mercredi 11 mai 2016

Pâté de foie truffé estampillé "La Pierre-Pèse"

Je ne résiste pas à te montrer une publicité, trouvée dans l'Écho de Civray, édition du 21 janvier 1932. Ou comment utiliser un monument local pour promouvoir son pâté de foie.

AD86, L'Écho de Civray, 21 janvier 1932

dimanche 8 mai 2016

La catastrophe du "Paris-Côte-d'Argent" en gare de Saint-Saviol du 15 avril 1924

Nous sommes un peu plus de 13 ans après la catastrophe qui a endeuillé la petite commune de Saint-Saviol.

Delcampe.fr

Le Petit Parisien,
16 avril 1924
Le 15 avril 1924, à 1 heure 40, M. Pedelhez, facteur enregistrant à la gare de Saint-Saviol, fait refouler, sur la ligne de Lussac-les-Châteaux, le train de marchandises n°6431, piloté par le mécanicien Pierrat et le chauffeur Turbot, tous deux du dépôt d'Angoulême.
La manœuvre est couverte par le mât carré à 1600 m environ de la gare.
La voie principale est complètement dégagée, Pedelhez a même le temps de verrouiller l'aiguille, lorsque, soudain, surgit, à 100 km/h, le rapide de la Côte-d'Argent, dont la locomotive accroche l'avant-train du convoi 6431.
Dans un fracas effroyable, des masses de fonte volent tout autour de M. Pedelhez, qui, se baissant, évite d'être broyé. Il s'en tire avec une légère plaie au cuir chevelu. Le convoi de marchandises est déplacée sur sa gauche, son avant complètement disloqué. Le rapide, lui, se jette sur sa droite, parcours encore une cinquantaine de mètres, franchit une voie, puis une autre, puis longe un trottoir qui fait office de frein. Il s'arrête brutalement. Le tender se couche, tandis que la machine reste droite. Les employés de la gare sont sur les lieux du drame et organisent les premiers secours.
Le fourgon de tête est coupé en deux : il ne compose plus que d'un amas de planches et de tiges de fer entremêlés aux colis des voyageurs. On cherche le chef de train, M. Monnerie, dont on entend les appels. Il est dégagé, vivant, légèrement blessé au thorax.
Le premier wagon a sa première couchette éventrée. On s'inquiète très vite de celui qui devait y coucher. On le voit bientôt en costume sommaire, au sommet du wagon. Il a réussi à se glisser à travers des planches disjointes et, par chance, n'a pas la moindre écorchure. Le major Marell, 35 ans environ, est grand et mince. Cet anglais, toujours souriant, voyage en France depuis quelques semaines. Il déclarera aux journaliste : "Décidément, on déraille souvent en France. Depuis que je suis dans votre pays, que j'aime beaucoup, c'est mon troisième accident de chemin de fer, le premier près de Marseille, un autre dans la région de Dijon, et celui-ci. Je me demande encore comment j'ai pu échapper à la mort. Je dormais du plus profond sommeil et soudain un bruit effroyable, une rude secousse et me voilà sur le plancher de mon compartiment ; les matelas et couvertures m'étouffent, je me dégage violemment sans avoir encore très bien la notion de ce qui vient d'arriver. C'est alors que je me réveiller complètement ; je suis assis, les jambes repliées, et je suis comme ligoté. Ah ! ce que j'en avais des choses sur moi ! Dans le compartiment d'à côté, j'entends des cris effroyables. C'est un de mes compatriotes qui jure et tempête. Je comprends alors que nous avons dû dérailler et je m'empresse de faire tout ce que je peux pour sortir d'où je suis. Je réussis assez facilement à me mettre debout ; je me tâte et vous comprendrez ma joie de voir que je n'ai rien de cassé. Alors, j'ai vu un trou, j'ai grimpé et j'ai pu aller sur toit du wagon. À ma grande confusions, je me suis aperçu que j'étais tout ce qu'il y a de plus shocking. Pour tout vêtement, je n'avais en effet que mon caleçon et mon pardessus. Mais à la guerre comme à la guerre, comme vous dites, messieurs les Français !".
Brusquement tirés de leur sommeil, les voyageurs ont été projetés sur le parquet de leur compartiment. Une fois de convoi stabilisé, ils sortent en hâte de leurs wagons, à moitié habillés, les yeux hagards, criant, gesticulant et se questionnant, complètement affolés.
Dans la seconde couchette du wagon-lit, un anglais à l'embonpoint développé, le voisin du major, pousse des hurlements sanglants. On le tire par une fenêtre, pour s'apercevoir qu'il n'a pas le moindre mal.
Une des employés des wagons-lits dira à la presse : "c'est mon deuxième accident à Saint-Saviol. J'étais dans le Sud-Express en 1911 quand il tamponna ici une locomotive !".
Sur la machine du rapide, gît un cadavre, la tête affreusement broyée, sa cervelle projetée sur les voies : il s'agit du corps du mécanicien Tranchant, du dépôt de Tours, qui, au moment de l'accident, s'est penché en avant de sa machine. Son chauffeur, Pépy, couvert d'eau et de charbon, a été projeté sur les voies. Il s'en tire avec une légère contusion sur la tête.
Deux voyageurs, sur les 79 qui voyagent dans ce rapide, sont légèrement blessés : un anglais, M. Railing, qui se plaint de douleurs à l'épaule, et une espagnole, Mme Theresa de Orlol, de Séville, qui a un pouce luxé.
Du côté du convoi de marchandises, M. Pierrat, le mécanicien, a quelques contusions sur tout le corps, et son chauffeur, Turbot, une légère écorchure au genou. M. Michelet, le chef de train, a également été blessé.
Le docteur Desbordes arrive bientôt sur les lieux, où le rejoignent quatre de ses confrères de la région. Des soins empressés sont prodigués aux blessés, qui, tous, peuvent rentrer chez eux par les trains suivants. En effet, des dispositions sont tout de suite prises pour assurer le trafic voyageurs. Les trains peuvent continuer à passer par une voie de manœuvre, même s'ils subissent d'importants retards.
Un peu avant trois heures, le parquet de Civray arrive, représenté par Viault, procureur d ela république, de Moron, juge d'instruction, et de Rivaud, commis greffier. La machine de secours du dépôt de Poitiers amène Moreau, inspecteur du contrôle.
La responsabilité de M. Pedelhez est entièrement dégagée. La question qu'on se pose, c'est comment le rapide a pu brûler le mât carré.
On constate alors deux choses : la lanterne du mât est éteinte, bien qu'elle soit garnie (elle peut être rallumée). D'autre part, les pétards sont écrasés.
La lanterne du mât était-elle éteinte quand le rapide est passé ? On sait qu'elle était allumée 20 minutes avant l'accident. Aucun des voyageurs du rapide n'a entendu les pétards. Ont-ils été écrasés par un autre train ? Les employés du train y vont de leur conclusion : "à notre avis, la lanterne était éteinte et les pétards déjà écrasés. Le mécanicien Tranchant était extrêmement prudent ; par deux fois, en effet, il avait déjà, un quart d'heure avant l'accident, dû arrêter son train. Il ne semble pas que sa responsabilité soit en cause". Son chauffeur, Pépy, est interrogé : il ne sait pas si le mât était éteint ou pas. Lui, il était occupé à mettre du charbon dans le foyer, et le pauvre ne pouvait rien voir. Il affirme ne pas avoir entendu les pétards.
Le Petit Parisien,
18 avril 1924
Les conclusions de l'enquête tendent à dire qu'on se trouve en présence d'un cas fortuit et qu'aucune faute n'est à reprocher à l'un ou l'autre des employés de la compagnie.
Une grue de 50t de Tours arrive à 8 heures. Deux jours sont prévus pour rendre les voies à l'entière circulation des trains.
Le lendemain, un interlocuteur tout à fait qualifié, rapporte à la presse qu'"il n'y a, à la gare de Saint-Saviol, malgré le fort trafic, qu'un seul employé de service de 10 heures du soir à 3 heures du matin. Au moment où le train 6431, qui venait de laisser un wagon, chauffait et qu'il était nécessaire de le détacher. Or, on venait précisément d'annoncer que le rapide avait 20 minutes de retard. On avait donc très largement le temps d'exécuter la manœuvre, sans risque de causer quelque retard au rapide. Pendant que M. Pedelhez allait assurer la manœuvre, le retard du rapide fut ramené de 20 minutes à 14. Le facteur enregistrant qui n'avait pas d'employé pour recevoir la nouvelle, n'en fut pas informé".
D'autre part, il est possible que les pétards du mât aient été écrasés par un le train précédent, dont le mécanicien aurait négligé de prévenir la gare. Tout ceci arrive fréquemment.
Les obsèques du malheureux Tranchant ont lieu le 18 avril à Palais-sur-Vienne, près de Limoges.

Sources et extraits :

  • L'Avenir de la Vienne, édition des mercredi 16 et jeudi 17 avril 1924.

samedi 7 mai 2016

La surdité de Louis Boisson

Le fond des conscrits de la Vienne, mis en ligne récemment, peut nous donner quelques compléments dans la vie des anciens. Là, prends par exemple Pierre Boisson, cordonnier, qui épouse, le 27 janvier 1836, à Civray, Anne Guéret, veuve de Jean Dupas, fille de Pierre et de Marguerite Mériguet. De leur union, est né Louis, le 5 août suivant à Civray. Lors de l'établissement de liste du tirage au sort des jeunes gens de la classe 1856, son handicap est reconnu, il souffre de surdité. Des attestations sont produites par l'entourage du jeune homme, devenu cordonnier comme son père, pour juger de sa bonne foi :

AD86, Liste des conscrits, Civray, 1856, v. 17/23

Nous, soldat du troisième Génie an garnisson (a aras pas calais) faissan parties de la Classe de 1854 de la commune de Civray certifion avoire été an classe avec le nomé Louis Boisson cordonnier faisant parties de la classe de 1856 de la commune de Civray an qualité de coscrit lavoire toujour connus comme étan sours an fois de quiou nous lui anvoyon le présant certificat pour lui servire a cas de drois. a aras le 27 mars 1857. Signé : Théodore Charruyer, Texereau, Bailly et Sarpin.

AD86, Liste des conscrits, Civray, 1856, v. 18/23

Le directeur de l'École mutuelle de Civray (Vienne), certifie que depuis le vingt novembre 1845 jusqu'à la fin de l'année scolaire 46/47, il a eu pour élève le jeune Boisson (Louis).
Ce jeune homme reconnu comme sourd par 135 ou 140 enfants de ses compagnons, qui, à cette époque, hantaient son établissement et, de plus, le bon souvenir qu'il a de sa personne lui font assurer qu'il l'a reconnu comme étant on ne peut plus dur d'oreille. Civrat, le 13 mars 1857. Signé : P. Robert, instituteur public à Civray.

AD86, Liste des conscrits, Civray, 1856, v. 19/23

Certificat constatant la surdité du Sr Boisson Louis.
Nous soussignés Lagelée Pierre, garçon boucher, Brumelot Baptiste, cordonnier, Cardin Alexandre, meunier, et Machet Georges, maréchal, demeurant tous les quatre à Charroux, et faisant partie de la classe 1856, certifions que le Sr Boisson Louis, cordonnier, demeurant à Civray, jeune soldat de la classe de 1856, fils de Boisson Pierre et de Guéret Anne, s'est élevé avec nous, et qu'il est de notre connaissance qu'il est atteint de surdité. Charroux, le 14 mars 1857. Signé : Brumelot Baptiste, Lagdelée, G. Machet maréchal, A. Cardin meunier.

Une enquête est ouverte par le commandant à la brigade de Civray, comme c'est la coutume, sur Louis Boisson tous comme les jeunes gens du canton qui ont allégué des exemptions pouvant être simulés (deux cas de cette classe à Civray). Les vérifications sont faites par le commandant lui-même, qui conclue que le motif d'exemption allégué est fondé. Toutefois,  ajoute-t-il, "il y a des temps où il est plus sourd que dans d'autres".

La Pierre-Pèze

L'autre jour, rentrant d'une journée bien éreintante passé dans l'Angoumois, je me dirige vers le sud-Poitou maternel, histoire de faire une pause dîner avant de remonter à  la capitale Lemonum. Alors que j'allais franchir le pont sous la voie SNCF qui sépare à peu près les Deux-Sèvres de la Vienne, entre Limalonges et Saint-Saviol, j'ai viré à gauche, pris d'une soudaine envie de voir la fameuse pierre sise à cet endroit.

Extrait de la Monographie de Saint-Saviol, par Henri Dechambe, Les Amis du Pays Civraisien, septembre et octobre 1976

Repéré sur le cadastre napoléonien de Limalonges, sous le nom de Pierre Levée :

AD79, Limalonges, Section C2 de Pannessac, 1836

"Ce dolmen", nous dit Pierre-Amédée Brouillet ("Indicateur archéologique de l'arrondissement de Civrai : depuis l'époque anté-historique jusqu'à nos jours, pour servir à la statistique monumentale du département de la Vienne", 1865), "est un des mieux conservés et des plus curieux que j'ai vu (fig. 1 & 2).
Il se compose d'une table de forme allongée, arrondie au sud-ouest, et terminée en pointe au nord-est; sa longueur est de 7 mètres 30 centimètres, sa largeur de 3 mètres, son épaisseur, au sud-ouest, au nord-ouest et au sud-est, est de 1 mètre, au nord-est elle n'est que de 55 centimètres ; elle est soutenue par six supports dont quatre seulement sont en contact avec elle ; les autres sont brisés ou n'ont du servir qu'à clore le terrain compris sous ce monument ; son inclinaison du sud-ouest au nord-est est très sensible ; sa plus grande élévation est de 1 mètre 45 centimètres et la moindre de 75 centimètres. La superficie de cette table offre plusieurs cavités dont quelques unes ont été certainement creusées par main d'homme ; on remarque surtout quatre trous arrondis A, (fig. 3) disposés en losange et placés au sud-ouest de la table.
La nature de la pierre appartient au calcaire. Elle doit avoir été prise sur les lieux. 
Ce monument fort remarquable, est situé dans la commune de Saint-Saviol, au milieu d'un bosquet, à quelques centaines de mètres du chemin de fer et tout près de la station de Civrai. 
Lorsqu'on l'a fouillé on y a trouvé des débris considérables d'ossements humains bien conservés, des haches en silex de 15 centimètres de long, des os travaillés et pointus de 12 à 15 centimètres de long. On n'a vu ni cendre, ni charbon , rien qui annonça une combustion funéraire.
Ce dolmen a déjà été signalé par un de nos collègues, M. de la Mariouze, dans les bulletins de la société des antiquaires de l'ouest, année 1838, page 109.
Dans les mémoires de l'Académie Celtique, tome 3 page 484, on trouve une notice sur ce monument, par M. Dupin, ancien préfet de la Vienne et membre de l'Académie Celtique. 
La fig. 1re est prise au sud-ouest et la fig. 2 au sud-est."

Extrait de l'Indicateur de Brouillet

Extrait de l'Indicateur de Brouillet

Enfin, assourdi par le silence des bois, j'observe la splendeur de la dame de pierre (3 mai 2016) :

jeudi 5 mai 2016

Maires de Civray

1690-1710Pierre FRADIN, sieur de la Vigerie, né vers 1668, était le fils de Pierre, sieur de la Vigerie, et d'Élisabeth Pastre. Il fut présenté, sur son acte de décès, le 1er juin 1710, comme "premier maire et capitaine" de Civray, en exécution de l'édit du 27 août 1690, qui créait cette charge (v. FRADIN de Belâbre) (1).
vers 1711François FRADIN, sieur de la Renaudière et de la Vallée, né vers 1675, était le fils de Louis et de Gabrielle Pascault. Il était capitaine au régiment de Rouergue, puis fut nommé maire de Civray, en succession de son cousin germain Pierre Fradin (2).
1714-1718Charles BRICAULT, sieur de Verneuil, conseiller du roi et lieutenant général de Police, baptisé le 12 octobre 1686 à Civray, était le fils de Charles, sieur de Verneuil, conseiller du roi et son avocat et lieutenant général de police, et de Jeanne Texereau. Il épousa, le 21 juillet 1715, devant Gay et Tastereau, notaires à Saint-Maixent, Marie-Geneviève Bonneau. Il fut maire alternatif de Civray de 1714 à 1718, d'après Faye — de 1715 à 1718 d'après Beauchet-Filleau — (v. BRICAULD de Verneuil) et mourut le 13 mars 1737 (3).
1751-1777Jean-Charles RIVAUD, conseiller du roi, baptisé le 21 décembre 1724 à Lizant, était le fils de Charles Jean, sieur de la Gautrie, et de Suzanne Arnaud. Licencié ès droit, il épousa, le 26 janvier 1750, à Niort, Élisabeth Rondeau, fille de Jacques et de Marie Greffier. Il fut nommé maire de Civray en 1751 et mourut le 18 janvier 1778, "regretté de tous les gens de bien" (v. RIVAUD de la Cailleterie) (4).
1777-1791

an VIII
an IX
Pierre-Bernard BOURDIER de Laillié, sieur de la Lande, né le 20 mars 1753 à Charroux, était le fils de Pierre-Jacques, sieur de la Laillé, et de Marie-Magdeleine Duquerroix. Il fut nommé maire de Civray par ordonnance du 10 février 1777 et installé le 4 juin suivant, où il avait épousé, le 8 avril de la même année, Suzanne Marguerite Ursule Rivaud, fille de Jean-Charles, lieutenant général de Police, et d'Élisabeth Rondeau. Après la révolution, il fut maintenu par les suffrages des habitants. Mais il se démit le 1er janvier 1791. Par la suite, il fut agent municipal puis maire de nouveau dès l'an VIII (v. BOURDIER) (5).
an X-1832Pierre Roch BROTHIER, né le 16 août 1760, était le fils de Jean-Baptiste, sieur de Chambes et de Rollière, et d'Anne Loubaud, dame de la Barauderie. Avocat en parlement, il épouse, Marie-Magdeleine Martin. Il meurt le 5 février 1848 dans sa ville de Civray.
1832-1846 Alexandre-Eugène BOFFINET, docteur en médecine, naquit le 15 mai 1795 à Limalonges. Fils de François Junien, aussi docteur en médecine, originaire de Saint-Savinien (Charente-Maritime), et de Marie-Cécile Étiennette Jozeau-Marigné, il épousa, le 2 juillet 1822, à Civray, Suzanne Serph, fille de Jean-Baptiste et de Radégonde Constance Chevallon. Quittant Civray, il fut percepteur à Guérande (Loire-Atlantique) en 1855 et 1862, puis propriétaire à Biard où il mourut le 6 septembre 1882.
1846-1847Pierre VAILLANT, officier de santé, baptisé le 10 juin 1779 à Civray, était le fils de René, procureur au siège royal, et de Marie Serph. Il y épousa, le 28 octobre 1807, Louise Marie Modeste Daveaux, fille de Jean Olivier Pascal, marchand orfèvre, et de Marie-Suzanne Perrin (v. VAILLANT de Sommières-du-Clain).
1847-1848Victor Élie Abraham BROTHIER, fils de Jean-Louis Saint-Abre, secrétaire greffier du Point d'Honneur, et de Marie-Anne Ouvrard, naquit le 9 vendémiaire de l'an VII à Ruffec et mourut à Civray le 12 décembre 1869. Il fut marié, le 1er juillet 1822, à Voulême, Marguerite Julie Bonnin, fille de François, notaire, et de Jeanne Grollier, et fut percepteur des contributions directes.
1848-1855Léon Magloire JOZEAU, avocat, fils de David Célestin Léon et d'Élisabeth Dangiers-Chemeraudière, né le 6 floréal de l'an XIII (26 avril 1805) à Civray et décédé le 8 avril 1888 au même lieu, avait épousé, le 3 février 1841, à Genouillé, Marie Adélaïde Bonnard-Fonvillars, née le 20 mai 1815 audit lieu, fille d'Alexandre, propriétaire et ancien chirurgien de la marine, et d'Adélaïde Sophie Boutelant (v. JOZEAU de Marigné). 
1855-1858Charles-Frédéric IMBERT de l'Hermitage, né le 22 juillet 1817 à Civray, était le fils de Baptiste Charles Fulgence et de Marie-Anne Céleste Jozeau. Il fut l'époux de Marie-Adélaïde Thibault et mourut le 22 août 1901 en sa ville (v. IMBERT).
1858-1868Jean-Pierre MOREAU, notaire, commandant de la garde nationale, membre du conseil général de la Vienne et chevalier de la Légion d'Honneur, né vers 1802, était le fils de Jean-Pierre et de Jeanne Mercier. Il fut l'époux de Marie-Céleste Adeline Serph et mourut le 8 novembre 1868 au cours de son mandat.
1868-1871Philibert BACHELIER, né vers 1808, fils de Pierre et de Jeanne Julie Nivard, fut l'époux de Louise Alexandrine Tendron. Il assura les fonctions de maire par interim après le décès de son prédécesseur, puis fut élu maire en 1870. Il mourut le 6 août 1900 à Civray.
1871-1875Charles-Frédéric IMBERT de L'Hermitage
— second mandat.
1875-1880Dominique François PIERRON, né le 6 août 1823 à Couhé, était le fils de François et de Marguerite Ricôme. Il épousa Prudence Gallot et mourut le 3 août 1900 à Civray.
1881Augustin Joseph MERCIER-DESPONTEILLES, né le 17 janvier 1823 à Saint-Pierre-d'Exideuil, était le fils de Jean-Baptiste, propriétaire et président du conseil de fabrique de Civray, et d'Anne Christine Barrier de Sainte-Marthe. Il fut emlployé en chef de la comptabilité du matériel de l'administration du chemin de fer d'Orléans à Bordeaux, en résidence à Tours. Il avait épousé, le 20 août 1849, à Civray, Alix Radégonde Godin, et en fut maire de mars à septembre 1881. Il y mourut le 29 septembre 1885.
1881-1888Jean-Alexandre Baptiste GUILLAUD-VALLÉE, né le 5 juillet 1836 à Montalembert, était le fils de Jean-Baptiste et de Marie-Madeleine Métayer. Médecin à Civray, il épousa, le 11 juin 1873, à Savigé, Marie-Louise Ernestine de Belhoir.  Il fut maire de Civray, puis élu au conseil général de la Vienne en 1892. Le 15 octobre 1895, alors qu'il revenait en voiture de visiter ses malades, son cheval attelé à sa voiture s'emporta. Le docteur dut projeté sur le sol et traîné par le véhicule. Transporté à domicile sans avoir repris connaissance, ses collègues médecins constatèrent des factures au bras, aux jambes et au crâne. Il mourut en soirée, vers 10 heures et demie (v. GUILLAUD de la Vallée).
1888-1889Dominique-François PIERRON.
— second mandat.
1889-1896Victor-Auguste DOLIN, fils d'Auguste et de Joséphine Pochet, maîtres de pension bourgeoise, employé des contributions indirectes puis entrepreneur des transports, naquit le 10 août 1845 à Poitiers. Il épousa, le 15 octobre 1866, à Civray, Suzanne Fanie Baillargeon, fille de Jean et d'Élisabeth Brunet, maîtres d'hôtel.
1896-1904Louis-Léon-François SERPH, fils de Pierre Charles Louis Léopold, propriétaire, et d'Eulalie Anne Malapert, naquit vers 1897 à Civray, fut avocat et conseiller d'arrondissement. Il avait épousé Marie-Agathe Gabrielle Bailliot, et mourut le 17 avril 1905, dans sa demeure, sise Jean-Jacques Rousseau, à Civray (v. SERPH).
1904-1912Arthur-Ludovic D'HOUTEAUX, fils de Delphin Auguste, gendarme à cheval originaire de Houtaud (Doubs), et de Rose Églantine Gourgeaux, naquit le 14 avril 1855 à Civray. Il était clerc d'huissier lorsqu'il y épousa, le 6 juin 1881, Louise Gaildrat, lingère, fille naturelle de Marie Gaildrat. Il fut par la suite huissier auprès du tribunal de première instance de Confolens, puis banquier (v. D'HOUTEAUX).
1912-1919Armand-Alexandre-Hyppolite MAILLET, fils d'Hubert Hyppolite Hyacinthe, aubergiste, et de Léonie Adélaïde Langlois, naquit le 6 juin 1863 à Poitiers. Il y était voyageur de commerce lorsqu'il épousa, le 22 novembre 1888, à Joussé, Marie-Flavie Valentine Julienne Barbot, fille de feu Julien, minotier, et de Marie-Anne Valentine Sabourin. Il fut par la suite négociant à Civray.
1919-1925Charles-Gusman DEGUSSEAU, serrurier, fils de Gusman Charles, chaunier, et de Marie-Zoé Pannelier, naquèit le 24 juillet 1847 à Rochefort, où son père, originaire de Civray, vint s'installer. Il se maria, le 7 août 1872, à la Rochelle, à Virginie Sophie Boisramé. Agent technique de la marine, il servit 29 ans, 5 mois et 1 jour au service de l'État. Il était alors adjoint principal de 2e classe des constructions navales lorsqu'il fut nommé Chevalier de la Légion d'Honneur, par décret du 13 juillet 1906 sur le rapport rendu du ministère de la Marine. Il mourut le 7 novembre 1928 à Civray.
1925-1929Eugène TEXEREAU.
1929-1940Henri ROUCHER.
1940-1945Maurice BAILLY.
1945-1953Roger BONNET.
1953-1954Albert-Léon HIVERT, fils de Léon, journalier à la Garde de Blanzay, et de Marie Moinot, y naquit le 17 août 1893. Il était expert comptable lorsqu'il s'engagea volontairement pour quatre ans à la mairie de Poitiers pour le 49e régiment d'artillerie. Promu bridagier le 25 septembre 1912, puis maréchal des logis le 10 octobre 1913, maréchal des logis fourrier le 25 octobre 1915 et enfin maréchal des logis chef le 15 juin 1916, il fut maintenu au corps à sa demande et détaché dans la mission franco-polonaise du 17 mai au 17 novembre 1919. A cette date, il rentra en France, au grade d'adjudant. Réengagé pour un ans, le 27 novembre 1919 au titre du 44e régiment d'artillerie pour être détaché à l'armée polonaise puis au 1er groupe d'aviation le 18 décembre 1919, il épousa, le 28 janvier 1920, à Civray, Marie-Aurélie Bruneau. De nouveau engagé le 4 novembre 1920 pour un an au 1er groupe d'ouvriers d'aviation, puis pour deux ans au titre du service technique de l'aéronautique le 27 novembre 1921, puis de nouveau au 1er groupe d'ouvriers d'aéronautique le 1er janvier 1924, il fit valoir ses droits à la pension de retraite, et fut libéré du service actif le 3 novembre 1926. Il fut affecté à la base militaire d'aviation n°3 à Châteuroux, le 1er décembre 1936. Affecté à la compagnie de l'air, le 2 septembre 1939, il fut renvoyé dans ses foyers le 2 novembre suivant. Il servit par la suite dans les F.F.I. du 12 juin 1944 au 5 septembre suivant, puis continua à servir dans sa formation jursqu'au 20 octobre, date à laquelle il fut affecté au 125e R.I. Il fut renvoyé dans ses foyers le 30 novembre. Il mourut le 20 juin 1954 à Civray.
1954-1959Fernand FERTIER.
1959-1971André GUILLARD.
1971-1997
Raoul CARTRAUD, né le 6 février 1934 à Lizant, fut nommé professeur de sciences physiques à l'école normale d'instituteurs de Poitiers. Il fondit un club de réflexion "socialisme moderne" peu après les élections présidentielles de 1965, encouragé par Pierre Mendès France. L'année suivante, il adhéra à la convention des institutions républicaines. Élu conseiller général du canton de Civray en 1967, il devint maire de la ville en 1971. En juin de cette année, il fut l'un des 96 conventionnels à participer aux côtés de François Mitterand au congrès d'Épinay et devint membre du Parti Socialiste. Il fut élu député de la Vienne (circonscription de Montmorillon) le 21 juin 1981, et présida le conseil général de Poitou-Charentes de 1982 à 1985. En 1994, François Mitterand le nomma membre du conseil économique et social pour deux ans. En 1997, il démissionna de ses fonctions de maire pour raison de santé et mourut le 8 octobre 2007 (source : Wikipedia).
1997-2001Jacques RIGAUD.
2001-2014Jean-Bernard BRUNET.
2014-Gilbert JALADEAU.


Sources : (1), (2), (3), (4) et (5) : Notes historiques sur la ville de Civray, Léon Faye, 1855, Fac-similé 1990, Le Livre d'histoire.

lundi 2 mai 2016

La catastrophe du "Sud-Express" en gare de Saint-Saviol du 9 juillet 1911

Extrait de Delcampe.fr
Le 9 juillet 1911, vers 7 heures du soir, une machine sort du dépôt de Saint-Saviol, qui se fait aiguiller pour rentrer à Poitiers. À ce moment, le "Sud-Express", ayant un retard de deux heures, arrive, filant à toute vapeur dans la direction de Paris. Apercevant la locomotive, Jean Dubreuil, le mécanicien qui conduit la machine, veut s'assurer qu'il est sur la bonne voie. Au moment où il s'aperçoit du danger imminent et de la collision à venir, il est trop tard : le choc des deux machines est violent. Elles roulent sur le ballast. La machine tamponnée est repoussée au loin sur la voie. Les vitres des wagons du "Sud-Express" éclatent en morceaux, blessant trois voyageurs.
On se précipite vers la machine et le corps du mécanicien est aperçu, dans une mare de sang, littéralement coupé en deux. Il est retiré de l'enchevêtrement de métal.
Le chauffeur de la locomotive, Daniel Joigny, saute en bas de la locomotive et se luxe l'épaule dans sa chute. Après de premiers soins sur place, il est conduit à son domicile, 46, route de Nantes, à Poitiers, où il reçoit la visite d'un médecin. Ce dernier n'est pas sans inquiétude sur les séquelles de la blessure et de la commotion reçus par Joigny.
Un télégramme est aussitôt adressé à la gare de Poitiers, d'où partent rapidement deux trains de secours. Dans le premier, prennent place les chefs de service et une équipe d'ouvriers. À onze heures, un autre convoi emmène une puissante grue et une autre équipe d'ouvriers.
Lorsque le premier train de secours arrive gare de Saint-Saviol, un service à voie unique par transbordement est mis en place, afin que les voyageurs du "Sud-Express" puissent continuer leur route.
Pendant que les trois lourds voitures du train sont remises sur les rails, tous les trains venant de Bordeaux sont arrêtés. Ils accumulent un retard de plus de trois heures.
À une heure du matin, un nouveau train spécial emmène sur le théâtre de l'accident M. Bourgeon, procureur général, qui ouvre une enquête judiciaire. Il rentre le matin vers 6 heures et demi, par le même train qui ramène la dépouille du mécanicien Dubreuil, que son père a tenu à aller chercher. "Mon fils, dit ce dernier, entre deux sanglots, était âgé de 43 ans ; il est marié et à une fillette de 13 ans, quelle abominable chose ! C'est affreux". Placé sur une civière, le corps du malheureux est transporté à son domicile, sis 102 bis, route de Nantes. Il est reçu par la pauvre veuve et sa fille, qui poussent des cris déchirants.
Le parquet de Civray se rend sur les lieux et procède à des expériences pour rechercher si l'aiguillage de Saint-Saviol fonctionne bien ou mal.
Et en effet, l'homme d'équipe Girard, fait aux enquêteurs donne son explication. Arrivé vers 6 heures 25, à son embauche, il s'était rendu auprès du chef de gare pour lui demander s'il devait manœuvrer la machine, qui, le matin, ayant amené un train de marchandises, se trouvait au dépôt. Devait-elle rentrer à Poitiers ? Son chef lui avait répondu : "Mais oui, parfaitement".
Au dépôt, Girard avait commandé la manœuvre. La machine était sorti, le manœuvrier lui donna la voie de garage, comme à son habitude. Mais en déclenchant le levier de manœuvre, qui porte sur un autre levier de la voie principale au moyen d'un fil de fer d'une longueur de 150 m, il ouvrit l'aiguillage de la voie principale. "Il suffit, dit-il, que le fil de fer dévie de quelques centimètres pour que l'aiguillage soit faussé. Or, sous l'action de la chaleur, sans doute, le fil de fer s'était dérange et a ouvert la voie principale". La machine conduite par Dubreuil, au lieu de rester sur la voie de garage, s'était alors retrouvé sur la voir principale, entraînant alors l'accident. L'homme se sait l'auteur involontaire de la mort de de son collègue, mais se dégage de toute responsabilité. Les magistrats de Civray assistent alors à une reconstitution de la manœuvre, et l'explication du l'homme d'équipe apparaît bien-fondé.
L'état de Joigny, le chauffeur du "Sud-Express", s'améliore. Il vivra 38 ans de plus.
Les équipes d'ouvriers travaillent d'arrache-pied à la remise en état des voies endommagées par la catastrophe. Très vite, la circulation normale des voies est rétablie.
AD86, Poitiers,
D - 1911, v.125/241
Les obsèques du malheureux Dubreuil ont lieu le 12 juillet en l'église Montierneuf. Une foule considérable suit le char funèbre, qui disparaît sous un amoncellement de couronnes. Avant de donner l'absoute, le curé prononce une allocution émouvante et Dubreuil est inhumé au cimetière de l'Hôpital-des-Champs.


Sources et extraits :
  • L'Avenir de la Vienne, éditions des 11/12, 13 et 14 juillet 1911.
  • Delcampe, pour les cartes postales (beaucoup trop chères, selon moi).

dimanche 1 mai 2016

Mort d'une centenaire à Coulombiers (1932)

Dans la nuit du 4 au 5 mars 1932, à deux heures du matin, Marie-Anne Bouhet décède chez ses enfants, à la Gaucherie, commune de Coulombiers, qui avait tout juste eu 100 ans le 30 novembre précédent.
Les années ont fini par triompher de la robustesse de cette vénérable centenaire, qu'une vie de labeur n'avait pas usée.
Marie-Anne Bouhet était née le 30 novembre 1831 à la Tourette de Lusignan, de Pierre, cultivateur, et de Marie Gauthier. Elle vivait avec ses parents aux Ruffinières de Jazeneuil, lorsqu'elle y épousa, le 25 avril 1854, Joseph Chargelègue, cultivateur au Fontioux, commune de Marçay, fils de Louis, aussi cultivateur, et d'Angélique Bouchet.
Elle ne quitta plus le canton de Lusignan, et eut huit enfants — seuls deux sont encore vivants à sa mort — et dix-sept petits enfants, ainsi que trente-et-un arrière-petits-enfants et six-arrière-arrière-petits enfants.
Elle était entourée par toute sa famille et ses amis lorsque, le 29 novembre 1931, le bourg de Coulombiers a célébré avec un éclat tout particulier les cent ans qu'elle portait allègrement. Malgré son âge, la centenaire, qui ne travaillait plus depuis quelques années — et parce qu'on le lui avait interdit — ne suivait aucun régime particulier.
Elle était d'une lucidité et d'une vivacité étonnantes.

Sources et extraits : L'Avenir de la Vienne, 6 mars 1932.