attestent que leurs seuls héritiers sont Pierre Chaigne, meunier de Comporté, et Marie Chaigne (sa soeur), épouse Fregé, et les enfants de feu François Chaigne (son frère), meunier.
André Durousseau, dernier représentant de la famille, émigre à la révolution. Il reviendra lors de la restauration, et la famille s'installera à Poitiers, à Coulombiers et dans le Châtelleraudais. Leurs biens avaient été confisqués et vendus. En 1802, le château de Fayolle était possédé par Jacques Binaud.

La famille Chaigne (ou Chesne) est particulièrement connue sur Saint-Macoux, sur Saint-Saviol et sur Lizant.

Le patriarche, François Chaigne, né vers 1700, était meunier au moulin de Saint-Macoux en 1744, où il fut inhumé le 11 mai 1750. De sa première femme Louise Renon, il avait eu les trois héritiers de Pierre Durousseau de Fayolle : Suzanne, Pierre et François.

François Chaigne,
baptisé le 11 janvier 1734 à Lizant et inhumé le 17 décembre 1789 à Saint-Saviol, mariée à Louise Renon, puis à Jeanne Granger
Jacques Pissard, marié à Françoise Bourloton














Suzanne Chaigne,
baptisée le 14 janvier 1732 à Lizant et décédée le 30 octobre 1806 à Saint-Saviol, mariée à Jean Fregé
François Chaigne,
baptisé le 17 mai 1736 à Lizant et inhumé le 8 février 1781 à Saint-Macoux, marié à Marie Bourloton
Pierre Chaigne,
baptisé le 11 janvier 1734 à Lizant et mort le 19 décembre 1789 à Saint-Saviol
Marie Pissard,
baptisée le 4 septembre 1735
à Saint-Macoux et décédée le
1er janvier 1809 à Saint-Saviol

















Suzanne fut l'épouse de Jean Fregé, syndic de Saint-Macoux et meunier au moulin dudit lieu.

François, qui fut farinier au moulin de Comporté, fut l'époux de Marie Bourloton, une petite-nièce de mon ancêtre Françoise Bourloton. Inhumé le 8 février 1781 à Saint-Macoux, François est le seul des trois à être mort au moment de l'héritage.
Pierre Chaigne, meunier au moulin de Comporté, fut l'époux de Marie Pissard, une arrière-arrière-etc.-grande-tante. Lorsqu'il s'éteint, le 19 décembre 1789 à Saint-Saviol, il est titré marchand, ce qui montre une légère ascension sociale. Sa seule fille survivante, Marie Chesne, épouse, en 1792, Jacques Lebrun, dit "citoyen actif de la paroisse de Saint-Pierre-d'Exideuil". Ce dernier fut l'un des premiers maire de Saint-Saviol.
Les autres enfants de François Chaigne et de Louise Renon ne sont pas évoqués (ils en eurent 8 en tout). Si certains sont probablement décédés en bas-âge, notons toutefois Marie Chaigne, baptisée le 10 août 1738 à Lizant et décédée le 11 floréal de l'an VII au même lieu, qui fut mariée à Pierre Texereau, qualifié de cordier à son décès en 1793.

Vue du moulin de Comporté depuis la chaussée opposée

Sources :
  • Monographie de la commune de Saint-Saviol, Henri Dechambe, 1945, publié dans le bulletin des Amis du Pays Civraisien, septembre et octobre 1976.
  • Recueil historique, généalogique et héraldique des anciennes familles du Ruffecois, Jean-Claude Vrillac, Copy-Media, 2008.

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